Les États-Unis se sont ingérés dans le budget de la défense du Royaume-Uni.
Le secrétaire américain à la Défense James Mattis a fait une déclaration surprise en avertissant que la France pourrait remplacer le Royaume-Uni en tant qu’allié militaire le plus proche de Washington en Europe si Londres ne revoyait pas à la hausse ses dépenses militaires.
Dans une lettre adressée au secrétaire britannique à la Défense Gavin Williamson, James Mattis se dit inquiet quant à l’érosion de la puissance militaire du Royaume-Uni, érigeant en modèle la France, qui, selon Mattis, s’est engagée à augmenter considérablement ses dépenses militaires.
« En tant qu’acteurs sur le plan mondial, la France et les États-Unis ont conclu que le moment est venu d’augmenter considérablement nos investissements dans la défense. D’autres alliés suivent ce mouvement », a écrit Mattis dans ladite lettre.
Et d’ajouter : « Il est dans le meilleur intérêt de nos deux nations que le Royaume-Uni reste le partenaire privilégié des Américains. »
La lettre a été envoyée à Williamson le 12 juin, trois jours après une visite de Mattis à Londres. Il est peu probable que Williamson l’ait divulguée sans d’abord obtenir l’approbation de son homologue américain.
Dans la foulée, le porte-parole du ministère britannique de la Défense a annoncé que le Royaume-Uni avait toujours le budget défensif le plus important d’Europe.
« Le Royaume-Uni consacre plus de 2 % de son PIB aux dépenses militaires. Gavin Williamson a proposé un programme pour moderniser les structures militaires et défensives du pays afin de préparer nos forces armées à confronter les menaces en croissance », a-t-il ajouté.
Le discours du président américain Donald Trump lors du sommet du G7, au cours duquel il a qualifié l’OTAN de « mauvaise » organisation coûtant trop cher aux États-Unis, a suscité de sérieuses préoccupations parmi les dirigeants européens.
Suite à ce discours, les dirigeants des pays européens ont réclamé l’augmentation des dépenses militaires de l’Europe pour ainsi réduire leur dépendance envers les États-Unis.
Les membres de l’OTAN se réuniront dans deux semaines à Bruxelles pour discuter d’une hausse de leur budget militaire.