Alors que les États-Unis réévaluent leur présence militaire en Europe et revoient leurs priorités stratégiques partout dans le monde, de nouvelles discussions autour de leur présence nucléaire sur le continent se dérouleraient actuellement en toute discrétion, comme le rapporte The Financial Times.
D’après le quotidien britannique, qui cite trois sources au fait des consultations en cours, l’administration américaine étudie la possibilité d’élargir son programme de partage nucléaire à d’autres pays européens membres de l’OTAN.
Le Financial Times rapporte que Washington aurait accepté d’examiner l’éventualité d’une extension du dispositif au-delà des six États disposant déjà d’aéronefs aptes à emporter des armes nucléaires. Les échanges restent toutefois confidentiels et pourraient ne donner lieu à aucun changement des arrangements actuellement en vigueur.
Toujours selon le journal, ces consultations se déroulent dans un climat de préoccupation croissante parmi les alliés européens. Plusieurs d’entre eux craignent en effet une diminution de la présence militaire américaine sur le continent, alors que l’administration du président américain Donald Trump envisagerait de réorienter une partie de ses ressources vers l’Asie ainsi que vers d’autres zones stratégiques.
Les sources citées par Le Financial Times estiment que de telles discussions ont pour objectif de réaffirmer la « pérennité » du parapluie nucléaire américain, tout en renforçant la pression exercée sur les États européens afin qu’ils accroissent les investissements consacrés à leurs capacités conventionnelles.
Par ailleurs, plusieurs États du flanc oriental de l’OTAN manifesteraient un intérêt pour l’accueil d’avions américains à double capacité, notamment la Pologne ainsi que les pays baltes.
À l’heure actuelle, le programme de partage nucléaire de l’OTAN associe l’Allemagne, la Belgique, l’Italie, les Pays-Bas, le Royaume-Uni et la Turquie. Les armes nucléaires américaines déployées en Europe restent sous contrôle et protection des États-Unis, tandis que toute décision concernant leur utilisation relève exclusivement de Washington.
Ces discussions interviennent dans un contexte de réflexion plus large sur la dissuasion nucléaire en Europe. Début mars 2025, le président français Emmanuel Macron a annoncé l’ouverture de « débats stratégiques » sur la possibilité d’associer davantage les alliés européens à la protection offerte par l’arsenal nucléaire français. La diplomatie russe avait alors dénoncé des signes de « chantage nucléaire » ainsi que les ambitions de Paris de devenir le « parrain » nucléaire du Vieux Continent. Moscou avait également indiqué qu’elle prendrait ces déclarations en compte dans sa planification de défense.