Le gouvernement yéménite dirigé par Ansarallah a averti que toute présence israélienne au Somaliland serait considérée comme une « cible militaire légitime », à la suite de la visite du ministre israélien des Affaires étrangères, Gideon Saar, dans cette région séparatiste, et de la décision du régime de Tel-Aviv de la reconnaître comme un « État souverain ».
Le ministre des Affaires étrangères par intérim du Yémen, Abdul Wahid Abou Ras, a déclaré mercredi que la visite de Saar constituait « une violation flagrante du droit international et de la souveraineté, de l’indépendance et de l’intégrité territoriale de la Somalie ».
« Cette démarche s’inscrit dans le cadre du plan des sionistes visant à faire du Somaliland une base pour des actions hostiles contre la Somalie et les pays de la région », a-t-il ajouté.
Cet avertissement intervient dans un contexte de condamnations régionales croissantes de la décision d’Israël de reconnaître le Somaliland comme un « État souverain », une décision que la Somalie a rejetée comme illégale et comme une violation de sa souveraineté.
Abdul Wahid Abou Ras a averti que l’activité israélienne au Somaliland aurait des conséquences dépassant les frontières de la Somalie, affirmant qu’elle « compromettrait la sécurité et la stabilité régionales et constituerait une menace directe pour la sécurité de la mer Rouge, du golfe d’Aden et de la navigation internationale ».
Il a souligné que la présence d’Israël constituait une ligne rouge. « Toute présence du régime sioniste sur le sol somalien est une ligne rouge, et toute alliance avec ce régime n’apporte que du tort et de l’humiliation », a-t-il dénoncé.
Ce responsable yéménite a également exhorté les pays riverains de la mer Rouge, ainsi que les États arabes et musulmans, à collaborer pour faire face au programme « expansionniste israélien ».
La visite de Saar à Hargeisa est intervenue une dizaine de jours après que le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, a annoncé la reconnaissance du Somaliland, une république autoproclamée qui a fait sécession de la Somalie en 1991 mais qui demeure internationalement non reconnue.
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Nasreddin Amer, un haut responsable du mouvement Ansarallah au Yémen, a fait écho à ces avertissements, qualifiant la reconnaissance du Somaliland par Israël et la visite de Saar d’« agression flagrante visant tout le monde ».
Il a exhorté les gouvernements régionaux non seulement à condamner la reconnaissance du Somaliland par Israël, mais aussi à prendre des « mesures pratiques et immédiates » pour empêcher Israël de s’implanter dans la Corne de l’Afrique.
Amer a également souligné que toutes les forces politiques ou militaires facilitant l’entrée d’Israël dans les États de la région commettent un « acte criminel » et trahissent les principes religieux, moraux et humains.
« Lier son destin à un régime provisoire est une folie », a-t-il dit.
Il a enfin affirmé que le leader d’Ansarallah et les forces armées du Yémen ne resteraient pas les bras croisés face à une quelconque présence israélienne en Somalie, réaffirmant leur engagement à protéger le détroit stratégique de Bab el-Mandeb, un point de passage crucial pour le commerce mondial.