Tout comme l'Arabie de Ben Salmane, Israël y a cru : Tel-Aviv croit pouvoir tirer profit du cirque médiatique et politique anti-iranien de Trump pour forcer l’Iran « à changer d'attitude ». « C’est le moment propice pour provoquer une crise économique et politique en Iran et le pousser à changer de politique », disent ses officiels, prenant le risque de provoquer une réaction iranienne.
Dans son numéro du dimanche 25 mars 2018, le magazine en ligne Times of Israel a publié un article intitulé « L’Iran pourrait entraîner Israël plus profondément dans le conflit syrien ».
Le directeur du renseignement militaire israélien (Aman), le général Herzl Halevi, y accuse l’Iran d’engendrer l’instabilité au Moyen-Orient en tentant d’imposer son hégémonie. Selon lui, cette prétendue tendance iranienne entraînera des répercussions importantes dans la région cette année.
Enhardi par l’accord nucléaire avec les 5+1, l’Iran « a tiré une flèche chiite qui divise le Moyen-Orient sunnite », prétend Herzl Halevi, qui met en garde contre l’augmentation des activités iraniennes dans la région. La « meilleure chance » de changer le comportement de l’Iran passe par une crise politique ou économique, a-t-il déclaré lors d’une conférence à Jérusalem.
Selon le chef du renseignement militaire israélien, c’est le moment ou jamais de changer le comportement de l’Iran.
Halevi estime que le rôle de plus en plus actif qu’a joué l’Iran dans la région depuis la signature de l’accord nucléaire pourrait être utilisé pour provoquer un changement de régime dans ce pays.
« Les interventions de l’Iran au Moyen-Orient ont ouvert la porte à un éventuel changement de régime dans ce pays, comme en témoignent les manifestations de masse qui y ont eu lieu plus tôt cette année. C’est l’occasion la plus favorable depuis la signature de l’accord nucléaire pour changer le comportement de l’Iran », a-t-il ajouté.
Et d’ajouter : « Ce changement ne peut pas provenir des salles de réunion, mais d’une crise — économique, politique ou autre. Tant que le monde maintient un front unifié, les chances d’un tel changement augmentent. »
Dans une autre partie de l’article, le général Herzl Halevi propose son analyse de la situation libanaise. « Les dirigeants libanais prétendent qu’ils protègent le Liban de l’agression israélienne, mais Israël n’a aucune intention agressive contre le Liban. Les différends entre nous et le Liban sont minimes et faciles à surmonter. L’État libanais doit donner la priorité à son économie, qui est l’une des plus importantes de la région, et non aux intérêts de l’Iran et du Hezbollah », a-t-il prétendu.
Le chef du renseignement militaire israélien, dont le mandat prendra fin cette semaine, a également tenté de convaincre l’État libanais qu’Israël n’avait pas l’intention d’attaquer le pays lui-même, mais seulement « le groupe terroriste Hezbollah », soutenu par l’Iran, qui opère à ses frontières.
Il est à rappeler qu’au tout début des troubles dans certaines villes iraniennes, des responsables israéliens, à l’instar du Premier ministre israélien Benyamin Netanyahu, ont publiquement exprimé leur soutien aux émeutiers.