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Zoom Afrique du 20 février 2022

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Pourquoi les médias français veulent absolument faire croire que la manif au Burkina Faso est une manif "pro-Barkhane" le jour même où les Maliens crient « Barkhane, dégage » ?!

Actualité en Afrique :

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Analyses de la rédaction :

1. Mali : manifestation contre la France

C’est un mensonge éhonté que de prétendre qu’il n’y a eu au Mali ce samedi et à l’occasion d’une manif célébrant l’expulsion de Barkhane que quelques centaines de Maliens ! depuis 2019 des dizaines de manifestations appelaient les forces d’occupation à se retirer avant qu’il ne soit pas trop tard. Mais la puissance d’occupation ne croyait jamais avoir un jour à prendre ses cliques et ses claques et être forcés à se barrer humiliées des territoires maliens. RFI écrit : " Ce samedi, des centaines - voire quelques milliers - de personnes se sont réunies à Bamako pour manifester leur joie suite au départ annoncé de troupes françaises du Mali. Ce rassemblement s’est tenu à l’appel du collectif Yéréwolo-Debout sur les remparts qui réclame depuis sa création il y a trois ans le retrait de l’armée française du pays. " On comprend parfaitement que les journalistes de RFI aient à revoir à la baisse le nombre des manifestants pour chercher à limiter l’ampleur de la défaite que Barkhane a subie au Mali face à une population soudée qui a réussi à mettre à l’échec le projet du démembrement du pays et ce au prix du sang versé des milliers de Maliens dont personne ne parle, FAMas ou pas."

Mais avouons que le lecteur a du mal à comprendre tout de suite cette tentative de "collectiviser" la joie que chaque Malien patriote sent au plus profond de son être depuis que le gouvernement a exigé à la force d’occupation, responsable des milliers de crimes de guerre de quitter immédiatement le pays et ce, avec en toile de fond une remise en question nette des accords dits de défense imposée par la France au Mali, d’où ce média mensonge qui prétend qu’il y avait moins de Maliens que prévu :"Face à une scène, une foule de manifestants remplit le versant nord de la place de l’Indépendance pour une mobilisation moins importante qu’annoncée."

Et puis cette autre tromperie que le journaliste de RFI fait dire à une certaine manifestante qui affirme : "Perpetue Uro Ogon, enseignante, fustige "le peu de résultats de l’intervention Barkhane elle est amère et pressée de voir les contingents français quitter son pays". "La France nous a déçus. Dès aujourd’hui ils n’ont qu’à plier bagage. On a assez avec cette armée française. On n’a pas besoin de la France." Évidemment, l'armée française et ses alliés n'ont effectivement apporté AUCUN résultat concluant concernant la sécurité au Mali et dans le Sahel. Selon beaucoup d'expert, ils n'ont rien fait concernant la sécurité, bien au contraire, ils ont tenté de provoquer la scission du Mali et ils ne faisaient que protéger leurs propres intérêts, à savoir le pillage du pays!

Et RFI de poursuivre : « La Russie tout comme son drapeau présent dans l’assemblée est brandi comme la nouvelle alliée. Placé sous le signe de la victoire, ce meeting se veut une célébration. En 2012, quand la France venait « libérer » Konna, on était tellement content qu’on a même baptisé des enfants au nom de François Hollande. Mais si tu vois aujourd’hui que ce même peuple se lève pour dire "allez-y", ça veut dire que la France a failli. »

