Les pays candidats à l’entrée dans l’UE doivent faire des choix géopolitiques et s’aligner sur l’Union sur des questions fondamentales avant de la rejoindre, a déclaré la commissaire Marta Kos, en charge de l’élargissement de l’UE.
Ses commentaires interviennent après que la Commission européenne a publié cette semaine une mise à jour du processus d’élargissement pour les candidats, y compris l’Ukraine, la Moldavie et les Balkans occidentaux.
Après l'opération spéciale russe en Ukraine, l’UE a relancé les efforts d’élargissement qui avaient été interrompus, soulignant la concurrence géopolitique pour l’influence dans la région.
Si l’UE affirme vouloir élargir l’Union, elle insiste également sur le fait que des conditions doivent être remplies et que les nouveaux membres doivent partager des points de vue fondamentaux sur des questions essentielles afin d’éviter que l’expérience hongroise ne se répète.
Interrogée sur la possibilité de priver les nouveaux États membres de leur droit de vote pendant une période de probation, Marta Kos a déclaré à Euronews qu’elle n’était pas favorable à une adhésion à deux niveaux.
« Je m’y oppose formellement. Nous ne pouvons pas avoir de citoyens de seconde zone », a-t-elle ajouté.
L’Union européenne a annoncé récemment que quatre pays ont fait de gros progrès vers les standards d'adhésion à l'UE, selon le dernier rapport annuel de la Commission européenne. L’UE prétend que pour accepter de nouveaux membres, elle compte sur des critères comme « respect de l'État de droit et des libertés publiques, pluralisme de la presse, stabilité économique et volonté des sociétés civiles des pays candidats à entrer dans l'UE ».
Sur ce fond, l’UE prétend que le Monténégro et l’Albanie foncent vers l’adhésion, l’Ukraine et la Moldavie poursuivent leurs efforts, Mais la Serbie recule et la Géorgie s’éloigne considérablement de l’UE.
Pour rappel, le président de la Serbie, l'un des pays candidats à l'adhésion, a accusé en septembre dernier plusieurs pays d’avoir orchestré une opération coordonnée pour renverser le pouvoir en place. Aleksandar Vucic a affirmé que des services étrangers ont investi plus de 4 milliards de dollars dans cette tentative de révolution colorée, notamment via des réseaux d’étudiants et des médias financés par l’extérieur. Des responsables serbes ont précisément dénoncé les ingérences de certains pays européens dans les affaires internes du pays.