Le Cadre de coordination irakien, le plus grand bloc parlementaire du pays, a annoncé avoir proposé la candidature de Nouri al-Maliki au poste de Premier ministre.
Dans un communiqué publié samedi par l'agence de presse irakienne, le Cadre de coordination a indiqué que cette décision faisait suite à une réunion élargie de sa direction, au cours de laquelle les développements politiques actuels et la prochaine phase du processus ont été abordés.
Le bloc a précisé que la nomination a été faite à la majorité des voix après une discussion approfondie et exhaustive, désignant al-Maliki comme candidat du cadre.
Le bloc a mis en avant l’expérience politique et administrative d’al-Maliki ainsi que son rôle dans la gestion des affaires de l’État; ce qui l'a poussé à soutenir sa candidature.
Al-Maliki a été Premier ministre d'Irak de 2006 à 2014 et vice-président du pays de 2014 à 2015, puis de 2016 à 2018. Il dirige actuellement le mouvement politique du Parti islamique al-Dawa.
Le Cadre de coordination a réaffirmé son plein engagement envers la voie constitutionnelle, en soulignant sa volonté de collaborer avec toutes les forces politiques nationales pour former un gouvernement fort et efficace, capable de relever les défis, de fournir des services et de préserver la sécurité ainsi que l’unité de l’Irak.
Le communiqué appelait également le Conseil des représentants irakien à convoquer une session pour élire un président de la République conformément au calendrier constitutionnel, afin de satisfaire aux dernières exigences constitutionnelles.
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Cette annonce intervient alors que des informations font état de menaces proférées par les États-Unis à l'encontre de responsables irakiens. Selon quatre sources proches du dossier, qui l'ont récemment indiqué à Reuters, les États-Unis ont menacé d'imposer des sanctions financières à l'État irakien, notamment en restreignant potentiellement son accès aux revenus pétroliers vitaux, si certaines factions politiques étaient incluses dans le prochain gouvernement.
D'après trois responsables irakiens et une autre source, le message a été transmis à plusieurs reprises au cours des deux derniers mois par le chargé d'affaires américain Joshua Harris à des personnalités irakiennes de haut rang, dont le Premier ministre Mohammed Chia al-Soudani, le haut dignitaire religieux Ammar al-Hakim, chef de l’Alliance Fatah au Parlement, ainsi que le responsable kurde Masrour Barzani.
Selon ces sources, les États-Unis ont averti que l'inclusion d'un groupe de 58 députés ciblés par Washington entraînerait une suspension des relations diplomatiques et l'arrêt des transferts de dollars.
L'Irak, l'un des principaux producteurs de pétrole en Asie de l’Ouest, conserve ses recettes pétrolières sur un compte de banque centrale ouvert auprès de la Réserve fédérale de New York.
Bien que les administrations américaines aient déjà sanctionné des banques individuelles en Irak, une suspension des transferts de dollars provenant des revenus pétroliers constituerait une escalade dramatique, notent les observateurs.
« La position américaine était claire : ils suspendraient toute relation avec le nouveau gouvernement si l'un de ces 58 députés était nommé au sein du cabinet », a déclaré un responsable irakien. « Ils ont précisé que cela signifiait qu'ils ne traiteraient plus avec ce gouvernement et qu'ils suspendraient les transferts de dollars. »