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Zoom Afrique du 13 février 2023

Zoom Afrique du 13 février 2023

Les titres de la rédaction :

  • La production de gaz naturel devrait plus que doubler en Afrique d’ici 2050
  • L’Union africaine étend le projet de Grande muraille verte à l’Afrique australe
  • Quatre pays africains progressent dans l’édition 2023 de l'indice de compétitivité logistique des marchés émergents (rapport)
  • MSC ouvre une nouvelle escale au port de Conakry

Les analyses de la rédaction :

1. La fin de l’impunité des réseaux sociaux en Afrique ? 

Au Kenya, la justice s’est déclarée compétente pour juger Facebook dans une affaire qui oppose le groupe Meta à un ex-modérateur du réseau social. Une première bien plus importante qu’il n’y paraît… 

Jusqu’à aujourd’hui, l’équation était assez simple : le groupe Meta, propriétaire de Facebook, faisait ce qu’il voulait hors des États-Unis. D’après les conditions d’utilisation de Facebook, acceptées par tous ses utilisateurs, les plaintes contre le réseau social ne peuvent être portées que « devant un tribunal régional américain du Northern District de Californie ou devant un tribunal national du comté de San Mateo ». Ce qui limitait, forcément, les contestations. 

Alors, quand Facebook a été épinglé dans une affaire de traite des personnes au Kenya, les recours n’ont pas été immédiatement possibles. L’affaire concernait un certain Daniel Motaung. Employé à l’époque des faits par Sama, un sous-traitant de Meta Platforms au Kenya, Motaung était l’un des salariés qui devait s’occuper des services de modération des contenus du réseau social Facebook. Le modérateur accusait alors le géant américain de traite humaine, mais également de travail forcé et de répression syndicale. Et même si Sama n’était que sous-traitant, il était prouvé que Meta et Sama avaient décidé ensemble des conditions de travail des modérateurs de Facebook. 

Une loi taillée sur mesure pour Facebook 

Reste qu’il semblait impossible de traîner le géant américain devant les tribunaux, hors de Californie. Mais la justice kényane semble en avoir décidé autrement. Un tribunal kényan s’est en effet déclaré compétent pour juger l’affaire Motaung. Meta a tenté de contester son implication dans l’affaire, rejetant la faute sur Sama et assurant ne pas opérer directement au Kenya, mais pour la première fois en Afrique, la justice entendra les responsables de Facebook. 

« Si la tentative de Meta d’éviter la justice kényane avait réussi, cela aurait sapé les principes fondamentaux de l’accès à la justice et de l’égalité devant la loi en faveur du privilège étranger », a déclaré Irũngũ Houghton, directeur exécutif d’Amnesty International Kenya. La responsabilité de Facebook sera donc étudiée, alors que le groupe se soucie généralement peu des conditions des travailleurs et de ses utilisateurs en dehors des États-Unis. 

Au-delà du procès, c’est aussi tout un système qu’il faut revoir. Cité par The Guardian, Cori Crider, directeur de Foxglove, une ONG qui a soutenu Motaung dans cette affaire, estime que les réseaux sociaux ne devraient pas externaliser la modération de contenu. « C’est le cœur de métier de l’entreprise. Sans le travail de ces modérateurs, les réseaux sociaux sont inutilisables. Lorsqu’ils ne sont pas en mesure de faire leur travail en toute sécurité ou correctement, la sécurité des médias sociaux vacille brutalement », explique-t-il. 

Facebook se fiche-t-il du continent africain ? 

Les ONG locales reprochent en effet à Facebook d’avoir mal géré les discours de haine lors de la guerre civile dans le nord de l’Éthiopie. Elles reprochent à Facebook de n’avoir pas recruté suffisamment de personnel de modération pour son centre régional de Nairobi. Plus globalement, c’est la modération de contenu hors des États-Unis qui étonne les plaignants, persuadés que l’impunité judiciaire dont bénéficie Meta jusqu’alors ne va pas dans le bon sens. 

