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Syrie/Golan : la Russie va-t-elle céder face à Israël ?

US Rep. Ilhan Omar (D-MN) (L) talks with Speaker of the House Nancy Pelosi (D-CA) during a rally with fellow Democrats before voting on H.R. 1, or the People Act, on the East Steps of the US Capitol on March 08, 2019 in Washington, DC. (AFP photo)
Des militaires israéliens lors d'un entraînement sur le plateau du Golan, près de la frontière avec la Syrie, le 21 février 2017. ©AFP

Il semblerait que les négociations entre la Russie, la Jordanie et les États-Unis sur le cessez-le-feu dans le sud de la Syrie achoppent sur les exigences irréalistes de Tel-Aviv.

Alors que les sources d’information font part d’un accord trouvé entre le roi Abdallah II de Jordanie et Israël pour faire face à l’armée syrienne dans le sud du pays, des rumeurs persistantes laissent entendre que la base US à al-Tanf, longtemps clandestine, aurait été utilisée par les Israéliens dans la frappe meurtrière du lundi 18 juin contre la Résistance irakienne à Abou Kamal.  

La visite inopinée de Netanyahu à Amman n’aurait donc pour objectif que de préparer le terrain à une contre-offensive contre l’armée syrienne, une fois les opérations de Deraa commencées. Dans ce contexte, un compromis dans le Sud syrien est-il réellement possible ? Et surtout, peut-on définitivement dissocier « la Résistance » des combats à Deraa ? 

Ainsi qu’il le confirmait dans son récent entretien à Al-Alam, le président syrien Bachar al-Assad ne croit pas vraiment à une fin imminente de la guerre. Tout comme ses commandants militaires et ses chefs sécuritaires qui, eux aussi, sont conscients des réelles intentions de l’adversaire, lequel ne se contentera pas de moins qu’un démembrement de l’État syrien. C’est à travers le prisme de ces combats de longue haleine qu’Assad perçoit la présence du Hezbollah et des autres alliés de Damas en Syrie.

La complexité de la guerre en Syrie est telle que tout vide est immédiatement comblé : sur la rive orientale de l’Euphrate, le retrait partiel de certains groupes liés à la Résistance se traduit automatiquement par la progression de Daech, des FDS et d’autres agents américains. Idem dans le Sud, où Assad ne saurait jamais renoncer à la présence du Hezbollah dans la mesure où Israël a eu une grande part de responsabilité dans la guerre en Syrie. 

Il y a de nombreux facteurs qui empêchent le président syrien d’accepter un compromis avec Israël ou les États-Unis. Car malgré l’échec patent de leur stratégie syrienne, et probablement à cause de la faiblesse des résultats obtenus jusqu’ici, le Pentagone ne montre aucun signe de flexibilité.  

Depuis le mois de mai 2018, les Américains ont mené entre 225 et 306 frappes aériennes dans l’Est désertique de la Syrie, afin de protéger leurs alliés de l’OTAN et les milices des Forces démocratiques syriennes. Le nombre de sorties effectuées par des drones et des chasseurs-bombardiers à partir de l’Irak ou de la Jordanie est en nette hausse pour ce mois de juin 2018.

Ces frappes cachent mal un changement subtil mais bien concret de la donne militaire dans l’Est syrien : Damas est décidé à reprendre le terrain et par-dessus tout à éliminer les FDS ou du moins à les neutraliser. Et pour ce faire, les Syriens, avec l’aide active de leurs alliés, ont commencé à déployer une stratégie nouvelle dérivant directement du jeu de Gomoku en y encerclant au fur et à mesure les bases militaires étrangères fournissant le principal soutien aux FDS puis à neutraliser leur champ d’opération en suivant des cercles concentriques de plus en plus réduits. Une stratégie qui inquiète les Israéliens, dont l’objectif est de créer un contre-feu en Syrie méridionale et septentrionale pour faire tomber dans une diversion les forces syriennes du sud et du sud-est du pays, en l’occurrence la province de Deraa et le plateau stratégique du Golan, partiellement occupé et illégalement annexé par Israël.

La stratégie syrienne a été adoptée de concert avec Moscou et Téhéran. Peu de chance donc de voir la Russie exiger réellement le départ des alliés libanais et irakiens d’Assad du Sud syrien. De surcroît, l’Iran et le Hezbollah sont d’avis que la Russie ne peut pas se diriger vers un deal avec Washington et Tel-Aviv au regard des évolutions au niveau régional et international, qui plaident toutes en faveur d’une confrontation à venir. L’Occident, de plus en plus absorbé par ses craintes et haines anti-russes, ne pourra jamais présenter un mécanisme qui soit à même de convaincre Moscou de changer de stratégie en Syrie.

Ni l’Iran ni le Hezbollah ne s’inquiètent donc d’un éventuel compromis russe avec Israël, qui irait à l’encontre des intérêts syriens. Reste que pour le président Assad, la présence illégale de forces militaires de l’OTAN (ou autres) dans le nord-est et l’est de la Syrie, en vue de provoquer un changement de régime, doit prendre fin au plus vite, avant que ne soit commis l’irréparable, à savoir la séparation du Nord et du Nord-Est kurde ou encore de la région pétrolifère de Deir ez-Zor. 

 

 

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SOURCE: FRENCH PRESS TV