Pour se rendre aux États-Unis, le Premier ministre israélien survole l’Europe sans la moindre gêne et malgré le mandat d'arrêt émis à son encontre par la Cour pénale internationale.
Selon les données du site FlightRadar, l'appareil transportant Benjamin Netanyahu, ayant décollé d'Israël à la mi-journée a de nouveau emprunté les espaces aériens de la Grèce, de l'Italie et de la France, pourtant États parties de la CPI.
En route vers Washington pour rencontrer le président américain Donald Trump, l'avion de Benjamin Netanyahu suit un itinéraire similaire à ceux empruntés lors de ses déplacements des 28 décembre et 10 février, au-dessus de la Méditerranée et de l'Europe.
Comme lors de sa précédente visite aux États-Unis, l'appareil a traversé les espaces aériens de la Grèce, de l'Italie et de la France, tous signataires du Statut de Rome, malgré le mandat d'arrêt délivré par la CPI contre le Premier ministre israélien.
Lors de ses précédents déplacements, Benjamin Netanyahu, qui évitait de survoler de nombreux pays par crainte d'une arrestation, avait utilisé les espaces aériens grec et italien pour se rendre à New York à l'occasion de l'Assemblée générale des Nations unies en septembre 2025, sans toutefois entrer dans l'espace aérien français.
La Cour pénale internationale a émis, le 21 novembre, des mandats d'arrêt contre Benjamin Netanyahu et l'ancien ministre israélien de la Guerre, Yoav Gallant, pour des crimes de guerre et des crimes contre l'humanité commis dans la bande de Gaza.
Le maire de New York appelle à l'application du mandat d'arrêt de la CPI
Cette venue annoncée intervient alors que le nouveau maire de New York, Zohran Mamdani, a appelé à l’application de ce mandat d’arrêt, reconnaissant que la municipalité de New York ne disposait pas, à elle seule, de l’autorité juridique nécessaire pour exécuter le mandat de la CPI, tout en encourageant le gouvernement fédéral américain à agir. Les États-Unis ne reconnaissent toutefois pas la compétence de la Cour pénale internationale et s’opposent à ses poursuites visant des criminels israéliens.
Le nouveau maire de New York, Zohran Mamdani s’est montré particulièrement critique à l’égard de la politique israélienne à Gaza, allant jusqu’à qualifier Israël de « régime d’apartheid » et à dénoncer une campagne militaire qu’il considère comme un génocide.
La perspective d’une arrestation de Benjamin Netanyahu aux États-Unis a, en tout état de cause, été écartée par le président Donald Trump, qui a assuré que le Premier ministre israélien « ne sera pas arrêté, sous quelque forme que ce soit », tant qu’il se trouve aux États-Unis.
L’éventuelle présence de Benjamin Netanyahu à New York devrait ainsi raviver, en septembre, les tensions autour de la guerre à Gaza, de la compétence de la CPI et des relations entre Washington, Israël et les institutions judiciaires internationales.
Le génocide se poursuit à Gaza
L’armée israélienne a tué dimanche le chef de la Direction de la sécurité intérieure du centre de la bande de Gaza ainsi qu’un autre officier lors d’une frappe aérienne visant leur véhicule à Deir al-Balah.
Malgré l’entrée en vigueur d’un cessez-le-feu le 10 octobre 2025, l’armée israélienne a poursuivi ses attaques quotidiennes, faisant au moins 1 200 morts et 3 888 blessés supplémentaires, selon le ministère de la Santé de Gaza. Depuis octobre 2023, la guerre génocidaire israélienne a laissé la zone assiégée palestinienne en ruines, tandis que les 2,4 millions d’habitants de Gaza continuent de faire face à une crise humanitaire catastrophique.