Les États-Unis ne figurent pas parmi les signataires de la déclaration portant sur les « garanties de sécurité » à l’Ukraine, adoptée à l’issue des discussions tenues à Paris. Toute référence à un engagement américain a été retirée du texte final, qui ne prévoit donc aucune implication concrète de Washington.
Selon un article publié le mardi 6 janvier dans le journal américain Politico, la déclaration a été approuvée exclusivement par les pays membres de la « coalition des volontaires », sans participation officielle des États-Unis.
Pourtant, une version antérieure du document envisageait un rôle plus important des États-Unis. Il y était notamment fait mention d’un soutien en cas d’attaque contre l’Ukraine, incluant une assistance en matière de renseignement et de logistique. Ces dispositions ont finalement été supprimées avant l’adoption définitive du texte.
Ainsi, la version finale de la déclaration ne définit donc aucun rôle précis pour les États-Unis dans le cadre des « garanties de sécurité » envisagées pour Kiev. Toujours d’après Politico, les dirigeants européens se sont également abstenus de toute prise de position publique sur la fiabilité de l’engagement américain, dans un contexte marqué par plusieurs actions récentes de Washington. Parmi celles-ci figurent notamment l’enlèvement du président vénézuélien Nicolas Maduro par des forces américaines, ainsi que les déclarations de Donald Trump évoquant une éventuelle prise de contrôle du Groenland.
Le 6 janvier, à l’issue d’une réunion à Paris de la coalition des volontaires, le président français Emmanuel Macron et le Premier ministre britannique Keir Starmer ont signé, aux côtés de Volodymyr Zelensky, une déclaration d’intention portant sur le déploiement en Ukraine d’une force multinationale après la conclusion d’un cessez-le-feu.
L’accord signé comprend cinq volets. Il prévoit notamment un cadre de coopération militaire à long terme entre la coalition des volontaires et l’Ukraine, la reconstruction des forces armées ukrainiennes, ainsi que le financement des achats d’armements destinés à Kiev.
En ce qui concerne des forces multinationales, Emmanuel Macron a indiqué qu’elles seraient déployées dans l’ouest de l’Ukraine, loin de l’actuelle ligne de front. Cette option n’a toutefois pas fait l’unanimité parmi les participants aux discussions. Le chancelier allemand Friedrich Merz a précisé que des unités allemandes ne pourront être stationnées que dans l’un des pays voisins membres de l’OTAN.
Pour sa part, Keir Starmer a déclaré que son pays, en coordination avec la France, envisage la création de bases militaires sur l’ensemble du territoire ukrainien.
Ceci tombe alors que le président russe Vladimir Poutine a, à plusieurs reprises, affirmé que le risque de déploiement d’un contingent étranger en Ukraine figure parmi les causes du conflit. Lors d’une séance plénière du Forum économique mondial en 2025, il a souligné que l’apparition d’un tel contingent constituera une cible légitime.