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Trump à MBS: "Coupez la production ou perdez le soutien militaire US"

US Rep. Ilhan Omar (D-MN) (L) talks with Speaker of the House Nancy Pelosi (D-CA) during a rally with fellow Democrats before voting on H.R. 1, or the People Act, on the East Steps of the US Capitol on March 08, 2019 in Washington, DC. (AFP photo)
Le président américain Donald Trump (D) et le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane. (Photo d'archives)

Alors que les États-Unis mettaient sous pression l'Arabie saoudite pour qu’elle mette fin à sa guerre des prix du pétrole avec la Russie, le président Donald Trump a lancé un ultimatum aux dirigeants saoudiens.

« Lors d'une conversation téléphonique, le 2 avril, Donald Trump a déclaré au prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane qu’au cas où l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) ne commencerait pas à réduire la production de pétrole, il ne pourrait pas empêcher les législateurs américains d'adopter une loi autorisant le retrait des troupes américaines du royaume », ont déclaré à Reuters quatre sources proches du dossier.

La menace de renverser une alliance stratégique de 75 ans qui n'a pas été signalée auparavant, était au cœur de la campagne de pression américaine qui a conduit à un accord mondial historique pour réduire l'offre de pétrole alors que la demande s'effondrait sur fond de la pandémie de coronavirus.

Donald Trump a transmis le message au prince héritier saoudien dix jours avant l'annonce de coupes dans la production du pétrole.

Pris de court par cette menace, le chef de facto du royaume a ordonné à ses collaborateurs de quitter la salle afin de poursuivre la discussion en privé, selon une source américaine qui a été informée de la discussion par de hauts responsables de l'administration.

Cet effort a illustré le fort désir de Donald Trump de protéger l'industrie pétrolière américaine d'une chute des prix historique alors que les gouvernements fermaient leurs frontières au monde entier pour lutter contre le coronavirus.

Cela reflétait également un renversement révélateur des critiques de longue date de Trump contre le cartel qu'il a critiqué pour avoir augmenté les coûts énergétiques des Américains avec des coupures d'approvisionnement qui entraînent généralement une hausse des prix de l'essence. Maintenant, Trump demande à l'OPEP de réduire la production.

Un haut responsable américain a déclaré à Reuters que l'administration avait informé les dirigeants saoudiens que sans une réduction de la production, « il n'y aurait aucun moyen d'empêcher le Congrès américain d'imposer des restrictions qui pourraient conduire à un retrait des forces américaines de l’Arabie saoudite ». L'officiel a résumé l'argument, avancé par divers canaux diplomatiques, en disant aux dirigeants saoudiens: « Nous défendons votre industrie pendant que vous détruisez la nôtre. »

Reuters a interrogé le président américain sur les pourparlers, dans une interview mercredi soir à la Maison-Blanche au cours de laquelle il a abordé un éventail de sujets concernant la pandémie. Lorsqu'on lui a demandé s'il avait dit au prince héritier que les États-Unis pourraient retirer leurs troupes d'Arabie saoudite, Trump a répondu: « Je n'ai pas eu à le lui dire... Je pensais que lui et le président Poutine, Vladimir Poutine, étaient très raisonnables. Ils savaient qu'ils avaient un problème, puis cela s’est produit. »

Interrogé sur ce qu'il a dit au prince héritier Mohammed ben Salmane, Trump a déclaré: « Ils avaient du mal à conclure un accord. Et je l'ai contacté par téléphone et nous avons pu conclure un accord » pour des réductions de production.

Le bureau de presse du gouvernement saoudien n'a pas répondu à une demande de commentaires. Un responsable saoudien qui a préféré rester anonyme a souligné que l'accord représentait la volonté de tous les pays de l’OPEP + qui comprend l'OPEP plus une coalition dirigée par la Russie.

« L'Arabie saoudite, les États-Unis et la Russie ont joué un rôle important dans l'accord de l’OPEP + sur les coupes pétrolières, mais sans la coopération des 23 pays qui y ont pris part, cela ne serait pas arrivé », a déclaré le responsable saoudien qui a toutefois refusé de commenter les discussions entre les dirigeants américains et saoudiens.

Une semaine avant la conversation téléphonique entre Donald Trump et Mohammed ben Salmane, les sénateurs républicains américains Kevin Cramer et Dan Sullivan avaient déposé une loi visant à retirer toutes les troupes américaines, les missiles Patriot et les systèmes de défense antimissile du royaume à moins que l'Arabie saoudite ne réduise la production de pétrole.

Le soutien à cette mesure a pris de l'ampleur au milieu de la colère du Congrès face à la guerre des prix du pétrole saoudienne. Le royaume avait ouvert les robinets en avril, déclenchant un flot de brut dans l'approvisionnement mondial après que la Russie ait refusé d'approfondir les réductions de production conformément à un précédent pacte d'approvisionnement de l'OPEP.

Cramer, le sénateur républicain du Dakota du Nord, a déclaré à Reuters qu'il avait parlé à Trump de la législation visant à retirer la protection militaire américaine à l'Arabie saoudite le 30 mars, trois jours avant que le président n’appelle le prince héritier saoudien.

Interrogé pour savoir si Donald Trump a dit à l'Arabie saoudite qu'il pourrait perdre le soutien militaire américain, le secrétaire américain à l'Énergie, Dan Brouillette, a déclaré à Reuters que le président se réservait le droit d'utiliser tous les outils pour protéger les producteurs américains, y compris « notre soutien à leurs besoins de défense ».

Le partenariat stratégique saoudo-américain remonte à 1945, lorsque le président des États-Unis Franklin D. Roosevelt a rencontré le roi saoudien Abdel Aziz Ibn Saoul à bord de l'USS Quincy, un croiseur de la Marine. Ils ont conclu un accord : la protection militaire américaine en échange de l'accès aux réserves de pétrole saoudiennes.

Aujourd'hui, les États-Unis ont environ trois mille soldats dans le pays et la cinquième flotte de la Marine américaine protège les exportations de pétrole de la région.

 

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SOURCE: FRENCH PRESS TV