Bravant les intempéries, les interdictions préfectorales et faisant fi des dernières annonces du gouvernement, une centaine de tracteurs menée pas des agriculteurs de la Coordination rurale s’achemine vers Paris mercredi 7 janvier au soir.
Épizootie de dermatose bovine (DNC), cours du blé et prix élevé des engrais, menace d’une concurrence accrue des pays latino-américains du Mercosur… « Tant qu’on n’aura pas de réponse », les agriculteurs maintiendront la pression sur Paris et Bruxelles, a déclaré mercredi 7 janvier à l’Agence France-Presse (AFP) Lionel Candelon, président de la Chambre d’agriculture du Gers et membre de la direction nationale de la Coordination rurale (CR).
Déjà, « plusieurs dizaines voire plusieurs centaines de tracteurs » étaient mercredi soir aux portes de Paris dans l’attente de converger jeudi vers les « lieux symboliques » parisiens et vers les parlementaires, a indiqué à l’AFP un porte-parole de la CR.
Dans les Yvelines, quatre tracteurs ont forcé un barrage de gendarmerie mercredi matin, touchant deux véhicules des forces de l’ordre, sans faire de blessé, selon une source policière. Trois personnes ont été placées en garde à vue.
Mais les manifestants, en provenance de plusieurs départements, surtout du Sud-Ouest, épicentre de la contestation agricole depuis décembre, doivent encore obtenir le feu vert de la préfecture de police de Paris pour entrer dans la capitale.
Une cellule interministérielle de crise a été activée mercredi en fin de journée « pour faire le point » sur les actions d’agriculteurs, a par ailleurs appris l’AFP auprès de l’entourage du ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez.
« On est très étonnés d’un tel déploiement de moyens parce qu’on a dit que la manifestation était pacifique », a déclaré le président de la CR Bertrand Venteau sur France Inter. « Même en sous-marin par la Seine, on va y arriver. On aura peut-être perdu des troupes, mais on arrivera dans Paris sur des lieux symboliques pour porter nos doléances », a-t-il ajouté.