L’Arabie saoudite miserait sur la confidentialité et des routes maritimes alternatives pour transporter le pétrole brut depuis sa côte occidentale, alors que les opérations de représailles yéménites ont empêché les activités maritimes normales du régime de Riyad en mer Rouge.
L’agence de presse britannique Reuters a rapporté que ce changement avait eu un impact significatif sur les exportations depuis le port de Yanbu, puisque les cargaisons de pétrole brut de Riyad sont souvent réacheminées via le canal de Suez, soit via l'oléoduc égyptien SUMED, qui relie Ain Sokhna, sur la mer Rouge, à Sidi Kerir, sur la côte méditerranéenne, afin d’atténuer le risque de frappes en provenance du Yémen.
Les analystes affirment que tous les chargements récents à Yanbu ont été effectués « clandestinement ». Selon eux, les pétroliers désactivent leurs signaux de suivi pour éviter d’éventuelles opérations militaires depuis le Yémen.
« La semaine dernière, toutes les opérations de levage à Yanbu se sont déroulées de nuit. Nous n’observons actuellement aucun chargement avec le système d’identification automatique (AIS) activé », a déclaré George Morris, analyste chez Vortexa.
L’analyste de Kpler, Nhway Khin Soe, a indiqué qu’environ 70 % des chargements effectués ces dernières semaines sur la côte ouest de l’Arabie saoudite étaient opaques. Il a ajouté que toutes les cargaisons chargées à Yanbu depuis le 23 juillet, selon les données citées dans le rapport du 1er août, concernaient des navires dont le signal AIS n’était pas resté actif en continu.
Les données fournies par les sociétés de surveillance maritime font état d’une baisse significative des exportations de pétrole brut saoudien depuis la côte ouest du pays. Les analystes avertissent toutefois que ces statistiques pourraient ne pas refléter fidèlement une réduction correspondante de la production réelle.
Selon la société d’analyse Vortexa, les chargements au port de Yanbu seraient passés de 2,71 à 2,38 millions de barils par jour. Kpler estime pour sa part une baisse plus marquée, de 4,04 à 1,78 million de barils par jour.
Ces écarts illustrent les difficultés à évaluer avec précision le niveau réel des exportations pétrolières saoudiennes, notamment en raison des mesures prises pour dissimuler certaines activités de transport maritime.
La visibilité limitée des pétroliers laisse penser que les données de suivi pourraient sous-estimer le volume réel de pétrole brut exporté, notamment en raison de l’absence de couverture AIS continue pour certains navires.
À la suite de cette décision de l’Arabie saoudite, le coût du transport du brut saoudien aurait augmenté d’environ 5 à 9 dollars par baril, tandis que la durée d’acheminement vers les marchés asiatiques se serait allongée d’environ 30 jours.
L’allongement des itinéraires et la hausse des coûts de transport exercent une pression supplémentaire sur les exportateurs saoudiens, alors que le royaume doit composer avec la concurrence d’autres grands producteurs pour conserver ses parts de marché en Asie.
Le recours à des itinéraires alternatifs souligne également l’importance stratégique de la mer Rouge dans le dispositif d’exportation pétrolière de l’Arabie saoudite, notamment pour les cargaisons expédiées depuis les terminaux situés sur la côte ouest du pays.