Un nouveau sondage de CBS News/YouGov révèle qu'une majorité d'électeurs se disent « frustrés » et « incertains » face à la guerre contre l'Iran. Près des trois quarts d'entre eux estiment que le conflit s'est avéré bien plus difficile que prévu par le président américain, Donald Trump, un désaveu public près de cinq mois après le lancement d'une guerre que Washington avait promise rapide et décisive.
Menée du 22 au 24 juillet auprès de 2 193 adultes américains, l'enquête montre que 58 % des répondants se disent « incertains » et 57 % « frustrés ». Seuls 19 % se montrent optimistes, contre 36 % « pessimistes ».
75 % des personnes interrogées estiment que la guerre a été plus difficile que prévu par l'administration Trump. Seuls 4 % la trouvent plus facile.
Dans son ensemble, ce sondage met en lumière une opinion publique qui a le sentiment d'être délibérément maintenue dans l'ignorance quant à la réalité du conflit.
Les Américains déclarent ne toujours pas recevoir d'informations fiables sur la situation quotidienne dans le détroit d'Ormuz, un sentiment qui perdure malgré plusieurs mois de combats.
Une majorité des personnes interrogées estime par ailleurs que le président Donald Trump « embellit la réalité » de la guerre, ce qui révèle un fossé de crédibilité grandissant entre la Maison-Blanche et l'opinion publique qu'elle prétend représenter.
La majorité souhaite la fin de la guerre
Malgré la prétention de l'administration Trump à obtenir de nouvelles concessions de Téhéran, une majorité d'Américains préfèrent toujours mettre fin à la guerre plutôt que de la poursuivre.
Ce sentiment est particulièrement marqué chez les jeunes électeurs, bien plus enclins que les plus de 65 ans à souhaiter l'arrêt des combats.
Les agressions militaires américaines qui se sont poursuivies après la signature du mémorandum d'entente de juin que l’administration elle-même avait salué comme une avancée majeure ont contribué à compliquer davantage le paysage politique.
Concernant les répercussions économiques de la guerre sur le territoire américain, la moitié des personnes interrogées affirme que le prix de l'essence est devenu une difficulté, voire une véritable épreuve. Les perturbations persistantes dans le détroit d'Ormuz, axe stratégique du commerce mondial des hydrocarbures, sont perçues comme un facteur direct de la hausse des prix du carburant à la pompe.
Les personnes les plus durement touchées par la flambée des prix de l'énergie sont également les plus enclines à désapprouver l'intervention militaire.
Une large majorité déclare que leurs revenus ne suivent pas le rythme de l'inflation et la plupart estiment que les tentatives du président américain pour faire baisser les prix sont insuffisantes.