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Téhéran considère les pilotes de Su-24 comme capturés tant que leur sort reste incertain

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Le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Esmaïl Baghaï, s’est exprimé lors de sa conférence de presse hebdomadaire, ce lundi 17 août 2026 à Téhéran. ©IRNA

Les pilotes iraniens portés disparus seront considérés comme capturés tant que leur sort restera inconnu, a déclaré le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Esmaïl Baghaï. Téhéran utilise tous les canaux et moyens à sa disposition pour déterminer leur situation.

S’exprimant ce lundi 17 août lors de sa conférence de presse hebdomadaire, M. Baghaï a indiqué que l’Iran entretient des contacts réguliers avec le Qatar et lui fait part de ses préoccupations concernant les informations faisant état de la capture des pilotes iraniens aux commandes des Su-24 en mission.

« Dès les premiers jours [qui ont suivi l’évènement], le suivi du sort de ces quatre pilotes a été à l’ordre du jour. La demande d’éclaircissements concernant ce qu’il est advenu de ces quatre courageux pilotes iraniens — lesquels se livraient à une opération défensive contre les bases américaines responsables de l’agression — est une demande sérieuse », a-t-il déclaré.

Dans ce droit fil, le chef de la diplomatie iranienne a expliqué qu’il se trouvait aux côtés du ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, lorsque ce dernier avait appris la situation des pilotes pendant les premiers jours de la guerre, ajoutant que les démarches visant à déterminer leur localisation avaient été immédiatement inscrites à l’ordre du jour.

D’après ses termes, l’Iran a adressé le 16 mars son premier courrier au Comité international de la Croix-Rouge (CICR) et l’ambassade d’Iran a pour sa part commencé à suivre l’affaire dès les premiers jours.

« Tant que leur situation reste incertaine, on considère qu’ils ont été capturés et nous utilisons toutes les capacités disponibles pour déterminer le sort des pilotes », a poursuivi M. Baghaï.

En riposte à l’agression militaire non provoquée des États-Unis et du régime sioniste, deux bombardiers Su-24 de l’armée de l’air de la République islamique d’Iran ont réussi à pénétrer les réseaux radars avancés et les systèmes de défense aérienne afin de bombarder la base aérienne d’Al-Udeid, au Qatar, principal centre d’appui aux forces militaires américaines en Asie de l’Ouest.

Au cours de leur vol de retour au-dessus du golfe Persique, les appareils iraniens ont été pris pour cible par les systèmes antiaériens de l’ennemi.

En dépit de l’intensité des tirs antiaériens, la mission a été menée à son terme avec succès, adressant un puissant message de dissuasion aux agresseurs.

À noter que la dépouille du pilote Majid Kazemi, l’un des quatre pilotes des Su-24 de l’armée iranienne a été identifiée à l’issue d’examens médico-légaux spécialisés et d’analyses ADN et inhumée en Iran.

Samedi, le commandant du Comité de recherche des personnes portées disparues de l’état-major des forces armées iraniennes, le général Mohammad Bagherzadeh a déclaré que les trois autres pilotes — Javad Salehi, Abdolmajid Dashtian et Emran Behrouzian — ont été capturés vivants par les forces qataries.

Dans un autre volet de ses propos, Esmaïl Baghaï a évoqué l’anniversaire du coup d’État du 19 août 1953, affirmant que cet évènement constitue l’un des chapitres les plus amers de l’histoire contemporaine de l’Iran et une expérience coûteuse de l’ingérence étrangère dans les affaires intérieures du pays.

Pour lui, cet évènement a démontré que l’approche interventionniste des États-Unis avait conduit au renversement d’un gouvernement légitime issu de la volonté du peuple iranien, dont les conséquences ont continué à peser des années sur les relations extérieures de l’Iran et sur les évolutions ultérieures, et dont les effets restent encore visibles aujourd’hui.

« Nous avons été témoins de la même erreur de calcul durant la guerre imposée [de huit ans] et lors des deux récentes guerres d’agression : celle qui consiste à croire que l’on peut faire face à un Iran dont le destin pourrait être déterminé par la pression, les menaces, l’intervention et l’intimidation, et dont la volonté pourrait être brisée », a indiqué M. Baghaï, avant de mettre l’accent sur le fait que de telles erreurs de calcul avaient de graves conséquences pour l’Iran, la région et le monde.

