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L'armée turque se trouve nez à nez avec l'armée syrienne et les forces de la Résistance

Les forces de l'armée syrienne. ©AFP/Archives

Ankara a été littéralement pris de court : dans la foulée d'un accord en pleine nuit avec les Kurdes, l'armée syrienne et ses alliés de la Résistance se sont dirigés vers la ville de Tabqa et a repris le contrôle des régions qui entourent le stratégique aéroport militaire de Raqqa. Les unités de l'armée syrienne ont commencé à se déployer tout autour de l'aéroport militaire, non loin du méga barrage de l'Euphrate, l'un des plus grands de toute la Syrie. Cet aéroport se trouvait sous l'occupation depuis août 2014. Le plan de reconquête d'Erdogan a-t-il fait long feu? 

Les Forces démocratiques syriennes (FDS) se sont mises d’accord en effet  le samedi 12 octobre, avec Damas et avec Moscou pour que l’armée syrienne et la Résistance entrent dans les régions demeurées sous leur contrôle et qui sont actuellement sous les feux de l’armée turque. L'armée syrienne fera donc face à l'avancée de l'armée turque et des terroristes pour la plupart takfiristes qui se battent sous sa bannière.  Les Forces kurdes ont indiqué, dans un communiqué : « Nous avons le devoir de défendre les frontières et l’intégrité territoriale de la Syrie. C’est pourquoi l’armée syrienne peut se déployer sur les frontières avec la Turquie et entrer en action pour défendre ces frontières et libérer les villes occupées par l’armée turque et ses mercenaires. »

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Selon l’accord, l’armée syrienne devra entrer dans les villes de Manbij, de Kobané, d'Aïn Issa, de Tabqa et de Mansoura.

 

S’inscrit donc dans ce même cadre, l’entrée, dès les premières heures du lundi 13 octobre, des forces armées syriennes dans la ville de Tabqa et son déploiement aux alentours de l’aéroport militaire de Raqaa. Les médias syriens avaient annoncé, dimanche soir, que les forces de l’armée syrienne, concentrées un peu plus au sud à Hassaké, étaient parties pour les zones du nord-est du pays où elles devaient confronter les militaires de l’armée turque et ce fut là la grosse surprise pour les stratégistes militaires turcs. Au fait en faisant expulser les Kurdes et les Chrétiens du nord-est de la Syrie, la Turquie cherchait à bâtir sur les ruines de "Rojava" - Kurdistan occidental indépendant que les USA et leurs alliés avaient de facto créer dans le nord est- son propre empire. C'était sans compter avec l'Etat syrien, son armée et ses alliés de la Résistance. Un face-à-face Syrie/Turquie est bien donc possible désormais, si on se rappelle cette spectaculaire frappe syro-russe contre un convoi militaire turc en été, quand Ankara a décidé par un coup de tête envoyer ses soldats et mercenaires dans la banlieue sud d'Idlib. 

Esmat Cheikh Hassan, un des responsables militaires des Forces démocratiques syriennes a affirmé que les Kurdes ont convenu avec la Russie pour remettre le contrôle de Kobané au gouvernement syrien. Il a prévu aussi qu’en moins de 48 heures, les forces armées syriennes seront déployées dans les villes de Kobané (Rif nord d’Alep) et de Manbij (Rif est d’Alep). Au fait, trop d'équivocité tue l'équivocité : le ministère syrien des A.E. l'avait très clairement dit que l'armée syrienne et ses alliés de la Résistance ne toléreraient guère une déstabilisation de la rive est de l'Euphrate mais Ankara n'a pas semblé prendre cet avertissement au sérieux, le Premier ministre turc ayant affirmé dimanche que la Turquie continuerait son avancée en territoire syrien jusqu'à 30 kilomètres de profondeurs.  En effet, dimanche, les chars turcs se sont déployés sur la route internationale Hassaké-Alep. La veille, ces mêmes forces avaient coupé la route internationale Alep-Raqqa, à la suite de quoi les patrouilles américaines ont été visibles dans la zone. 

Au fait, le fait de couper les voies de communication des grandes villes comme Tell Abyad, Aïn Arab, Ras al-Aïn avec le rif d'Alep et d'Idlib revenait à tenter d'annexer Alep à cette zone tampon que la Turquie dit avoir la permission américaine et russe de créer le long de ses frontières avec la Syrie. Il est hors de question de laisser la Turquie jouer aux Empires. L’armée syrienne et ses alliés ont maintenu jusqu’à maintenant une forte présence militaire à Qamichli, y compris son aéroport. Et ce sont là des atouts avec quoi la Syrie jouera pour faire face à l'armée turque, si celle-ci opte pour une confrontation. Les jours à venir montreront si oui ou non la Turquie sait se débrouiller maintenant qu'une première étape de son plan d'occupation est tombée à l'eau.

 

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SOURCE: FRENCH PRESS TV