Le vice-ministre iranien des Affaires étrangères, Kazem Gharibabadi, a qualifié de « frauduleuses » la décision de l’Union européenne d’imposer des sanctions à des personnalités et institutions iraniennes, en raison de la situation dans le détroit d’Ormuz, dans le contexte de l’agression américano-israélienne contre la République islamique d’Iran.
Lundi, l’Union européenne a annoncé des sanctions visant deux ressortissants iraniens ainsi qu’une unité du Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI), en lien avec la situation dans le détroit d’Ormuz.
« Les agissements de l’Iran sont inacceptables. En réponse, les États membres ont approuvé des sanctions contre des entités et des personnes iraniennes impliquées dans les perturbations du transit par le détroit d’Ormuz », a déclaré Kaja Kallas, haute représentante de l’UE pour les affaires étrangères et la politique de sécurité.
Réagissant à cette décision, le vice-ministre iranien des Affaires étrangères chargé des affaires juridiques et internationales, Kazem Gharibabadi, a dénoncé une « manœuvre frauduleuses», estimant qu’elle intervient au moment où « les États membres de l’Union violent gravement les droits du peuple iranien, tandis que l’Union est restée délibérément silencieuse face au blocus naval américain contre l’Iran, considéré comme un acte de guerre ».
Soulignant que l’Iran n’est pas signataire de la Convention des Nations unies sur le droit de la mer, le responsable a affirmé que « le régime juridique invoqué par l’Iran dans le détroit d’Ormuz est celui du passage inoffensif, fondé sur le droit international coutumier et sur le respect des impératifs de sécurité maritime de l’État côtier ».
Il a minimisé la portée des nouvelles mesures européennes, déclarant que « l’Iran n’accorde aucune valeur à cette démarche politique et hypocrite de l’Europe et poursuivra sa stratégie de préservation de sa souveraineté et d’exercice de ses droits souverains sur le détroit d’Ormuz ».
À la suite de la dernière agression américano-israélienne contre l’Iran, Téhéran a fermé le détroit d’Ormuz à ses ennemis et à leurs alliés. Les autorités iraniennes ont par ailleurs renforcé de manière significative les contrôles après l’annonce, par le président américain Donald Trump, d’un blocus visant les navires et les ports iraniens.
Téhéran affirme que le blocus américain viole les termes d’un cessez-le-feu négocié par le Pakistan, entré en vigueur le 8 avril et prolongé unilatéralement par Washington.
La République islamique d’Iran maintient qu’elle ne rouvrira pas le détroit d’Ormuz, par lequel transite près d’un cinquième des approvisionnements mondiaux en pétrole et en gaz, tant que le blocus illégal ne sera pas levé et que la guerre ne sera pas définitivement terminée.