Dans un message adressé à l’occasion de la Journée nationale du chahid (18 février), le président algérien a salué « les femmes et les hommes qui ont légué au peuple algérien les valeurs de la glorieuse Révolution », réaffirmant que cet anniversaire est l’occasion de « perpétuer, avec reconnaissance et fierté, le devoir de fidélité et de constance sur la voie tracée, alors que nous continuons à relever les défis de l’étape actuelle afin de parachever la marche que nous avons amorcée ensemble depuis le début de la décennie ». Abdelmadjid Tebboune a insisté sur une Algérie engagée « dans une dynamique de développement durable ».
« Ce qui a été accompli n’est qu’un gage de fidélité envers les martyrs, à la mémoire desquels nous nous inclinons, en cette occasion, avec déférence, et un témoignage de la conscience permanente de la confiance du peuple, dont les espoirs et les aspirations demeurent tournés vers la marche vers la promesse du pays émergent », a affirmé Abdelmadjid Tebboune, présentant la stabilité politique et les projets économiques comme un prolongement moral de la lutte passée.
La Journée du Chahid demeure ainsi un moment central de cohésion nationale, où mémoire historique et ambitions contemporaines se rejoignent.
Sans nommer directement la France, le discours présidentiel rappelle que la souveraineté actuelle s’enracine dans ces sacrifices.
Cette commémoration renvoie en effet à une histoire marquée par 132 années de colonisation française, depuis la prise d’Alger en 1830 jusqu’à l’indépendance de l’Algérie en 1962. Le président Tebboune évoque donc implicitement les souffrances endurées au cours de cette période, marquée par des confiscations de terres, un système d’inégalités juridiques et une répression violente des mouvements nationalistes.
L’un des épisodes les plus marquants reste les massacres du 8 mai 1945 à Sétif, Guelma et Kherrata, où la répression menée par les autorités coloniales françaises fit entre 15 000 et 45 000 morts, selon les historiens.
La guerre d’indépendance (1954-1962) constitue l’aboutissement de ce long affrontement. Les autorités algériennes estiment à près d’1,5 million le nombre de victimes algériennes pendant la guerre, tandis que la pratique de la torture, les déplacements forcés de populations et les bombardements de villages ont profondément marqué la mémoire collective.