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Téhéran tient les États-Unis pour responsables de l'escalade régionale

US Rep. Ilhan Omar (D-MN) (L) talks with Speaker of the House Nancy Pelosi (D-CA) during a rally with fellow Democrats before voting on H.R. 1, or the People Act, on the East Steps of the US Capitol on March 08, 2019 in Washington, DC. (AFP photo)
Esmaïl Baghaï, porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères.

Le ministère iranien des Affaires étrangères estime que les États-Unis portent la responsabilité de l’escalade dans la région, car « le régime israélien n’agit pas sans coordination préalable avec Washington ».

« Personne dans notre région ne peut croire que le régime sioniste puisse entreprendre quoi que ce soit sans s’être préalablement concerté avec les États-Unis et sans leur coopération », a déclaré ce lundi 8 juin, Esmaïl Baghaï, le porte-parole du ministère, lors d’une conférence de presse à Téhéran.

« N’oublions pas que si les États-Unis ont déclenché la guerre contre l’Iran, c’était dans le but de soutenir le régime sioniste », a noté le responsable en référence aux agressions américano-israéliennes contre le pays.

« Nous disposons actuellement de renseignements indiquant que les États-Unis coordonnent leurs actions avec le régime tant sur le plan offensif que défensif. Certains diront peut-être que le régime sioniste n’écoute pas les États-Unis, mais la responsabilité de ces derniers, en tant que partie prenante au cessez-le-feu, est indéniable » a souligné le porte-parole de la diplomatie iranienne.

« La responsabilité des États-Unis est claire, et les conséquences de toute escalade incomberont aux États-Unis », a déclaré M. Baghaï.

Le 7 avril, le président américain Donald Trump a annoncé un cessez-le-feu unilatéral lors de la dernière vague d’agressions, dans un contexte marqué par des représailles iraniennes décisives et couronnées de succès. En vue d’un éventuel protocole d’accord avec Washington, l’Iran a alors exigé la fin des agressions sur tous les fronts, y compris au Liban. Néanmoins, le régime israélien a poursuivi ses attaques incessantes contre le Liban, dont la dernière en date a visé la banlieue de Beyrouth.

En représailles, les forces armées iraniennes ont mené des frappes contre les territoires occupés. Selon des médias israéliens, ces frappes ont déclenché les sirènes d’alarme dans plusieurs régions, notamment dans le plateau du Golan occupé, à Tibériade, Safed, Nazareth et Haïfa.

Le Corps des gardiens de la Révolution islamique (CGRI) a également lancé l’Opération Nasr (Victoire), prenant pour cible les bases aériennes stratégiques de Nevatim et Tel Nof en représailles aux frappes de missiles sur des sites radar iraniens.

Le processus diplomatique affecté par les récents développements

Plus loin dans ses propos le haut responsable iranien a évoqué les répercussions des frappes israéliennes sur les relations bilatérales et la perspective de nouvelles négociations entre l’Iran et les États-Unis.

« Les déclarations de Washington qui nie avoir eu connaissance au préalable de l’attaque contre le Liban laissent supposer soit une tromperie israélienne, soit une coordination entre Washington et Israël. Compte tenu de l’expérience passée, la seconde option est la plus probable », a-t-il affirmé.

« Ces faits ne feront certainement qu’attiser la méfiance. Nos échanges avec les États-Unis se déroulent d’ores et déjà dans un climat de profonde méfiance », a-t-il fait remarquer.

« Il est impossible de dissocier les agissements du régime dans la région des politiques américaines. Les revirements et les déclarations contradictoires des États-Unis ont par eux-mêmes entravé le processus diplomatique. Les événements de ces dernières 24 heures ne feront qu’aggraver cette situation instable. »

Israël et les États-Unis doivent stopper leurs agressions 

M. Baghaï a par la suite déclaré : « Nous agirons assurément autant que nécessaire et en fonction de nos intérêts nationaux et de notre sécurité. En aucun cas, nous ne laisserons le régime sioniste et les États-Unis poursuivre leurs actes d’agression au quotidien. »

Il a ajouté que les autorités islamiques iraniennes et le peuple iranien sont prêts à faire face à toute situation.

« La diplomatie et le champ de bataille sont complémentaires et œuvrent de concert pour garantir les intérêts de l’Iran. Les forces armées interviendront et les diplomates se rendront là où cela s’avérera nécessaire. »

Les actions de l’Iran sont purement défensives

L’Iran a fait preuve d’une « retenue extraordinaire » au cours des deux derniers mois et a fait face à des violations répétées du cessez-le-feu.

« Ce qu’a fait l’Iran hier soir était une action purement défensive et conforme à la Charte des Nations Unies », a-t-il souligné. « Nos forces armées démontreront concrètement comment elles défendent l’intégrité territoriale de l’Iran. »

Israël est fondamentalement opposé à la diplomatie et au calme

En réaction aux articles de presse supposant que Tel-Aviv avait espionné les États-Unis, Baghaï a déclaré que « rien n’est surprenant de la part du régime sioniste. Le régime ne croit en aucun processus diplomatique susceptible d’apporter même un semblant de paix ».

« Si vous examinez les agissements du régime, vous constaterez qu’il a toujours agi ouvertement comme une force perturbatrice. Ce différend devrait être réglé par le régime et les États-Unis. L’opinion publique tirera les leçons nécessaires de ces rapports quant à l’entité qui œuvre activement à saboter le processus diplomatique. »

La question nucléaire ne fait pas partie du processus diplomatique

Réagissant aux informations selon lesquelles l’Iran aurait « accepté » de transférer de l’uranium enrichi hors du pays, il a déclaré que tout engagement diplomatique était « exclusivement axé sur la fin de la guerre. Le reste des discussions en cours ne sont que spéculations médiatiques. »

Il a ajouté que si la phase actuelle aboutissait, la question du nucléaire pourrait faire partie des sujets abordés lors d’éventuelles négociations futures.

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SOURCE: FRENCH PRESS TV