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Moscou et Téhéran renforcent leur coopération énergétique alors que les pressions s'accentuent sur le Venezuela

US Rep. Ilhan Omar (D-MN) (L) talks with Speaker of the House Nancy Pelosi (D-CA) during a rally with fellow Democrats before voting on H.R. 1, or the People Act, on the East Steps of the US Capitol on March 08, 2019 in Washington, DC. (AFP photo)
Rencontre entre le ministre iranien du Pétrole, Bijan Namdar Zanganeh (2e à droite), et le ministre russe de l'Énergie, Alexandre Novak (G), à Moscou, le 1er avril 2019.

Bijan Namdar Zangeneh, ministre iranien du Pétrole, et Alexandre Novak, ministre russe de l’Énergie, se sont entretenus dans les locaux du ministère russe, des coopération bilatérales dans le domaine énergétique et du marché mondial de pétrole dans le cadre de « OPEP+ » (15 pays membres de l'OPEP et 10 producteurs hors OPEP). Les experts s'interrogent sur les raisons de cette visite commentée en ces termes par le ministre russe de l'Énergie : « Nous appliquons minutieusement la politique adoptée par nos deux gouvernements pour le renforcement des coopérations bilatérales ». 

En effet, Alexandre Novak, également président de la commission mixte de la coopération économique et commerciale Iran/Russie, s’est félicité du développement des relations bilatérales notamment dans le secteur du pétrole et de l’énergie.

« Les dirigeants russes et iraniens mettent l’accent sur le développement des relations bilatérales. Nous devons tous nous engager dans cette voie. Nous nous sommes entretenus du développement des champs pétroliers iraniens. Nous coopérons avec nos amis iraniens dans plusieurs cadres et en premier lieu dans le cadre de l'OPEP+», a-t-il précisé avant de souligner que la 15e réunion de la commission mixte irano-russe se tiendra le 18 juin prochain dans la ville iranienne d’Ispahan.

Les entretiens ont aussi été suivis des déclarations et commentaires du ministre iranien du Pétrole, M. Namdar Zangeneh qui a indiqué au journaliste que la discussion avec le ministre russe de l'Énergie portaient principalement sur le pétrole, l’énergie et la situation sur le marché mondial du pétrole : « Nous nous sommes entretenus des sanctions américaines. Nous sommes unanimes sur le fait que l’Iran, la Russie et le Venezuela, trois grands exportateurs de pétrole, sont visés par des sanctions américaines illégales d’où l’instabilité sur le marché », a-t-il dit aux journalistes. 

Les analystes politiques relèvent la concomitance de cette visite avec les tensions qui opposent la Russie à l'Arabie saoudite au sein de l'Opep + : Commentant le report d'une réunion Riyad-Moscou destinée à proroger la réduction du plafond de production de l'Opep, le journal Al Arabi Al-Jadeed commente dans un récent article ce qu'il qualifie de tensions" pétrolières" entre l'Arabie saoudite et la Russie : " À Bakou, Novak et son homologue saoudien ont convenu de tenir très prochainement des pourparlers destinés à reconduire la réduction de la production de l'Opep à quoi semble s'opposer de plus en plus la Russie... En effet, l'Arabie saoudite qui fait face à un déficit budgétaire colossal a besoin de vendre chaque baril de son pétrole à 95 dollars pour pouvoir subvenir à ses besoins. Ce qui n'est pas le cas de la Russie dont l'économie est loin d'être pétro-dépendante et qui s'est adaptée à un baril à 40 dollars dans son exercice budgétaire 2019-2020, affirme le journal avent de poursuivre : " Mais cette visite ne renvoie sans doute pas seulement aux tensions pétrolières de plus en plus fréquentes entre Riyad et Moscou. En effet, la Russie est visiblement inquiète de l'avenir pétrolier de l'un de ses autres alliés qui pourrait chambouler le marché mondial: le plus gros producteur pétrolier du monde est le Venezuela et ce pays fait face à des sanctions drastiques tout comme l'Iran et il est impératif qu'un mécanisme anti-sanction soit trouvé au plus vite et ce n'est pas avec Riyad que ce mécanisme pourrait être trouvé". 

Plus loin le texte revient sur la récente analyse du secrétaire du Conseil de Sécurité de la Russie, Nikolaï Patrouchev au sujet de la guerre lancée par les USA contre Caracas: « L'objectif des États-Unis est évident : utiliser le pétrole vénézuélien bon marché dans ses raffineries et exporter, même en Europe, le leur, le pétrole de schiste cher, ...Washington s'est fixé l'objectif de prendre le contrôle du Venezuela pour avoir accès au pétrole bon marché, devenir le leader de ce marché et commencer à dicter ses conditions à l'OPEP, affirme le journal citant le secrétaire du Conseil de Sécurité de la Russie lequel ajoute :  C'est pour atteindre leur but, les États-Unis imposent aussi à la Russie et à l’Iran des sanctions qui limitent leurs capacités dans le commerce du pétrole.

Selon le quotidien qatari, " c'est dans ce contexte et alors que la Russie et la Chine commencent à déployer leurs militaires au Venezuela qu'intervient la visite du ministre iranien du Pétrole à Moscou, visite concentrée d'ailleurs sur les sanctions. Aux journalistes, M. Zanghaneh a affirmé qu'il attendait aux Européens beaucoup plus que la mise sur pied d'Instex ce mécanisme de financement pour contourner les sanctions dans le cadre du Plan global d’action conjoint (PGAC), quoi que son pays ne le réfutait pas totalement. Mais cette réticence montre bien que l'Iran et la Russie cherchent des alternatives bien plus efficaces que des mesures-spectacles propres à l'UE". Citant Igor Youchkov, un spécialiste russe en sécurité énergétique, le journal qatari ajoute : "  Avec l'Iran, je crois que l'objectif de la Russie est de montrer l'effet destructif des sanctions en général et de participer à la création d'un mécanisme qui aide à contourner les sanctions contre l'Iran dans le cas où la Russie en aura besoin si les sanctions anti-russes sont durcies».   

 

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SOURCE: FRENCH PRESS TV