La décision prise ce lundi pourrait donc être un tournant. Leah Kimathi, coordinatrice du Council for Responsible Social Media, estime que les groupes comme Meta « ne devraient pas seulement considérer le Kenya comme un marché, mais devrait être responsable et consciente des nuances, des besoins et des particularités du Kenya, en particulier en ce qui concerne la modération de contenu ». 

Voilà le sens de la décision de la justice kényane : mettre enfin Facebook face à ses responsabilités. Surtout lorsque l’on sait que 68 % des Kényans ayant accès à internet vont chercher l’information sur les réseaux sociaux. 

Quelle sera désormais la suite ? Dans la décision rendue ce lundi, le juge Jacob Gakeri a tenu tête à Meta qui voulait simplement faire annuler les poursuites engagées par son ancien sous-traitant contre le groupe. Sont concernées deux entités : Meta Platforms et sa filiale Meta Platforms Ireland, qui seront toutes les deux poursuivies. Prochaine audience : le 8 mars. Une affaire à suivre. 

2. Niger : l’ambassadeur de France se fait remonter les bretelles

En voulant suivre l’idée du président français Emmanuel Macron, qui consiste à transformer les ambassadeurs en “influenceurs” sur les réseaux sociaux, le Quai d’Orsay s’est encore tiré une balle dans le pied. 

L’ambassadeur de France au Niger Sylvain Itté a dû présenter ce vendredi 10 février 2023 ses excuses aux populations nigériennes après des propos tenus le 8 février sur Twitter en réponse au tweet d’un journaliste, lanceur d’alerte. 

Tout a commencé le 8 février 2023 sur Twitter entre un journaliste lanceur d’alerte et l’ambassadeur de France au Niger Sylvain Itté. Le journaliste nigérien et lanceur d’alerte El Hadji Issa a répondu à un tweet de l’ambassadeur en ces termes : « … pourtant nous préférons une coopération respectueuse de Souveraineté avec d’autres pays comme la Russie ». 

Dans sa réplique l’ambassadeur de France écrit : « Souveraineté à quel sujet ? Nous serions enchantés que la Russie épaule les efforts de l’Union européenne et annonce la construction d’une centrale électrique ou permette à la population nigérienne d’avoir de l’eau. Arrêtez de boire de l’eau à Niamey puisqu’elle est européenne. » 

Il est clair que cela a suscité de multiples réactions sur la toile. Si certains internautes ont exigé des excuses publiques du diplomate français, d’autres par contre demandent qu’il soit convoqué et entendu au sommet de l’État. 

Dans un autre tweet ce vendredi 10 février 2023, l’ambassadeur de France, Sylvain Itté a présenté ses excuses aux Nigériens. « Excuses auprès des Nigériens que j’ai pu heurter. Ma volonté était de souligner que les Européens travaillent avec leurs partenaires nigériens au service de la population du Niger. Bien entendu, l’eau du Niger appartient aux Nigériens. Mes propos ont été volontairement déformés. » 

L’ambassadeur Sylvain Itté est un diplomate bien présent sur le réseau social Twitter. Une attitude qui cadre bien d’ailleurs avec la volonté du président français Emmanuel Macron. 

En effet, en septembre 2022 lors de sa rencontre avec les diplomates français, il avait invité les diplomates à être « plus réactifs » sur les réseaux sociaux pour mieux riposter aux attaques que subit la France en direction des opinions publiques notamment en Afrique. 

« Notre pays est souvent attaqué et il est attaqué dans les opinions publiques, par les réseaux sociaux et des manipulations », avait déclaré le président Macron. 

C’est le cas en particulier en Afrique où « le narratif, russe, chinois ou turc » vient expliquer aux opinions publiques « que la France est un pays qui fait de la néo-colonisation et qui installe son armée sur leur sol. (…) je pense que, collectivement, nous devons être beaucoup plus réactifs, beaucoup plus mobilisés sur les réseaux sociaux », disait Emmanuel Macron. 

