« Au moins 340 étudiants palestiniens sont détenus dans les prisons israéliennes », a déclaré le ministre palestinien de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur, Sabri Saidam à l’occasion d’une conférence de presse à Ramallah, en Cisjordanie.
La semaine dernière, les forces israéliennes ont arrêté Omar al-Keswani, chef du conseil des étudiants de l’université de Birzeit près de Ramallah.
« Un massacre était sur le point d’avoir lieu sur le campus alors que les militaires israéliens ont ouvert le feu pendant le raid pour arrêter al-Keswani, a dit Saidam.
Il a qualifié le raid israélien de « terrorisme d’État organisé et d’arrogance sans précédent », appelant la Fédération internationale des universités et l’UNESCO à prendre leurs responsabilités pour mettre un terme aux violations israéliennes.
Le ministre palestinien a déclaré que 9 étudiants ont été tués et 603 autres blessés par les forces israéliennes l’année dernière.
« Il y a environ 311 étudiants en détention israélienne », déplore cette autorité palestinienne, ajoutant que quelque 95 écoles palestiniennes ont également fait l’objet des attaques israéliennes.
Les commandos de la police israélienne se sont déguisés en journalistes et ont fait irruption, mercredi 7 mars, en plein jour, sur le campus de l’université Birzeit en Cisjordanie occupée. Ils ont frappé et arrêté Omar Kiswani, le président du conseil étudiant de l’université, rapporte sur son site l’AURDIP (Association des Universitaires pour le Respect du Droit International en Palestine).
L’arrestation s’est déroulée sur le campus en plein jour. En prétextant une interview, les commandos déguisés en journalistes palestiniens ont attrapé Omar al-Keswani près des bureaux du syndicat avant de l’enlever.
L’université a affirmé, dans la nuit de mercredi, que deux étudiants avaient été blessés par des tirs israéliens pendant l’intrusion et sont soignés à l’hôpital.
L’université de Birzeit a condamné et a qualifié cet acte d’« une intrusion barbare ».
Ils ont dit que l’attaque était partie intégrante de « la destruction systématique de la vie éducative palestinienne » par Israël, qui cible les institutions universitaires.
Plus tôt, l’université avait posté la vidéo ci-dessus sur Youtube, montrant plusieurs militaires israéliens frappant al-Keswani, en lui donnant des coups de pied et braquant leurs armes vers d’autres étudiants.
Les forces israéliennes ont ensuite tiré vers un groupe d’étudiants qui ont fait face à l’invasion du campus en jetant des pierres.
L’université a aussi twitté la vidéo, indiquant qu’elle montre « les forces israéliennes kidnappant un étudiant de l’université, tirant des coups de feu en plein jour sur le campus ».
Les agents israéliens sous couverture — appelés mistaravim — se déguisent en Palestiniens pour enlever, blesser et infiltrer des groupes civils, souvent pendant des manifestations contre l’occupation militaire israélienne.
Israël a même utilisé des mistaravim pour kidnapper et tuer des Palestiniens hospitalisés.
Une vidéo diffusée également sur les réseaux sociaux montre trois hommes traînant al-Keswani et l’un d’entre eux l’avait immobilisé par une clé de cou.
Les étudiants de cette université ont manifesté, ce samedi, en solidarité avec al-Keswani et pour dénoncer les violences israéliennes qui ciblent systématiquement la vie éducative palestinienne.