Aucun pays ne doit s’inquiéter de la République islamique d’Iran, à moins de mettre ses bases, ses installations ou ses équipements à la disposition de parties se livrant à des actes d’agression illégaux et illicites contre le pays, a affirmé ce lundi 24 août le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Esmaïl Baghaï, lors de sa conférence de presse hebdomadaire qui s’est tenue ce lundi 24 août.
Ses remarques ont été formulées en réponse à des questions concernant des informations publiées par des médias occidentaux selon lesquelles des bases américaines situées sur le territoire européen pourraient être prises pour cible si des pays européens reprenaient leur participation à des actes d’agression contre l’Iran.
« Nous avons appris que plusieurs avions ravitailleurs KC-135 ont quitté la Bulgarie », a déclaré le diplomate iranien, réagissant à une information selon laquelle ces appareils ont quitté le pays européen sur fond de manifestations locales et de mises en garde fermes de l’Iran.
Dans ce droit fil, M. Baghaï a souligné que l’Iran avait déjà fait connaître sa position concernant la Bulgarie, soulignant que des responsables politiques et des citoyens bulgares avaient eux aussi estimé que la mise à disposition des installations du pays au profit des États-Unis pour commettre des atrocités contre l’Iran est contraire au droit international.
« Nous n’avons aucun problème avec le peuple bulgare, mais cette démarche est considérée comme un soutien à l’agression militaire menée par les États-Unis et le régime sioniste contre l’Iran. Nous avons indiqué qu’au regard du droit international, une telle participation constitue un acte d’agression », a-t-il expliqué.
« Nous espérons que les autres pays qui, d’une manière ou d’une autre, ont mis leurs bases et leurs installations à la disposition des États-Unis et du régime sioniste pour commettre un acte d’agression contre un État membre des Nations Unies prendront eux aussi les mesures nécessaires », a-t-il poursuivi.
« Comme nous l’avons démontré, nous ne ferons certainement preuve d’aucune indulgence lorsqu’il s’agira de défendre l’intégrité et la sécurité de l’Iran », a-t-il martelé, avant de préciser que l’Iran prendra pour cible l’origine de tout acte d’agression, conformément au droit international.
Dans un autre volet de ses propos, M. Baghaï a évoqué la récente guerre d’agression non-provoquée lancée par les États-Unis et Israël, soulignant : « Nous n’avons certainement pas déclenché la guerre, mais nous ne permettrons pas qu’elle se termine aux conditions de l’agresseur », a-t-il souligné.
En outre, il a fait état des déclarations du président iranien Massoud Pezeshkian, qui a, à plusieurs reprises, déclaré que les Iraniens ne se soumettront ni à la force ni aux visées hégémoniques des agresseurs. « Il ne fait aucun doute que les autorités iraniennes sont déterminées et résolues à défendre le pays et ne sont en aucun cas disposées à se soumettre aux exigences excessives de l’agresseur », a ajouté M. Baghaï.
Ailleurs dans ses remarques, le porte-parole de la diplomatie iranienne a réagi aux allégations contradictoires concernant le trafic pétrolier dans le détroit d’Ormuz. Il a fermement rejeté les informations faisant état d’une forte hausse du trafic maritime dans cette voie stratégique.
« Cela fait partie de la guerre psychologique et médiatique menée par les parties adverses », a-t-il déclaré.
Plus loin dans ses propos, Esmaïl Baghaï a expliqué que la République islamique d’Iran ajuste constamment sa politique en fonction de l’évolution de la situation et des impératifs de sa sécurité nationale.
Dans la foulée, il a réitéré sa mise en garde selon laquelle toute collusion avec les États-Unis visant à soutenir leurs actes d’agression contre l’Iran aura des conséquences, ajoutant que l’Iran est en mesure de faire face à de telles complicités.
Il a notamment mis en garde les pays tiers contre toute coopération visant à permettre la mise en œuvre du blocus naval illégal imposé par les États-Unis à l’Iran. Le droit international n’autorise pas d’autres pays à aider ou à coopérer avec Washington dans le cadre de tels actes, a-t-il affirmé.
En ce qui concerne les pressions économiques exercées par les États-Unis contre l’Iran, M. Baghaï a déclaré : « Il suffit de regarder l’histoire de ces cinq dernières décennies. Les différentes appellations ne doivent surtout pas nous induire en erreur. Des “sanctions paralysantes” à la “pression maximale”, en passant par la guerre économique, toutes ces mesures poursuivent le même objectif : contraindre à la soumission une nation qui a décidé de compter sur ses propres forces et de ne pas renoncer à ses droits ».
Il a toutefois indiqué que toutes ces tentatives avaient échoué, avant de souligner que ce genre de discours découlait du « désespoir » dans lequel se trouvait la partie américaine après avoir mal évalué les conséquences de son agression militaire contre l’Iran.
En outre, M. Baghaï a fait part de l’inconstance et l’instabilité de la politique des États-Unis. « Cette allégation selon laquelle les Iraniens ne seraient pas fiables à la table des négociations est tout simplement le plus gros mensonge possible », a-t-il déclaré, ajoutant que le monde entier a constaté à maintes reprises que la partie dont on ne peut en aucun cas se fier aux engagements est précisément Washington.
Par ailleurs, il a évoqué les frappes aériennes israéliennes contre la Syrie, déclarant que ces attaques constituent « une violation totale de la souveraineté nationale et de l’intégrité territoriale de la Syrie ».
Il a estimé que les prétendues justifications avancées pour ces frappes ne sont que des prétextes destinés à poursuivre le mépris du droit international, affirmant que les transgressions de Tel-Aviv contre ce pays arabe s’inscrivent dans la même logique que celle suivie par le régime à Gaza, en Cisjordanie occupée, au Liban et dans d’autres pays.
« Il ne s’agit de rien d’autre que de la poursuite d’ambitions illégales sous couvert du concept de [soi-disant] “Grand Israël” », a-t-il conclu, en référence aux visées expansionnistes du régime.