Le président Emmanuel Macron a insisté sur le fait que les citoyens français qui combattent pour Israël ne peuvent être qualifiés de « génocidaires », alors que des juges français ont lancé des poursuites judiciaires contre des ressortissants également détenteurs de passeports israéliens, accusés d’aider Israël dans son agression contre Gaza.
S’exprimant sur les ondes de Radio J, Emmanuel Macron a déclaré que les Français qui possèdent également un passeport israélien sont des « enfants de la France » qui ne doivent jamais être accusés de génocide.
« Nous ne pouvons pas accepter, nous ne devons jamais accepter que l’un de nos enfants, qu’un Français, soit accusé de génocide », a-t-il souligné. « C’est impossible, et cela représente un renversement des valeurs auquel nous ne devons pas céder. »
Face à la pression juridique croissante, Macron a en outre affirmé que « certaines personnes qui ont parfois joué un rôle actif dans la lutte antiraciste, des personnes qui ont défendu des causes, ont utilisé, déformé ce qui se passe à l’échelle internationale pour tenter de déshumaniser, d’essentialiser » leurs concitoyens français qui possèdent également un passeport israélien.
Le 3 février, les autorités françaises ont émis des mandats d’arrêt exigeant que deux Françaises, également détentrices de passeports israéliens, comparaissent devant un juge d’instruction pour « complicité de génocide », elles auraient tenté d’empêcher l’acheminement de l’aide humanitaire vers la bande de Gaza assiégée pendant l’agression génocidaire menée par Israël.
Les mandats, cependant, n’ordonnent pas leur arrestation.
Ces femmes, nées en France et vivant désormais dans les territoires palestiniens occupés, sont Nili Kupfer-Naouri, dirigeante du groupe « Israël est éternel », et Rachel Touitou, une militante liée à Tsav 9, un groupe d’extrême droite formé par les familles de colons israéliens.
Des plaintes ont été déposées par le Centre palestinien pour les droits de l’homme, Al-Haq et Al-Mezan concernant l’obstruction directe de l’aide humanitaire vitale entre 2023 et 2025.
En juin 2024, le département d’État américain a désigné Tsav 9 comme un « groupe extrémiste israélien violent qui bloque, harcèle et endommage des convois transportant une aide humanitaire vitale aux civils palestiniens à Gaza ».
Des poursuites judiciaires supplémentaires ont visé deux soldats français combattant pour Israël, Sasha A et Gabriel BH, accusés dans une plainte déposée en juillet par une ONG de crimes de guerre, crimes contre l’humanité et génocide pour avoir tué des dizaines de civils palestiniens non armés en dehors des zones de combat en 2023 et 2024, selon Le Monde.
Les données militaires israéliennes indiquent que plus de 6 100 ressortissants français ont servi dans l’armée pendant le génocide.
Parallèlement, Francesca Albanese, rapporteuse spéciale des Nations Unies pour le territoire palestinien occupé, a réprimandé Macron en écrivant : « Nous ne qualifions pas quelqu’un de criminel ou de génocidaire en fonction de sa nationalité : il appartient aux tribunaux d’en décider. »
Elle a également souligné que toute personne servant dans l’armée et soupçonnée de crimes peut faire l’objet d’une enquête, de poursuites et d’une condamnation si les preuves le justifient.