L'Iran a condamné le bombardement par l'Arabie saoudite de l'aéroport international de Sanaa, affirmant que cette attaque constitue un exemple flagrant de la violation du droit international et de la souveraineté nationale du Yémen.
Le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Esmaïl Baghaï, a fait ces déclarations lundi, après que le Yémen a promis de riposter à la frappe saoudienne, déclarant terminée une trêve de quatre ans conclue entre le royaume et le mouvement de résistance populaire Ansarallah.
Il a également dénoncé l'attaque comme une « violation flagrante du droit international et de la Charte des Nations Unies, ainsi qu'un mépris de la souveraineté nationale et de l'intégrité territoriale du Yémen ».
Il a ajouté que la frappe va à l'encontre des efforts visant à instaurer la paix et la stabilité et est incompatible avec l'accord de trêve de 2022 et les accords ultérieurs destinés à prévenir toute nouvelle escalade.
« Des actes de provocation et des actions dangereuses telles que l'attaque contre un aéroport civil et la mise en péril de la sécurité d'un avion de ligne constituent une violation flagrante du droit aérien international et sont catégoriquement inacceptables », a ajouté M. Baghaï.
Parallèlement, le porte-parole a averti que de telles « actions irresponsables » compromettent le processus politique yéménite, ainsi que les efforts déployés pour parvenir à une solution pacifique à la crise dans ce pays de l'Asie de l’Ouest.
Il a également affirmé la volonté de la République islamique d’Iran d'apporter toute assistance nécessaire pour faire progresser le processus politique au Yémen et mettre en œuvre la feuille de route visant à instaurer une paix et une stabilité durables dans ce pays.
Plus tôt lundi, le bureau politique d'Ansarallah a déclaré dans un communiqué que le régime saoudien, dans une dangereuse escalade, avait bombardé l'aéroport international de Sanaa pour tenter d'empêcher la délégation du gouvernement du changement et de la construction de rentrer au pays, « une tentative qui a effectivement échoué ».
Cette attaque aérienne, a-t-il souligné, trahit la volonté de Washington de maintenir le blocus injuste imposé au Yémen depuis onze ans.
Depuis plus d'une décennie, le Yémen est en proie à un conflit impliquant Ansarallah, ainsi que des groupes armés rivaux soutenus par l'Arabie saoudite et les Émirats arabes unis.
L’Arabie saoudite a lancé une guerre dévastatrice au Yémen en mars 2015, sans toutefois parvenir à y installer un régime qui lui soit favorable. En 2022, Riyad a conclu un cessez-le-feu avec Ansarallah.
La guerre a plongé le Yémen dans une crise humanitaire, et la situation s’est encore aggravée ces dernières années après les frappes meurtrières menées par Israël et les États-Unis à travers le pays pour entraver la campagne pro-palestinienne.