Par la voix de sa présidente Ursula Von der Leyen, la Commission européenne a annoncé ce mercredi 5 août le déblocage de 1,4 milliard d’euros, issus des revenus générés par une partie des avoirs de la Banque centrale russe immobilisés dans le cadre des sanctions européennes, pour soutenir l’Ukraine.
Dans un communiqué publié ce mercredi, Ursula von der Leyen a prétendu — sans évoquer le déploiement militaire et la militarisation de l’OTAN à proximité des frontières russes avant le déclenchement de la guerre en Ukraine — que « la Russie doit payer pour les destructions qu’elle a causées ».
Elle a ajouté que les 1,4 milliard d’euros destinés à l’Ukraine, provenant des revenus générés par les avoirs russes immobilisés, serviront à ce qu’elle qualifie de soutenir la résistance de l’Ukraine face à la guerre menée par la Russie.
À noter que l’Union européenne a reçu, le 3 août, 1,4 milliard d’euros de bénéfices exceptionnels générés par les intérêts sur les soldes de trésorerie provenant des actifs immobilisés de la Banque centrale de Russie, détenus par les dépositaires centraux de titres. La réception de ce montant marque le cinquième transfert de ce type, à la suite d’une quatrième tranche livrée en mars 2026. Il couvre les recettes accumulées au cours du premier semestre de 2026. Depuis leur immobilisation, les actifs russes ont généré un total de 8 milliards d’euros de bénéfices exceptionnels.
Les avoirs russes eux-mêmes ne sont ni saisis ni transférés à l’Ukraine : ils restent bloqués dans l’UE. Seuls les bénéfices produits par leur immobilisation sont utilisés, a précisé la Commission européenne. Environ 210 milliards d’euros d’actifs de la Banque centrale russe sont actuellement immobilisés dans l’Union, selon le Conseil de l’UE.
Dans le même contexte, le président français Emmanuel Macron a publié un message sur X, dans lequel il a indiqué que l’Union européenne et ses partenaires continueront d’accroitre la pression sur Moscou, notamment en renforçant le soutien militaire à Kiev.
M. Macron n’a pas précisé la nature d’éventuelles nouvelles mesures, mais ses propos s’inscrivent dans la ligne actuelle de l’Union européenne qui met l’accent sur l’augmentation des sanctions économiques contre la Russie ainsi que sur le renforcement du soutien politique et financier à l’Ukraine.
Ces remarques ont été formulées alors que les pays européens coordonnent leurs initiatives diplomatiques, financières et commerciales visant à limiter les capacités de la Russie à poursuivre son « opération militaire spéciale » en Ukraine.
Depuis le début de la guerre en Ukraine en février 2022, l’Union européenne a adopté une vingtaine de paquets de sanctions à l’encontre de différents secteurs de l’économie russe, y compris les banques, les exportations énergétiques, l’industrie de défense, les importations technologiques, ainsi que des responsables gouvernementaux et des acteurs économiques russes.
Moscou a à plusieurs reprises qualifié les sanctions occidentales d’illégales et d’inefficaces, affirmant qu’elles n’avaient pas permis de modifier les objectifs stratégiques de la Russie.
Le Kremlin a pour sa part pris des mesures de rétorsion contre plusieurs pays occidentaux en réponse aux restrictions imposées par ces derniers.