L’ancien Premier ministre irakien, Nouri al-Maliki, a déclaré que son retrait de la course au poste de Premier ministre mettrait en péril la souveraineté de l’Irak, soulignant qu’il ne se retirerait que si la principale alliance chiite, majoritaire au Parlement, le lui demandait.
Mardi, dans un entretien à la chaîne de télévision irakienne Al-Sharqiya, M. Maliki qui répondait à une question sur l’éventualité d’un retrait si sa candidature venait à porter atteinte aux intérêts nationaux, Nouri al‑Maliki a affirmé qu’il serait « naturellement prêt à se retirer ». Il a toutefois estimé qu’un retrait à ce stade « porterait atteinte à la souveraineté de l’Irak » et affaiblirait toute décision future du pays, précisant qu’il entendait maintenir sa candidature « jusqu’au bout ».
Al‑Maliki a déclaré qu’il est un citoyen irakien et que sa candidature au poste de Premier ministre de l’Irak a été proposée par une institution irakienne, à savoir le Cadre de coordination. Il a souligné qu’il n’était donc pas envisageable pour lui de se retirer à la demande d’un pays étranger en allusion à la menace formulée la semaine dernière par le président américain, Donald Trump, selon laquelle si al-Maliki venait à être choisi comme prochain Premier ministre, Washington retirerait son « soutien » à Bagdad.
M. Maliki a rejeté la menace dans un message sur X, condamnant « l’ingérence américaine flagrante dans les affaires intérieures de l’Irak ».
Dans un communiqué publié samedi, le Cadre de coordination a réaffirmé « son soutien à son candidat, Nouri al-Maliki, au poste de Premier ministre ».
« Le choix du Premier ministre relève exclusivement de la compétence constitutionnelle irakienne […] et ne doit subir aucune ingérence étrangère », peut-on lire dans le communiqué.
Nouri al-Maliki a été Premier ministre d’Irak de 2006 à 2014 et vice-président de 2014 à 2015, puis de 2016 à 2018. Il dirige actuellement le mouvement politique du Parti islamique Dawa.
Figure importante de la scène politique irakienne, il entretient des liens étroits avec diverses factions, notamment des partis liés aux Unités de mobilisation populaire, qui s’opposent à toute ingérence étrangère dans les affaires du pays. Elles ont été créées en 2014 pour lutter contre le groupe terroriste takfiriste Daech et ont par la suite été intégrées aux forces armées irakiennes.
Le Premier ministre Mohammed Shia al-Sudani a décidé de ne pas briguer un second mandat, une décision qui devrait profondément redessiner le paysage politique irakien.