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Les militants pro-palestiniens dénoncent la répression gouvernementale en Europe

US Rep. Ilhan Omar (D-MN) (L) talks with Speaker of the House Nancy Pelosi (D-CA) during a rally with fellow Democrats before voting on H.R. 1, or the People Act, on the East Steps of the US Capitol on March 08, 2019 in Washington, DC. (AFP photo)
La police française disperse des manifestants pro-palestiniens à Paris, le 12 octobre 2023. ©AFP

Les organisations de la société civile musulmane ont exprimé, jeudi 10 octobre, leur inquiétude face à la vague croissante de répression gouvernementale contre les militants pro-palestiniens à travers toute l’Europe, en violation des droits de l’homme et de la liberté d’expression.

La Conférence de Varsovie sur la dimension humaine, organisée par le Bureau des institutions démocratiques et des droits de l’homme de l’Organisation pour la Sécurité et la Coopération en Europe (OSCE) a commencé ses travaux le 2 octobre et ses réunions se poursuivront jusqu’au 13 octobre dans la capitale de la Pologne. Dans un communiqué commun, les participants ont déclaré que les manifestations organisées en soutien à la Palestine faisaient systématiquement l’objet d’une surveillance accrue et de restrictions de la part des autorités officielles dans les pays européens.

Dans ce droit fil, les représentants de la société civile musulmane de plusieurs pays européens, dont le Royaume-Uni, la France, la Suède, l’Autriche et le Danemark, ont tiré la sonnette d’alarme face à une « augmentation indéniable de la répression et de la criminalisation des formes de résistance face aux atrocités israéliennes à Gaza ». Ils ont évoqué les interpellations de militants et de manifestants, les restrictions imposées à la liberté d’expression et la dissolution et l’interdiction des réunions et rassemblements. 

De même, ils ont mis en garde contre une intervention accrue de la police lors des événements pro-palestiniens, ainsi que l’imposition d’amendes et de poursuites judiciaires contre les organisateurs, avec des impacts disproportionnés sur les communautés musulmanes qui en sont souvent les premières victimes.

Ils ont averti que cette répression à l’échelle du continent avait révélé un « déclin inquiétant dans la promotion et la protection des droits de l’homme » et ont appelé à une plus grande sensibilisation et à un soutien plus fort pour garantir que leurs voix ne soient pas réduites au silence dans les débats autour de la guerre menée par le régime israélien au Proche-Orient.

Dans leur communiqué, les organisations musulmanes ont critiqué les institutions internationales et les pays européens pour leur incapacité à demander des comptes à Israël, exhortant l’OSCE à mettre en œuvre des mécanismes efficaces pour contraindre les gouvernements à respecter le droit international, sinon elles condamneront elles-mêmes l’OSCE comme étant une institution incompétente.

Un militant français : la France est le fer de lance de l’islamophobie et de la discrimination en Europe

Elias d’Imzalene, un militant musulman français participant à la Conférence de Varsovie, a déploré que la France soit devenue « le fer de lance de l’islamophobie et de la discrimination en Europe ».

« Cette année, pour s’assurer qu’elle reste dans la course, tout militant appelant à un cessez-le-feu à Gaza a été sévèrement persécuté. L’État cherche à les faire taire par tous les moyens », a affirmé d’Imzalene, s’exprimant au nom de Perspectives Musulmanes, une organisation française de défense des droits des musulmans.

À noter que d’Imzalene doit être jugé ce mois-ci après avoir été placé en détention pour un discours dans lequel il a appelé à « l’intifada à Paris » lors d’une manifestation pro-palestinienne en septembre.

Amanj Aziz, membre de l’ONG Insan, un groupe suédois de défense des musulmans, a passé en revue les événements des douze derniers mois, qui étaient marqués selon lui par la négligence flagrante des gouvernements occidentaux à l’égard des droits de l’homme et par l’augmentation du nombre des cas de violation des droits de l’homme. 

« Il est absurde d’être assis dans cette salle avec des délégués qui soutiennent le génocide en Palestine, qui censurent et interpellent les manifestants dans leur propre pays, et d’être entouré des drapeaux des pays qui sont devenus des symboles de l’hypocrisie plutôt que de la démocratie », a-t-il martelé.

Hezana Hafiz, coordinatrice de sensibilisation pour le groupe de campagne Cage basé au Royaume-Uni, a déclaré lors de la conférence que le gouvernement britannique portait atteinte aux libertés civiles et à l’indépendance des procédures judiciaires tout en approuvant simultanément les exportations d’armes vers Israël.

« Permettre à Israël de s’imposer en toute impunité est l’une des taches les plus sombres de notre époque », a-t-elle indiqué.

Des représentants de gouvernements, d’organisations internationales et de la société civile de 57 États d’Europe, d’Asie de l’Ouest et d’Amérique du Nord se réunissent à la Conférence sur la dimension humaine, que l’OSCE qualifie d’« occasion vitale d’évaluer l’état actuel de la démocratie, des droits de l’homme et de l’état de droit » dans ses États membres.

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SOURCE: FRENCH PRESS TV