Le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, a averti que toute nouvelle frappe américaine contre l’Iran reviendrait à « jouer avec le feu » et entraînerait de « graves conséquences ».
Il s’est exprimé lors d’une interview accordée à la chaîne saoudienne Al-Arabiya, diffusée mercredi, au lendemain de négociations indirectes entre l’Iran et les États-Unis à Genève, en Suisse, consacrées au programme nucléaire iranien.
« Les conséquences ne sont pas bonnes. Il y a déjà eu des frappes contre l’Iran sur des sites nucléaires placés sous le contrôle de l’Agence internationale de l’énergie atomique », a déclaré Lavrov, en faisant référence à l’agression israélo-américaine menée en juin 2025 contre la République islamique d’Iran. « D’après ce que nous pouvons constater, il existait de réels risques d’incident nucléaire [...] chacun comprend que c’est jouer avec le feu », a-t-il ajouté.
Mardi, l’Iran et les États-Unis ont tenu, au consulat général d’Oman à Genève, le deuxième cycle de négociations nucléaires indirectes. Comme lors du précédent cycle à Mascate, les discussions ont principalement porté sur le dossier nucléaire et sur la levée des sanctions américaines que Téhéran juge illégales.
À l’issue des pourparlers, le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a indiqué que les deux parties s’étaient accordées sur un ensemble de principes directeurs destinés à ouvrir la voie à de futures négociations.
Par ailleurs, un haut responsable américain, cité par Reuters, a affirmé que l’Iran devrait présenter une proposition écrite afin de résoudre son différend avec Washington à l’issue des discussions de Genève.
Ces déclarations interviennent alors que les responsables américains de la sécurité nationale procèdent à un examen de l’état de préparation militaire régional, avec un déploiement complet des forces prévu d’ici la mi-mars.
Les États-Unis soutiennent que l’Iran doit mettre un terme à son programme nucléaire, tandis que Téhéran affirme ne pas chercher à se doter d’armes nucléaires et revendique son droit à l’énergie nucléaire à des fins pacifiques.
Dans le reste de son entretien, Sergueï Lavrov a indiqué que plusieurs acteurs régionaux, notamment des pays arabes et des États riverains du golfe Persique, souhaitaient éviter toute nouvelle escalade. Selon lui, ces pays adressent à Washington des messages appelant à la retenue et à la conclusion d’un accord qui respecte les « droits légitimes » de l’Iran, notamment la poursuite d’un programme d’enrichissement nucléaire à des fins pacifiques.
Il a également mis en garde contre le risque qu’une nouvelle confrontation compromette les progrès diplomatiques récents, y compris l’amélioration des relations entre l’Iran et certains voisins comme l’Arabie saoudite. Moscou, a-t-il précisé, reste en contact étroit avec Téhéran et estime que l’Iran souhaite résoudre le différend dans le respect du Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires. Le chef de la diplomatie russe a souligné que tout accord futur devait pleinement respecter les droits légitimes de l’Iran.
Téhéran affirme que son droit à l’utilisation pacifique de l’énergie nucléaire est inhérent et inaliénable, et qu’aucune pression politique ne saurait y porter atteinte.
L’Iran figure parmi les signataires initiaux du TNP, qu’il a signé le 1er juillet 1968. Le Parlement iranien l’a ratifié en février 1970, et le traité est ensuite entré en vigueur pour le pays. Conformément aux dispositions du TNP, l’Iran est reconnu comme un État non doté de l’arme nucléaire. Il s’est engagé à ne pas développer ni acquérir d’armes nucléaires, tout en conservant le droit de mener des activités nucléaires à des fins pacifiques dans le cadre des garanties internationales.