Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a déclaré que le droit de l’Iran à l’énergie nucléaire pacifique est « inhérent et non négociable », tout en confirmant qu’une « nouvelle fenêtre d’opportunité » s’est ouverte pour la diplomatie avec les États-Unis.
Araghchi a tenu ces propos lors d’un discours prononcé ce mardi 17 février à la Conférence de l’ONU sur le désarmement, quelques minutes après la conclusion d’un deuxième cycle de négociations indirectes avec des responsables américains à Genève.
Pour défendre le programme nucléaire civil de Téhéran, Araghchi a souligné que le Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires (TNP) reconnaît explicitement le droit inaliénable des États de produire et d’utiliser l’énergie nucléaire.
« Ce droit est inhérent, non négociable et juridiquement contraignant », a déclaré Araghchi. « Il n’est soumis à aucune condition politique et ne peut être suspendu ni réinterprété arbitrairement », a-t-il ajouté.
Le ministre iranien des Affaires étrangères a réaffirmé que les armes nucléaires n’ont « aucune place » dans la doctrine de sécurité iranienne, invoquant des préceptes religieux et la doctrine défensive du pays, qui interdit les armes de destruction massive.
Il a toutefois averti que des accords durables ne peuvent être conclus que par le biais d’« engagements mutuels et équilibrés ».
Araghchi a remercié les « pays amis de la région », notamment Oman, d’avoir facilité la reprise des échanges diplomatiques.
« Une nouvelle fenêtre d’opportunité s’ouvre et nous espérons que les négociations aboutiront à une solution durable », a-t-il déclaré.
Condamnation de l’agression américano-israélienne
Le discours d’Araghchi contenait aussi des critiques acerbes à l’égard des puissances occidentales, et plus particulièrement des États-Unis, pour leur retrait de l’accord de Vienne en 2018 et leur participation à l’agression contre l’Iran en juin 2025.
Araghchi a qualifié les attaques contre les installations nucléaires iraniennes de « crimes de guerre » et a accusé les États-Unis de « collusion avec un État non partie au TNP », une allusion faite à Israël en tant qu’entité non membre du TNP.
Il a par ailleurs condamné ce qu’il a qualifié de « deux poids, deux mesures » concernant les capacités nucléaires d’Israël et ses actions militaires régionales, affirmant que le silence des institutions internationales quant à de telles violations signale une « grave érosion du régime mondial de non-prolifération ».
Le ministre iranien des Affaires étrangères a évoqué ensuite les complexités techniques des inspections qui suivront les frappes militaires de 2025.
Il a souligné avoir eu des discussions techniques lundi avec Rafael Grossi, directeur général de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA).
Araghchi a fait remarquer que les attaques contre des installations protégées étant « totalement inédites », l’Iran et l’Agence travaillent à identifier un « cadre mutuellement convenu » pour les inspections, afin que ce cadre tienne compte de l’état actuel des installations.
Il a enfin exhorté la Conférence du désarmement à surmonter sa « paralysie » persistante et à entamer des négociations sur une convention globale sur les armes nucléaires.
« Le choix qui s’offre à nous est clair : soit nous démantelons les armes nucléaires, soit elles finiront par nous démanteler », a-t-il averti.