Mais encore une fois, les Nigériens ont pu démontrer que les propos tenus par le peuple n’ont rien à voir avec une influence russe, chinoise ou encore turque. Emmanuel Macron a voulu partir en guerre sur les réseaux sociaux contre la population africaine. L’échec est déjà visible.  

L’ambassadeur français au Niger ne doit certainement pas oublier un point essentiel, c’est qu’en France, une ampoule sur trois est allumée grâce à l’uranium au Niger. Et au Niger, toute la population a accès à l’électricité ? Laissez l’uranium du Niger à disposition du peuple nigérien et vous verrez qu’ils n’auront pas besoin de la Russie pour construire des centrales nucléaires pour fournir le pays en électricité. De plus, il serait intéressant d’avoir l’avis de l’ambassadeur Ittré concernant les exactions de l’entreprise Orano (ex-Areva) au Niger. Après la fermeture de son site d’extraction d’Uranium d'Arlit au Niger, l’entreprise française Orano a laissé derrière elle 20 millions de tonnes de déchets radioactifs répandus sur 120 hectares, à l’air libre. Ils empoisonnent depuis l’eau et l’air, mettant en danger environnement et population. Cette pollution massive montre le caractère profondément écocide et raciste de l’impérialisme français. Donc encore une fois, rien à voir avec une quelconque influence russe, chinoise ou turque. 

La compagnie, bien que n’exploitant plus le chantier, laisse derrière elle une terre ravagée, un air pollué et une eau toxique aux populations. Ces déchets laissés à même le sol sur près de 120 hectares ont déjà atteint les eaux souterraines, impactant ainsi l’alimentation en eau potable de plus de 100 000 personnes dans la région d’Arlit. En 2017, les autorités du Niger ont construit de nouveaux puits, mais la CRIAD a montré que l’eau réceptionnée par la population dépassait tout de même les limites sanitaires de l’OMS en termes de concentration en Uranium. 

Certes, l’eau au Niger appartient aux Nigériens, mais est-elle encore utilisable ? 

3. Afrique de l'Ouest : les frontières coloniales en voie d’être brisées!

Grâce au Mali, au Burkina Faso et à la Guinée, l'Afrique de l'Ouest pourrait bien débuter la fin des frontières imposées par le colonisateur. La réunion entre les chefs de la diplomatie malienne, burkinabé et guinéenne n'a pas fini de verser de l'encre. En effet, la rencontre est tellement grande et historique que les médias ne doivent pas s'arrêter d'en parler.

Dans le cadre du renforcement des liens historiques d’amitié, de fraternité, de solidarité et de coopération, les chefs des diplomaties burkinabé, malienne et guinéenne se sont réunis les 8 et 9 février 2023 à Ouagadougou dans la capitale du Burkina Faso. Cette rencontre tripartite est une volonté commune des autorités de ces trois pays frères de l’Afrique de l’Ouest, qui ont tous connu des coups d’État et dans lesquels des régimes de transition sont en cours et contre lesquels la Communauté internationale à lancer une guerre contre ces pays qui prônent le souverainisme. Après leur rencontre, les ministres des Affaires étrangères de ces trois pays frères ont rendu public un communiqué final, dans lequel de grandes résolutions pour l’intérêt général de ces pays ont été prises en compte. Les frontières sont presque brisées entre ces trois pays ! 

Cette rencontre tripartite entre le Mali, le Burkina Faso et la Guinée est plus que nécessaire et elle répond aux besoins que ces pays expriment dans le cadre de leur coopération étrangère. Ces pays de la CEDEAO dirigés tous par des militaires ont des caractéristiques communes, partagent le même destin. Ils sont confrontés à des crises d’ordre sécuritaire (surtout le Mali et le Burkina Faso), économique et institutionnel. Ce qui explique le fait que les leaders de ces trois pays ont compris que leurs pays ont besoin d’une bonne coopération, une synergie de vues pour une sortie de crise. D’où la tenue de cette réunion à trois à Ouagadougou. Une réunion sanctionnée par un communiqué final qui jette les bases d’une fédération. 

