L’armée israélienne a mené de nouvelles attaques à proximité du château de Beaufort (Shaqif) dans le sud du Liban, provoquant de fortes explosions dans les régions adjacentes.
Les médias libanais ont rapporté des bombardements israéliens sur les villages de Yohmor al-Shaqif, Haddatha et Kfar Tebni.
Le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, et son ministre de la Guerre, Israel Katz, ont annoncé jeudi soir, dans un communiqué conjoint, que l’armée du régime sioniste avait utilisé 700 tonnes d’explosifs pour cibler des tunnels présumés du Hezbollah, mouvement de résistance libanais, dans la région.
Ils ont indiqué que l’assaut était initialement prévu à une date antérieure, mais avait été reporté en raison de l’accord-cadre conclu le mois dernier entre Israël et le Liban sous l’égide des États-Unis.
Ils ont également souligné que les forces d’occupation « resteront dans la zone de sécurité dans le sud du Liban et continueront de détruire toutes les infrastructures afin d’empêcher toute tentative du Hezbollah de rétablir ses capacités ».
Toutefois, depuis la conclusion de l’accord-cadre, Israël n’a cessé de poursuivre ses agressions militaires dans le sud du Liban, menant des frappes aériennes, des démolitions et incendiant des maisons d’habitation dans les villes frontalières.
Selon les chiffres officiels fournis par les autorités libanaises, les attaques israéliennes ont fait au moins 4 333 morts, plus de 12 236 blessés et plus d’un million de déplacés depuis le 2 mars.
Israël continue d’occuper des zones du sud du Liban, notamment les régions que le régime sioniste contrôle depuis des années ainsi que d’autres zones occupées pendant l’offensive de 2023-2024.
Vendredi, le président du Parlement libanais, Nabih Berri, a déclaré qu’Israël n’avait aucune intention de se retirer complètement du territoire libanais.
Dans une interview accordée au quotidien libanais Al-Akhbar, M. Berri a indiqué que sa rencontre de mercredi avec le président Joseph Aoun visait à lui faire comprendre que « tout porte à croire qu’Israël n’a pas l’intention de se retirer du territoire libanais avant les élections ».
« L’accord est mort-né, et plus personne n’en parle [...] Israël l’a enterré par son non-respect », a-t-il déclaré.
M. Berri qui dirige également le mouvement Amal, a par ailleurs estimé que Netanyahu courait un « grave risque d’effondrement ».
À noter que l’accord-cadre du 26 juin, signé par les responsables libanais et israélien à Washington, prévoit un retrait progressif d’Israël du sud du Liban, ainsi que le déploiement de l’armée libanaise dans cette région et le démantèlement de l’infrastructure militaire du Hezbollah.
Néanmoins, Israël serait autorisé à rester dans une « zone de sécurité élargie » pour le moment, selon les informations disponibles sur l’accord.
M. Berri a toujours rejeté l’accord, le qualifiant, fin juin, de « diktats » qui « ne seront pas appliqués ». Il a également averti que l’accord pourrait attiser les divisions internes et entraîner les Libanais dans des affrontements entre eux.
Jeudi, le général Rudolphe Haykal, commandant de l’armée libanaise, a tiré la sonnette d’alarme en déclarant qu’Israël tentait de fomenter des troubles intérieurs au Liban.
Il a insisté sur la nécessité de la vigilance et de l’unité nationales pour contrer les complots israéliens contre le Liban.
Le général Haykal a déclaré que l’armée libanaise restait prête à être déployée « dans toutes les zones d’où les forces d’occupation israéliennes se retirent », tout en avertissant que le régime sioniste sapait délibérément ce processus.
« L’occupation [Israël] persiste dans ses attaques et ses violations répétées pour entraver les efforts de l’armée », a-t-il affirmé.
Malgré les difficultés, l’armée libanaise est déterminée à s’acquitter de ses devoirs nationaux, notamment la sécurisation des frontières nord et est, la surveillance des frontières maritimes et la lutte contre le terrorisme, a-t-il indiqué.
Ces déclarations interviennent quelques jours avant une rencontre indirecte prévue entre des responsables libanais et israéliens à Rome, le 4 août, pour discuter de la mise en œuvre de l’accord-cadre.