En effet, ce que RFI tente de faire, en écho à la politique française, ce n’est ni plus ni moins d’effacer des années d’occupation. Et comment ? Et bien jamais le peuple malien n’a demandé à ce que la France vienne occuper son pays. Jamais les terroristes la violence l’exile n’existaient avant que la France vienne occuper le nord du Mali et chercher via l’accord d’Alger à amputer le Nord du reste du pays. La France n’a donc pas déçu elle a fait le projet qu’elle avait à faire, déstabiliser le Mali et même le Sahel. Ce qui veut dire que cette expulsion si elle est aujourd’hui célébrée et que la France cherche en faire endosser la responsabilité à la Russie comme si les Maliens n’avaient le droit souverain de choisir avec qui s’allier, elle pourrait demain déboucher sur d’autre chose : plainte contre la France pour plus de huit ans de crimes de guerre et la responsabilité de la mort des milliers de Maliens dont aucune instance droit de l’hommiste ne se soucie guère pour le moment. Le moment serait bien choisi pour mettre en place un tribunal internationale pour juger les nombreux crimes de guerre de l'armée française et de ses alliés, qui n'ont qu'un seul argument en bouche, c'est bien les 50 soldats qui ont été tué au Mali. Un argument très faible quand on voit le nombre de mort côté malien, seulement ces dix dernières années. Le peuple malien ne veut plus discuter, pas de France, pas d'européens, ni d'américains sur son territoire. Le Mali et son destin est au peuple malien et à personne d'autre.

 

2. Burkina: l’arnaque de RFI

Curieux ! deux manifs, deux couvertures médiatiques totalement opposées du RFI et encore sur la même page ! Le média colonialiste français affirme sur sa page juste en dessus de la manif anti-française au Mali. Voici comment il le rapporte : " Des milliers de personnes se sont réunies à l’appel de plusieurs organisations de la société civile pour soutenir le MPSR au pouvoir à Ouagadougou. Le rassemblement, selon les organisateurs avait un seul but, soutenir l’élan de sursaut patriotique de la junte dans sa reconquête des localités occupées par les groupes armés. Les organisateurs ont lancé un appel à la junte de rassembler tous les Burkinabés autour de cette lutte." Comme pour dire que les Burkinabés ne soutiennent pas Bamako et le peuple malien.

D'un côté, les médias français veulent indirectement dire que le peuple Burkinabé n'est pas contre une présence de Barkhane, mais ils sont seulement descendus dans les rues pour soutenir le pouvoir en place. Donc pour eux, cela veut dire que cette manif n’avait rien contre la France, sa force Barkhane et surtout le fait que depuis l’arrivée au pouvoir des militaires, le pays assiste à une détérioration de la condition sécuritaire car les militaires se seraient focalisé exclusivement sur l’armée, sa taille et la question de centralisation, restructuration, etc. Les forces populaires, cette géniale idée qui a empêché, ces dernières années, Barkhane et ses alliés terroristes de mettre le Burkina Faso à feu et à sang. RFI insiste d’ailleurs sur le fait que ces manifestants voulaient seulement et seulement le retour de l’armée dans des localités occupées par les groupes armés. Lesquelles ? Celles qui juste avant le coup d’État protégeait les forces populaires au prix de leur vie et où elles empêchaient toutes infiltrations terroristes. D’ailleurs depuis le coup d’État les cellules terroristes liées évidemment à qui on sait (France) à se sont mis à faire chanter les populations pour les pousser à quitter leurs villages, et ce, au mépris du grand acquis sécuritaire que fut le retour des milliers de réfugiés dans leurs villes et villages d’origine. À quoi joue la France ? Tente-t-elle de leurrer le peuple burkinabé qui a prouvé à mainte reprise qu’il est le peuple de Sankara... ? les jours à venir nous le diront. En attendant, le peuple Burkinabé soutien le pouvoir actuel pour que le pays emboîte le pas au Mali. Ils soutiennent évidemment le peuple malien dans sa démarche de mettre les néocolons hors du pays mais aussi hors du continent. Actuellement, plusieurs informations tournent sur la toile sous-entendant que les militaires burkinabés seraient du côté de la France, mais ce qu'on voit concrètement, c'est que la France a principalement mis en évidence son redéploiement au Niger et non au Burkina. Cela dit, depuis quelques semaines, même avant le coup d'État, on a également vu la présence de soldats français qui trainaient sur le territoire burkinabé. Ce qui fait que le peuple burkinabé attend de voir des actions concrètes de la part du nouveau pouvoir en place. Une chose est sûre, c'est que les burkiniabés montrent également qu'ils peuvent soutenir le pouvoir en place tout comme ils peuvent le changer. Ce pouvoir est entre leur main.

 

3. Entretien avec Luc Michel : Que cherche Erdogan en RDC ?

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SOURCE: FRENCH PRESS TV