La mobilisation des « Gilets jaunes » prend de l’ampleur à la Réunion. L’île dénonce en bloc la vie chère, la hausse des prix des carburants, le chômage, la pauvreté et la politique jugée "antisociale" du gouvernement d’Emmanuel Macron.
La population a érigé des dizaines de barrages, pourtant le gouvernement semble faire la sourde oreille devant les exigences du peuple.
Chaque année, des quartiers dits "sensibles" de l’île sont le théâtre des violences urbaines. Mais cette fois, toute l’île est secouée par ce phénomène qui commence chaque soir à la tombée de la nuit. C'est pourquoi le préfet a décrété un couvre-feu sur l’île.
Parmi les protestataires, on remarque de jeunes enfants d'environ 10 ans qui participent aux manifestations populaires et soutiennent leurs parents.
Ce mouvement sans leader est dirigé par les réseaux sociaux considérés comme source de motivation pour le peuple, encouragé à descendre dans la rue.
Les manifestants ont bloqué les routes à l’aide de palettes, de mobiliers, de voitures, de branches.
Les écoles et les administrations restent fermées, pourtant, les Gilets jaunes ne s’essoufflent pas. Ils ont encerclé le lundi 19 novembre la pyramide inversée qui fixe notamment le montant des taxes pour les carburants.
Dans le cadre d’une étude portant sur la cartographie de la pauvreté à La Réunion, l’INSEE estime que le département fait face à une très forte précarité monétaire avec 40 % de sa population vivant sous le seuil de pauvreté métropolitaine.
Depuis de nombreuses années, la Réunion enregistre, à l’échelle nationale, les taux record de chômage.
Les revenus des Réunionnais sont plus faibles et sont fortement dépendants de l’aide sociale : pour un quart des ménages, les prestations sociales constituent la ressource monétaire principale, soit quatre fois plus que dans l’Hexagone.
L’INSEE souligne que la situation s’est aggravée entre 2010 et 2015 dans les quartiers urbains où sévissent les difficultés socio-économiques.