Une manifestation a été organisée, vendredi 5 juin, devant le tribunal judiciaire de Paris pour dénoncer la répression des voix soutenant la Palestine en France, après la condamnation d’une étudiante de l’université Paris 1, nommée Téba.
La procédure avait suscité une forte mobilisation d’organisations étudiantes et pro-palestiniennes, qui dénoncent une criminalisation croissante des soutiens à la Palestine en France.
« On apporte notre soutien à Téba comme à tous les réprimés pour leur soutien à la Palestine », a déclaré Maëlle, militante de la Fédération syndicale étudiante (FSE), interrogée par l’agence de presse turque Anadolu.
« Ce n’est pas la première, ce n’est pas la dernière qui sera condamnée pour son soutien à la Palestine », a-t-elle poursuivi, estimant qu’« il est primordial qu’on fasse tous un front commun, un front uni face à la répression avec l’ensemble des organisations pro-palestiniennes ».
La militante a affirmé que les soutiens de l’étudiante resteraient à ses côtés après cette décision de justice. « On ne va pas la laisser seule face à son jugement », a-t-elle déclaré, rappelant que plusieurs rassemblements avaient été organisés depuis le début de l’affaire.
Avant l’annonce du jugement, Olivia Zémor, présidente d’EuroPalestine, avait également participé au rassemblement organisé devant le tribunal judiciaire de Paris.
« Il y a un nouveau rassemblement pour l’étudiante de la Sorbonne, Téba, qui a été poursuivie en justice pour apologie de terrorisme alors qu’elle n’a absolument rien fait », a-t-elle déclaré.
Olivia Zémor estimait que le report du délibéré, initialement attendu en mai, pouvait traduire selon elle un manque d’éléments à charge. « Peut-être parce que le procureur ou les juges manquaient de suffisamment d’arguments pour la condamner », a-t-elle affirmé.
La présidente d’EuroPalestine a également dénoncé ce qu’elle considère comme une répression croissante des mobilisations étudiantes et militantes pro-palestiniennes.
« Les institutions universitaires, que ce soit la Sorbonne, Sciences Po ou d’autres villes, sont aux ordres du pouvoir », a-t-elle déclaré, accusant les autorités de « réprimer tous les soutiens à la Palestine ».
Elle a aussi évoqué d’autres poursuites judiciaires visant des militants engagés pour la cause palestinienne, mentionnant notamment le syndicaliste et militant Anasse Kazib, convoqué devant la justice le 25 juin.
« Il y a tellement de gens qui sont poursuivis pour cette histoire d’apologie de terrorisme qui ne tient pas la route », a-t-elle déclaré, estimant qu’une loi antiterroriste adoptée en 2014 était aujourd’hui utilisée contre des militants politiques et associatifs.
Olivia Zémor, elle-même poursuivie en justice dans une autre affaire liée à son soutien à la Palestine, a affirmé que ces procédures judiciaires ne décourageaient pas les mobilisations.
L’affaire porte sur l’exclusion de plusieurs étudiantes d’un groupe Instagram de promotion créé par Téba à l’université Paris 1, ainsi qu’un message mentionnant des « sionistes » accompagné d’un drapeau palestinien. Durant l’audience, l’étudiante avait contesté toute motivation antisémite, expliquant avoir réagi après avoir constaté que certaines étudiantes suivaient des comptes pro-israéliens qu’elle considérait comme radicaux.
L’affaire Téba intervient dans un contexte de multiplication des convocations policières, procédures judiciaires et sanctions administratives visant des étudiants, syndicalistes, militants et responsables associatifs engagés en faveur de la Palestine depuis le déclenchent de la guerre à Gaza en octobre 2023. Les organisations de soutien dénoncent une instrumentalisation des accusations d’apologie du terrorisme ou d’antisémitisme contre des militants pro-palestiniens.