En marge de la réunion du gouvernement, ce mercredi 28 janvier, le directeur de l’Organisation iranienne de l’énergie atomique (OIEA), Mohammad Eslami, a mis en garde le directeur général de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), Rafael Grossi, contre l’utilisation d’un langage menaçant, l’exhortant à agir dans le cadre légal de son mandat.
« Nous attendons de M. Grossi qu’il n’utilise pas un tel langage », a déclaré Eslami, en référence aux récents commentaires du directeur de l’AIEA concernant l’engagement de la République islamique d’Iran envers le Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires (TNP).
« Il est le directeur général de l’AIEA, une entité définie par les Nations Unies, et son statut lui impose clairement ses devoirs. Nous attendons de lui qu’il respecte ses obligations légales dans ses propos et ses rapports. », a-t-il indiqué.
Ces remarques ont été formulées à la suite de l’interview de la semaine dernière de Grossi avec l’agence de presse Reuters, dans laquelle il a déclaré que l’AIEA avait inspecté 13 installations nucléaires déclarées qui n’avaient pas été ciblées lors de l’agression israélo-américaine de juin 2025. Toutefois, il a ajouté que l’agence n’avait pas pu accéder aux trois sites clés qui avaient été pris pour cible lors des mêmes frappes.
Grossi a déclaré que l’Iran devait respecter ses obligations en tant que partie au Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires. « Cela ne peut pas continuer ainsi longtemps sans que je sois malheureusement contraint de déclarer l’Iran en situation de non-respect », a-t-il lancé.
Ailleurs dans ses remarques, M. Eslami a déclaré que l’AIEA doit d’abord clarifier sa position sur les attaques de juin 2025 avant d’exiger des inspections des installations bombardées.
La réglementation de l’AIEA prévoit des protocoles pour les catastrophes naturelles dans les installations nucléaires, cependant, l’agence ne dispose d’aucune procédure claire en cas d’attaques militaires, a poursuivi le directeur de l’OIEA, en affirmant : « L’Agence doit annoncer ses procédures relatives aux attaques militaires afin que nous puissions agir en conséquence ».
À noter que Grossi s’est notamment abstenu de condamner ou de critiquer l’agression américano-israélienne de juin.
Par ailleurs, M. Eslami a abordé le dernier développement du programme nucléaire iranien, accusant les puissances occidentales de tenter d’entraver les progrès technologiques du pays.
Il a déclaré que les pays développés, notamment les États-Unis, accordent une priorité au développement nucléaire dans leurs stratégies de sécurité nationale. « Lorsque ces domaines sont considérés comme des priorités stratégiques pour leur propre progrès, il est du droit naturel de la nation iranienne de donner également la priorité à ces technologies », a-t-il ajouté.
« Le même document récemment signé et publié par le président américain [Donald Trump] place le développement de la technologie nucléaire et de l’IA au sommet de ses priorités », a déclaré M. Eslami.
D’après les termes du directeur de l’OIEA, l’Iran poursuivra ses programmes en fonction de ses intérêts nationaux et ne tolérera aucune stagnation de son développement technologique malgré les pressions extérieures.