Malgré les menaces et les pressions américaines, tout en s’appuyant sur ses capacités intérieures, l’Iran a réussi ces dernières années à atteindre un tel niveau de puissance dissuasive que même les think tank américains conseillent aujourd’hui au président élu Joe Biden d’éviter les tensions et le conflit avec l’Iran et de trouver des moyens pour vivre avec sa puissance régionale, sinon il devra attendre des coûts plus durs.
« Parvenir à un accord avec l’Iran est presque impossible ; Washington n’a d’autre choix que de contenir et de limiter la puissance et l’influence régionales de l’Iran », a écrit The Foreign Affairs.
« Ce serait formidable si les États-Unis pouvaient facilement mettre fin à leurs guerres sans fin et quitter le Moyen-Orient. Pourtant, bien que le retrait régional de Washington ait des bénéfices, ses coûts seront beaucoup plus élevés », a écrit Steven Cook, directeur de recherche Eni Enrico Mattei pour les études sur le Moyen-Orient et l’Afrique au Council on Foreign Relations (CFR).
« À l’heure actuelle, les États-Unis doivent mener une politique plus efficace et moins dangereuse : contenir et restreindre la République islamique. Cela signifie éliminer l’option de changement de régime et limiter l’influence de l’Iran à travers la région en établissant des règles implicites pour un comportement acceptable de l’Iran. Cependant, cette restriction n’est pas possible par la diplomatie, à elle seule, mais cela nécessite plutôt la présence de forces militaires et une menace crédible pour les utiliser », a souligné Cook dans son article paru par The Foreign Affairs.
« De nombreux membres de la communauté de la politique étrangère américaine espèrent qu’avec l’arrivée au pouvoir d’un nouveau gouvernement aux États-Unis, soit le pays reviendra dans l’accord nucléaire de 2015 (PGAC) en vertu duquel l’Iran a accepté de restreindre ses activités nucléaires en échange de la levée des sanctions, soit on négociera un nouvel accord. Mais la dynamique régionale exclut la possibilité d’un tel plan. Peu importe à quel point le nouvel accord peut être conçu intelligemment, car dans tous les cas il provoquera un mécontentement en Israël, en Arabie saoudite et aux Émirats arabes unis », a ajouté Steven Cook.
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Selon l’article, ces trois régimes vont faire tout ce qu’ils peuvent pour empêcher la conclusion d’un nouvel accord et les offres de matériel militaire américain pour les satisfaire ne fonctionneront même pas. Et même s’ils échouent, tout ce matériel militaire leur permettra de saper plus facilement l’accord en utilisant ces armes contre l’Iran ou ses « forces mandataires ». De cette manière, les efforts censés rétablir la stabilité dans la région par le biais de négociations peuvent avoir l’effet inverse.
Ceci étant dit, après des années de pressions maximales et d’agissements régionaux frôlant parfois une guerre contre l’Iran, les Américains semblent avoir finalement réalisé qu’ils doivent accepter et reconnaître la puissance régionale et la capacité militaire dissuasive de l’Iran, car toute action provocatrice peut avoir de graves conséquences pour eux.