Une équipe de médecins iraniens, dirigée par le professeur Mohammad Esmail Akbari — pionnier de la chirurgie oncologique en Iran et directeur du Centre de recherche sur le cancer — a dévoilé une méthode diagnostique et thérapeutique inédite pour le traitement des cancers solides avancés et métastatiques. Cette approche, déployée en collaboration avec l’Organisation iranienne de l’énergie atomique (OIEA), marque une avancée significative dans la lutte contre les formes de cancer jusqu’ici considérées comme réfractaires aux traitements conventionnels.
Contrairement aux protocoles classiques qui se focalisent quasi exclusivement sur la cellule cancéreuse, cette nouvelle stratégie repose sur le ciblage du microenvironnement tumoral — l’écosystème cellulaire qui entoure la tumeur et facilite sa progression.
Le cœur de cette innovation réside dans l’utilisation d’un inhibiteur spécifique, le FAPI (inhibiteur de la protéine d’activation des fibroblastes). En couplant cet inhibiteur à un radio-isotope produit par l’OIEA, les chercheurs ont créé un agent thérapeutique capable de se localiser précisément dans les tissus péritumoraux pour neutraliser la tumeur de l’intérieur.
Les premiers essais, menés sur des patients en situation d’impasse thérapeutique, ont donné des résultats remarquables. « Nous avons pu prolonger la survie de certains patients jusqu’à quatre ans », rapporte le professeur Akbari. Parmi les cas documentés figurent des sarcomes pulmonaires métastatiques, traités avec un succès jugé exceptionnel par l’équipe médicale. À ce jour, plus de 500 patients ont bénéficié de ce protocole, désormais implanté dans plusieurs centres spécialisés à travers l’Iran, notamment à Bushehr, Tabriz et Mashhad.
L’importance de ces travaux a dépassé les frontières iraniennes. Publiée dans des revues de référence, dont l’European Journal of Nuclear Medicine and Molecular Imaging, cette découverte suscite un intérêt international majeur. Preuve de sa viabilité, quatre grands groupes pharmaceutiques mondiaux ont déjà investi environ 45 millions de dollars dans cette approche, tandis que des essais cliniques sont en cours dans 51 centres médicaux à travers le monde. Les résultats consolidés de ces études internationales sont attendus pour l’année prochaine.
L’équipe du professeur Akbari explore également une seconde voie de recherche portant sur les exosomes — des vésicules microscopiques sécrétées par les cellules cancéreuses qui induisent une résistance aux traitements médicamenteux.
En parvenant à inhiber ces vésicules, les chercheurs iraniens ont réussi à décupler l’efficacité des thérapies anticancéreuses. Au-delà de l’oncologie, la production de ces exosomes, conforme aux standards internationaux les plus exigeants, ouvre des perspectives thérapeutiques prometteuses dans des domaines aussi variés que la régénération tissulaire, le traitement de l’arthrose et la médecine esthétique. Une vingtaine d’essais cliniques supplémentaires sont actuellement en phase d’évaluation, témoignant du dynamisme et de la profondeur de la recherche médicale iranienne actuelle.