L’affaire Epstein connaît un nouveau rebondissement en France. Après la révélation des liens entre le diplomate français Fabrice Aidan et Jeffrey Epstein, le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, a décidé de saisir la justice, tandis que l’Assemblée nationale a refusé la mise en place d’une commission d’enquête. Ceci ravive les débats sur les ramifications françaises d’un scandale international impliquant élites et abus sexuels.
Les informations récemment divulguées dans les affaires Epstein mettent en lumière des relations préoccupantes entre un haut fonctionnaire français et le pédocriminel américain. Ces éléments ont conduit à une réaction judiciaire immédiate, contrastant avec une forme d’inertie au sein de l’Assemblée.
Le nom du diplomate Fabrice Aidan apparaît plus de 200 fois dans les documents rendus publics par la justice américaine. En poste aux Nations Unies à New York, détaché par le Quai d’Orsay, il aurait échangé des dizaines de courriels avec Jeffrey Epstein entre 2010 et 2017. Il aurait fourni des informations diplomatiques, des rapports de l’ONU et même des services personnels, comme trouver la pointure de chaussures pour un contact. Bien que ces échanges ne le lient pas directement aux crimes sexuels d’Epstein, ils soulèvent des questions sur une éventuelle complaisance.
Le scandale pourrait être d’autant plus grand que depuis sa mise en cause en 2013, le diplomate a multiplié les postes prestigieux, selon Mediapart.
Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, a réagi promptement mardi 10 février dans la soirée en saisissant l’appareil judiciaire pour « signaler les faits présumés ». Sur X, il a déclaré : « Je diligente par ailleurs une enquête administrative pour contribuer au travail de la justice et lance une procédure disciplinaire ».
Engie, où Aidan occupe des fonctions depuis sa mise en disponibilité, l’a suspendu immédiatement, invoquant des éléments relayés par les médias. Cette affaire s’ajoute à d’autres révélations françaises. Jack Lang, ancien ministre français de la Culture, a démissionné de la présidence de l’Institut du monde arabe après des soupçons de liens financiers avec Epstein via une société offshore impliquant sa fille Caroline.
Le Parquet national financier enquête pour blanchiment de fraude fiscale aggravée. D’autres personnalités, notamment des proches du président français, Emmanuel Macron, sont évoquées sans preuves formelles de proximité.
Du côté parlementaire, la présidente de l’Assemblée nationale, Yaël Braun-Pivet, s’oppose à une commission d’enquête demandée par La France insoumise (LFI). Sur Europe 1, elle a affirmé que cela empiéterait sur la justice, affirmant : « La commission d’enquête parlementaire ne doit pas être en concurrence avec la justice ».
Des internautes voient dans cette démarche une compromission liée au passé de la présidente de la Chambre basse qui a travaillé dans le même cabinet d’avocat que celui qui a défendu le pédocriminel américain.
Cette position indigne LFI : la députée Mathilde Panot présidente de ce groupe à l’Assemblée s’est indignée : « pour empêcher la manifestation de la vérité, Yaël Braun-Pivet est une experte », rappelant des précédents comme l’affaire Benalla.
Tandis que la Norvège enquête sur un couple de diplomates lié à Epstein, et que le Royaume-Uni connaît des démissions en cascade, la France oscille entre action ciblée et passivité.
En Europe, l’onde de choc touche la Suède, la Slovaquie et au-delà, questionnant la transparence des élites.