L'administration du président américain Donald Trump envisage de limiter le déploiement des caméras corporelles pour des agents de l'Immigration et des Douanes (ICE) et de réduire les effectifs de surveillance au sein du Département de la Sécurité intérieure (DHS), compromettant ainsi la transparence lors des opérations renforcées.
Dans son projet de budget pour l'exercice 2026, l'administration Trump recommandait de réduire le financement du programme de caméras corporelles de l'ICE d'environ 75 %, le faisant passer de 20,5 millions de dollars à 5,5 millions de dollars, alors que l'intensification des contrôles d'immigration a entraîné des manifestations et des incidents mortels.
L’administration prévoyait de conserver les 4 200 caméras existantes, mais de réduire le personnel de soutien de 22 à trois, qualifiant cette approche de plus « rationnelle ».
Lancé en 2024 à titre expérimental dans cinq villes, dont Baltimore et Philadelphie, le programme visait à équiper les agents de caméras considérées comme essentielles à la responsabilisation des forces de l'ordre.
Les caméras corporelles fournissent des preuves vidéo pouvant corroborer ou contester les versions officielles des incidents d'usage de la force, un élément fondamental des efforts de réforme de la police.
Pourtant, l'administration Trump a résisté à un déploiement plus large du personnel d'immigration, allant à contre-courant des tendances générales.
Cette position coïncide avec un renforcement considérable des mesures de répression, soutenu par un financement de 170 milliards de dollars du Congrès, impliquant le déploiement d'agents dans les villes à travers les États-Unis.
À Minneapolis, deux fusillades mortelles, celles de la manifestante Renee Good et de l'infirmier en soins intensifs Alex Pretti, ont provoqué l'indignation.
Des vidéos filmées par des témoins contredisent les affirmations du DHS selon lesquelles les individus en questions auraient provoqué les incidents.
Des membres de l'administration, dont Stephen Miller, ont qualifié Pretti de « terroriste intérieur » peu après sa mort.
Une porte-parole de la Maison Blanche a salué le courage des agents de l'ICE, qualifiant leurs actes d'« héroïques », tout en critiquant leurs détracteurs, qui selon elle, soutiennent les criminels.
Par ailleurs, début 2025, près de 300 employés de contrôle répartis dans trois bureaux de surveillance du DHS ont été placés en congé payé, paralysant les enquêtes pour abus.
Une action en justice soutient que cette mesure a de facto démantelé ces bureaux sans l'approbation du Congrès.
Le Bureau de l'Ombudsman des centres de détention pour immigrants, par exemple, a vu ses effectifs passer de plus de 100 employés à quelques-uns seulement, ce qui a entraîné la chute spectaculaire du nombre de plaintes.
Le projet de loi de finances adopté par la Chambre des représentants américaine a rejeté l'intégralité des coupes budgétaires proposées, allouant 20 millions de dollars à l'installation de caméras dans les centres de l'ICE et du CBP (Service des douanes et de la protection des frontières des États-Unis) sans en imposer le déploiement.
L'adoption du projet de loi par le Sénat reste incertaine et certains démocrates menacent de bloquer les fonds du DHS en l'absence de restrictions sur les mesures d'application.
Les défenseurs des droits civiques estiment que ces actes nuisent à la transparence lors des opérations renforcées. Le DHS n'a fait aucun commentaire sur les modifications apportées au contrôle ni sur l'état d'avancement du programme.