Des milliers de personnes ont assisté, à Minab, au cortège funèbre d’enfants dont les dépouilles ont récemment été extraites des décombres d’une école pour filles touchée le premier jour de la guerre américano-israélienne contre l’Iran.
Ce sont ainsi plus de 68 restes humains appartenant à 34 élèves tués lors de l’attaque aérienne américaine contre l’école primaire Shajareh Tayyebeh de Minab qui ont été identifiés grâce à des analyses ADN, puis inhumés — près de cinq mois après cette attaque qui a coûté la vie à 168 personnes, dont une majorité d’enfants.
Les dépouilles, retrouvées au terme de plusieurs semaines d’opérations de recherche à l’école et dans ses environs, ont été transportées mercredi dans les rues de la province de Hormozgan lors d’un cortège funèbre avant d’être inhumées au cimetière des Martyrs de la ville.
Des parents endeuillés et de nombreux habitants s’étaient auparavant rassemblés sur le lieu où les cercueils étaient préparés afin de faire leurs derniers adieux aux restes de leurs enfants.
Mojtaba Qahramani, chef du pouvoir judiciaire de la province de Hormozgan, a déclaré que, malgré de multiples opérations de recherche spécialisées menées dans l’école et ses alentours, aucune trace de Makan Nasiri, un élève de première année âgé de sept ans, n’avait été retrouvée. Il demeure la seule victime dont le corps reste introuvable.
M. Qahramani a déclaré à l’agence de presse Fars que le missile américain avait frappé directement l’endroit où se trouvait Makan au moment de l’impact.
Une tombe symbolique a été aménagée pour le jeune garçon, tandis que ses effets personnels, notamment un pull taché de sang et une chaussure de sport, sont exposés dans une vitrine d’une mosquée voisine.
Ses parents ont passé des mois à rechercher le moindre indice permettant de retrouver leur fils. « Où suis-je censé chercher mon fils ? », avait demandé son père, les yeux embués de larmes, lors d’une interview accordée plus tôt cette année.
L’attaque du 28 février contre l’école Shajareh Tayyebeh a eu lieu le premier jour de l’agression militaire américano-israélienne contre l’Iran. Il s’agit de l'attaque la plus meurtrière ayant visé des civils durant ce conflit.
L’attaque a fait 168 morts, dont 120 élèves et 26 enseignants. Plus de 110 personnes ont également été blessées. Les autorités locales ont indiqué que les nouvelles opérations de recherche avaient permis de retrouver d’autres restes appartenant aux 34 élèves identifiés, mais qu’aucune trace de Makan Nasiri n’avait encore été découverte.
L’enquête a établi que trois missiles de croisière Tomahawk avaient frappé l’école, touchant directement l’établissement à trois reprises.
L’attaque a suscité une vague de condamnations de la part des Nations Unies et d’organisations de défense des droits humains. « Les familles des enfants tués ont le droit de connaître la vérité sur ce qui s’est passé », avait déclaré Ravina Shamdasani, porte-parole du Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme.
Plusieurs mois après la frappe, le Pentagone refuse toujours de mener à son terme l’examen standard des renseignements qui permettrait d’établir précisément les circonstances de l’attaque, selon plusieurs responsables américains et des médias.
L’armée américaine a achevé les deux premières phases de son évaluation quelques jours après la frappe, confirmant que ses forces avaient bien touché l’école. En revanche, l’examen final des renseignements — procédure habituellement engagée lorsqu’un incident entraîne un grand nombre de victimes civiles — n’a jamais été ordonné.
Selon plusieurs informations, de hauts responsables militaires américains auraient ignoré des avertissements figurant dans des bases de données de ciblage essentielles, signalant que les renseignements relatifs aux cibles iraniennes étaient largement obsolètes. Cette décision aurait été prise au nom de « l’efficacité », les commandants ayant cherché à finaliser rapidement les listes de cibles au début du conflit.
Dans une interview à Fox News, le président américain a déclaré que les conclusions de l’enquête pourraient ne jamais être rendues publiques. « Je ne pense pas que quiconque puisse un jour dire ce qui s’est réellement passé là-bas », a-t-il déclaré. Interrogé sur des images satellites montrant des fragments d’un missile Tomahawk américain sur le site, Donald Trump a suggéré que ces images pourraient avoir été « générées par une intelligence artificielle ».
Plus d’une vingtaine de sénateurs démocrates ont réclamé des explications, estimant qu’« il n’existe aucune justification pour retenir la publication d’un rapport non classifié expliquant ce qui s’est passé, ce qui a mal tourné et les mesures que le ministère entend prendre afin qu’un tel drame ne se reproduise plus ».