« De nombreuses personnes ont été surprises par les menaces sans précédentes du secrétaire général du mouvement Ansarallah, Abdel Malek al-Houthi contre les Émirats arabes unis. Al-Houthi a menacé de tirer des missiles sur les Émirats et de lancer des attaques navales contre des sites et des pétroliers saoudiens », a écrit Abdel Bari Atwan.
Le rédacteur en chef du quotidien Rai al-Youm, Abdel Bari Atwan, s’est penché dans son dernier article sur les dernières évolutions au Yémen.
« Ce qui est surprenant, c'est que c’est pour la première fois depuis le début de la crise yéménite, il y’a deux ans et demi, que le secrétaire général du mouvement Ansarallah menace directement les Émirats et plus précisément sa capitale Abu Dhabi. Le point le plus important est qu’al-Houthi a réitéré que les compagnies installées ou ayant des investissements aux Émirats ne doivent plus considérer ce pays comme étant sûr. »
Selon Atwan, les Houthis cherche à contrer les plans émiratis qui visent à diviser les rangs des forces yéménites. Al-Houthi n’a évidemment pas évoqué les détails de ces plans mais elles peuvent se résumer en deux points :
Premièrement, les Émirats arabes unis tentent de semer la discorde entre les « Houthis et les membres du congrès général du peuple ». Ils tentent également de provoquer, en promettant un soutien accru à Ali Abdallah Saleh, le président démissionnaire yéménite de se rallier à la coalition arabe et de déclarer une guerre contre les Houthis, puisque c’est la personne, la mieux qualifiée pour cette mission.
Deuxièmement, l’installation croissante des forces dirigées par les Émirats et ses commandements militaires au Yémen dans l’objectif d’entamer une guerre maritime, terrestre et aérienne contre le port d’al-Hudaydah qui est le seul point maritime et le dernier point qui attache le peuple yéménite au reste du monde et leur permet de recevoir des aides humanitaires et militaires. »
Le rédacteur en chef du quotidien Rai al-Youm continue :
« lors de sa rencontre qui a duré près d’une heure et demie avec les délégations du Congrès général du peuple et du mouvement Houthi, (où Saleh s’est entretenu en tête à tête avec Abdel Malek al-Houthi pendant 45 minutes), ce dernier a démenti tout contact avec les autorités émiraties, ainsi que toutes les rumeurs circulant dans les médias sociaux évoquant son rapprochement avec Abu Dhabi. »
En ce qui concerne l’inquiétude du mouvement Ansarallah suite à l’attaque de la coalition arabe dirigée par les Émirats contre le port d’al-Hudaydah, al-Houthi a été très clair quand il a déclaré : « si les Émiratis attaquent le port d’al-Hudaydah, leurs pétroliers seront anéantis. Nous mettrons en place tous les dispositifs nécessaires et attaquerons les pétroliers saoudiens et émiratis. »
Pour l’éditorialiste, Abdel Bari Atwan, lors de son discours diffusé par la chaîne « Al Masirah », al-Houthi rappelait, de part son ton, le discours du secrétaire général du Hezbollah Seyyed Hassan Nasrallah. Il a même repris certaines de ses phrases : « notre force balistique a réussi à dépasser celle de Riyad et nous continuons la production ».
La réaction des Émirats arabes unis ont réagi. Le ministre émirati des Affaires étrangères, Anwar Gargash, a annoncé que les Houthis ne font pas peur aux Émiratis et que leurs allégations prouvent leur lassitude. "Le porte-parole des Houthis n’a pas tardé à répondre en pointant du doigt l’acharnement de la coalition arabe contre le Yémen, il y’a plus de 9.000 jours, continue Atwan.
Abdel Bari Atwan a ensuite évoqué le dernier entretien téléphonique du quotidien Rai al-Youm avec l’un des membres d’Ansarallah au cours duquel, ce dernier aurait confirmé la colère des Houthis vis-à-vis de l’éventuelle attaque contre le port d’al-Hudaydah et a annoncé : « Ils (Hadi et ses mercenaires) ont perdu le contrôle du port de Mokha et la région de Dhubab après deux ans d’affrontements, comment ils pourront occuper le port d’al-Hudaydah ? Le combat d’al-Hudaydah est une question de vie ou de mort, nous ne les laisserons jamais s’emparer de ce port, la guerre sera poussée dans les pays agresseurs et il faut qu’ils prennent au sérieux le discours de “Seyyed”.
La fin de la guerre en Irak et en Syrie est imminente et l’axe Iran-Syrie-Turquie en sortira grand gagnant. Il est donc fort possible que les combats s’intensifient au Yémen. Le rôle indirect de l’Iran au Yémen et sa coopération avec Ansarallah est clair, et il n’est pas a écarter que les missiles qu'al-Houthi a évoqués, soient produits à l’appui de la technologie et expertise iranienne, tout comme les missiles du Hamas à Gaza ou ceux du Hezbollah libanais, estime l’éditorialiste qui conclut : "Bref, les Houthis n'ont pas dit leur dernier mot."