Cependant, a-t-il indiqué, tous ont pu constater qu’aujourd’hui, l’Iran, fort de plusieurs décennies d’expérience en matière de fermeté et de résistance face aux ingérences étrangères, à la guerre, aux sanctions et aux pressions, est un pays doté de capacités particulières et d’une volonté résolue de défendre sa souveraineté, sa dignité et son indépendance.

Plus loin dans ses remarques, le porte-parole de la diplomatie iranienne a fait état du délai de 60 jours, prévu dans le mémorandum d’entente d’Islamabad, indiquant qu’aucune disposition relative à un délai de 60 jours ne figure dans le texte du mémorandum d’Islamabad, dont l’expiration a fait l’objet de discussions.

« La République islamique d’Iran n’est pas une partie qui définit sa politique sous la pression, sous coup d’un ultimatum ou dans le cadre d’un délai imposé. Nous prenons nos décisions sur la base de nos intérêts nationaux et de nos évaluations », a-t-il martelé.

Le mémorandum d’entente prévoyait l’ouverture de négociations sur la question nucléaire et la levée des sanctions dans un délai de 60 jours, mais les États-Unis ont violé de manière flagrante et généralisée leurs dispositions dès le départ ; par conséquent, la question d’un délai de 60 jours ne se pose plus, a expliqué le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères.

Réagissant aux menaces américaines d’imposer de nouvelles pressions économiques à l’Iran, M. Baghaï a affirmé que ces sanctions n’auront aucun effet sur la position de l’Iran.

Au cours des 50 dernières années, les États-Unis se sont eux-mêmes enfermés dans un cercle vicieux de guerre, de discrimination, de pression et de sanctions, a-t-il déploré.

Faisant référence à la campagne de « pression maximale », déclenchée depuis le premier mandant du président américain Donald Trump, le porte-parole de la diplomatie iranienne a indiqué que de telles mesures démontrent la nature inhumaine des États-Unis.

Les méthodes déjà expérimentées par Washington sans produire de résultats ne permettront pas d’obtenir des résultats différents à l’avenir, a-t-il assuré, avant de souligner que l’Iran utilisera tous les moyens à sa disposition pour répondre à tout acte hostile.

Ailleurs dans ses remarques, il a évoqué les récentes tensions entre Téhéran et Paris concernant les agissements de deux diplomates français en Iran. « Ce qui est important pour nous, indépendamment du statut juridique des personnes concernées, c’est la position exprimée au niveau gouvernemental », a-t-il précisé.

Il a indiqué que les autorités iraniennes s’attendent à ce que les responsables français présentent des excuses à la suite de cet évènement, soulignant que les responsables français eux-mêmes ont reconnu que les deux individus concernés n’étaient pas des diplomates, mais des agents.

La partie française a prétendu que ces deux personnes apportaient leur assistance à la société civile iranienne, a-t-il indiqué, tout en déclarant qu’une telle activité n’est pas conforme au droit international.

« Cela constitue en soi un aveu de violation de la Convention de Vienne », a-t-il martelé.

Dans un communiqué rendu public samedi 15 août, le ministère iranien du Renseignement a affirmé que ses forces ont découvert la présence illégale de deux diplomates français dans un lieu de réunion secret. Ceci a eu lieu alors que les agents iraniens exécutaient une décision judiciaire visant à arrêter deux suspects dans le cadre d’une importante affaire d’infiltration et d’ingérence étrangères.

Le ministère iranien du Renseignement a mis en garde la France contre toute ingérence dans les affaires intérieures du pays, précisant que Paris doit répondre des activités illégales de ses diplomates.

Pour sa part, le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a protesté contre le comportement non conventionnel et non professionnel de deux diplomates français à Téhéran lors d’un entretien téléphonique avec son homologue français, qualifiant leurs agissements d’« inacceptables ».

Au cours de cette conversation, M. Araghchi a souligné que le respect des lois et règlements du pays hôte ainsi que l’adhésion aux principes, règles et normes diplomatiques reconnus sont indispensables à la poursuite des activités des missions diplomatiques étrangères.

 

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SOURCE: FRENCH PRESS TV