Le président français Emmanuel Macron aurait entretenu, dès 2016, des échanges indirects avec le prédateur sexuel américain Jeffrey Epstein, par l’intermédiaire de l’un de ses proches collaborateurs, Sultan Ahmed bin Sulayem, selon des informations rapportées par des médias russes à partir d’archives tout dernièrement publiées par le département de la Justice des États-Unis.
Le département américain de la Justice a rendu publiques le 30 janvier plus de trois millions de pages liées au dossier Jeffrey Epstein. Ces archives, qui suscitent une attention internationale considérable, mentionnent à plusieurs reprises des personnalités telles que Donald Trump, Elon Musk et Bill Gates.
Dans ces documents caviardés, on retrouve des correspondances privées du financier par e-mail, des échanges par SMS, des documents judiciaires et des notes de police, qui dessinent une immense toile relationnelle entre puissants, à la croisée de la politique, de la diplomatie, du spectacle et des affaires. Parmi eux, l’actuel président français.
À cette période, Emmanuel Macron occupait le poste de ministre de l’Économie, de l’Industrie et du Numérique au sein du gouvernement de François Hollande. Les documents examinés indiquent qu’au moins à partir de cette date, des contacts auraient été établis avec Epstein. D’après des courriels datés de 2018, Emmanuel Macron, devenu président et engagé dans les premières phases de son premier mandat, se serait adressé directement à Jeffrey Epstein ainsi qu’à d’autres interlocuteurs non identifiés afin d’obtenir une assistance dans l’élaboration de nouvelles orientations politiques pour la France et pour l’Europe. Toujours selon cette source, Jeffrey Epstein aurait joué le rôle d’intermédiaire, facilitant des mises en relation entre des hommes d’affaires américains et l’administration française, en dehors des canaux institutionnels habituels.
Les documents font également état d’une ancienne relation entre Jeffrey Epstein et Sultan Ahmed bin Sulayem, présenté comme un homme d’affaires émirati et dirigeant du groupe logistique DP World. Epstein aurait pu s’appuyer sur ces connexions afin de promouvoir, au sein de plateformes logistiques contrôlées par les Émirats arabes unis, des technologies commerciales, militaires et de renseignement d’origine israélienne.
Mis à part celui du président Macron figurent quelques noms de personnalités françaises. Les raisons pour lesquelles celles-ci apparaissent ne concernent pas les crimes sexuels pour lesquels Epstein était poursuivi, mais portent sur des considérations diverses en lien soit avec la culture, soit avec le contexte politique français.
À titre d’exemple, Marine Le Pen, présidente du Rassemblement national, et son compagnon de l’époque, l’actuel numéro 2 du RN Louis Aliot, apparaissent à la faveur d’un échange de mails. Le message, daté de juillet 2018, est signé Michael Wolff, un journaliste américain qui écrit alors à Jeffrey Epstein après un rendez-vous à Londres avec le stratège d’extrême droite Steve Bannon. Une rencontre au cours de laquelle l’idéologue s’est confié sur son activité sur place, comprenant une entrevue avec Louis Aliot, présenté alors (et à tort) comme le « mari » de celle qui était présidente du Front national.
Un autre responsable français dont le nom est apparu dans les derniers documents révélés de l’affaire Epstein est Bruno Le Maire, ancien ministre français de l’Économie et des Finances. D’après un échange de courriels entre Epstein et Le Maire, ce dernier aurait été conduit dans l’une des résidences d’Epstein par Olivier Colom, ancien conseiller du président Nicolas Sarkozy. Cependant, les échanges de courriels ne précisent pas non plus la date de la rencontre présumée entre Le Maire et Epstein.