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France : la suppression de 1 500 postes chez Michelin fait craindre un effet domino dans plusieurs secteurs

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Un ouvrier de l'usine Michelin de Saint-Doulchard, dans le centre de la France, vu à travers un pneu, le 27 octobre 2022. ©AFP

Face à un contexte économique instable et à des coûts élevés, le groupe Michelin prévoit de supprimer jusqu’à 1 500 emplois en France sur trois ans, principalement dans les fonctions tertiaires. Un plan de départs volontaires qui ravive les inquiétudes sur la compétitivité tricolore.

Derrière l’annonce de Michelin de la suppression de plus d’un millier de postes, c’est toute la fragilité de l’industrie française qui refait surface dans un environnement mondial chaotique. Pour les salariés du groupe auvergnat, le coup est rude et fait craindre pour l’avenir de l’entreprise.

Une décision qui interroge la compétitivité française

Le groupe clermontois, qui emploie 17 000 personnes en France, a présenté le 28 mai aux syndicats un projet d’adaptation des effectifs sur la base du volontariat.

« Dans un environnement mondial marqué par une concurrence internationale accrue, de fortes tensions macroéconomiques et géopolitiques, le groupe Michelin poursuit ses efforts pour améliorer durablement sa performance », explique le communiqué du fabricant de pneumatiques.

Le groupe évoque également le « contexte national » : coûts de production élevés, notamment du travail et de l’énergie, ainsi qu’une pression fiscale parmi les plus fortes des pays industrialisés.

Les deux tiers des suppressions concerneraient les fonctions tertiaires (siège, R&D, services), un tiers l’industrie. Aucun départ contraint n’est prévu, avec un accompagnement individualisé : mobilité interne ou externe, reconversion et formation.

Michelin insiste sur son attachement à la France, où il a investi près de 4 milliards d’euros ces dix dernières années, et prévoit de continuer à recruter.

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L’Union générale des ingénieurs, cadres et techniciens (Ugict-CGT) relaie : « Face à un environnement instable et à des crises récurrentes, Michelin envisage jusqu’à 1 500 suppressions de postes en France d’ici à 2029. »

Cette nouvelle salve intervient après les fermetures des usines de Vannes et de Cholet en 2024-2025 (1 254 postes supprimés). Elle fait craindre un effet domino dans l’automobile, la chimie ou le BTP, alors que de nombreux groupes français subissent la concurrence chinoise, les tensions géopolitiques (Asie de l’Ouest, droits de douane américains) et une perte de parts de marché à l’international.

Symbole d’une industrie autrefois exemplaire pour sa politique sociale, avec notamment un « salaire décent », la décision de Michelin est perçue comme une douche froide. Les syndicats, de la CFDT à la CGT, dénoncent un ajustement structurel permanent, tandis que les observateurs pointent les freins franco-français : fiscalité, normes et coût du travail.

Pierre Papon, de la CFDT, syndicat pourtant ouvertement hostile à la préférence nationale, déplore sur RMC : « Cela fait des années que l’Europe fait entrer des pneus à bas coût, qu’ils soient chinois ou indiens ; cela a forcément un impact sur la production française. »

Le groupe maintient que la France reste stratégique, avec son siège, son centre de R&D et 13 sites industriels. Mais cette annonce renforce le sentiment d’un déclin industriel progressif, dans un pays où les grands groupes réalisent l’essentiel de leurs profits à l’étranger tout en réduisant la voilure en France.

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SOURCE: FRENCH PRESS TV