Dans cette déclaration commune, il est dit que les délégations malienne, burkinabé et guinéenne ont eu des séances de travail et au cours desquelles elles ont passé en revue des sujets d’importance majeure et d’intérêt commun notamment la réussite des processus de transition en cours devant conduire au retour à l’ordre constitutionnel apaisé et sécurisé, la promotion de la bonne gouvernance, la mutualisation des moyens pour relever les défis sécuritaire, économique et humanitaire, le renforcement de l’axe Bamako-Conakry-Ouagadougou, ainsi que les questions sous-régionales, régionales et internationales. 

Et de poursuivre que conscients du contexte de cette réunion, les Chefs des délégations se sont félicités de la vision commune que partagent leurs trois Chefs d’État. Laquelle vision, indique le communiqué final, s’inspire de l’engagement panafricain des pères fondateurs et des leaders historiques de ces trois pays en faveur de la souveraineté, de la paix, de la coopération et de l’intégration des peuples. 

« Tout en réaffirmant leur attachement aux objectifs et aux principes de la CEDEAO et de l’UA, ils se sont engagés à répondre aux aspirations des populations de leurs pays respectifs et à faire l’axe Bamako-Conakry-Ouagadougou, un domaine stratégique et prioritaire pour le développement du commerce, des transports, de l’approvisionnement en produits de première nécessité, de la formation professionnelle, du développement rural, de l’exploitation minière, de la culture et des arts ainsi que la lutte contre l’insécurité », a précisé ce communiqué. Pour faciliter ces démarches, les Chefs des délégations ont noté la nécessité de mettre en place et d’institutionnaliser un cadre permanent de concertation entre les trois pays, le renforcement de la solidarité en vue d’assurer la sécurité. 

En termes de perspectives, ils ont tablé sur une batterie d’initiatives. Des initiatives allant de la facilitation de la fourniture en hydrocarbures et en énergie entre les trois pays, du développement du commerce et des transports depuis le port de Conakry jusqu’ au Burkina Faso, en passant par le Mali. De même que la mobilisation des ressources pour la construction du chemin de fer Conakry-Bamako-Ouagadougou et des routes internationales reliant ces trois pays. Les domaines du développement rural, de l’environnement et de la formation professionnelle seront aussi pris en compte dans cette coopération tripartite. 

Dans cette déclaration commune, il est indiqué également que dans le cadre de la lutte contre l’insécurité dans la bande Sahélo saharienne, les délégations ont relevé la nécessité de conjuguer les efforts et ceux des pays de la sous-région et de la région pour faire face à ce fléau. 

« Mesurant l’ampleur du défi à l’échelle régionale et l’interconnexion des sources de déstabilisation, elles appellent une mise en cohérence des actions au niveau régional sur la base des efforts bilatéraux déjà mis en œuvre », a-t-on ajouté. Et de déplorer les sanctions imposées de la CEDEAO de façon mécanique qui ne tiennent pas en compte des causes profondes et complexes des changements politiques. Etant donné que ces décisions de suspension empêchent la participation de leurs pays aux instances statutaires de la CEDEAO et de l’UA et particulièrement celles traitant des défis majeurs auxquels ils sont les plus concernés, telles l’insécurité, les questions humanitaires et de développement économique durable. Et d’appeler à un appui technique, financier, concret et conséquent aux efforts de sécurisation et à accompagner les processus de retour à un ordre constitutionnel normal. 

Soucieux du principe d’équité, ils ont convenu de mutualiser les efforts et d’entreprendre des initiatives communes pour la levée des mesures de sanctions et autres restrictions. 

En perspective, même si cela n’est pas mentionné dans le communiqué final, ces trois pays viennent de jeter les bases d’une coopération exemplaire qui permettra de briser les frontières tracées par le Colonisateur. D’aucuns évoquent déjà le début d’une fédération qui pourrait, pourquoi pas, entamer le début d’une monnaie unique entre ces trois pays relier à leur réserve d’or, le lancement d’un nouveau bloc autre que la CEDEAO tant rejeter par les populations. 

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SOURCE: FRENCH PRESS TV