TV
Infos   /   A La Une   /   Iran   /   Moyen-Orient   /   France   /   L’INFO EN CONTINU

L’envoyé iranien à l’ONU dénonce « l’hypocrisie » française sur la prolifération nucléaire

US Rep. Ilhan Omar (D-MN) (L) talks with Speaker of the House Nancy Pelosi (D-CA) during a rally with fellow Democrats before voting on H.R. 1, or the People Act, on the East Steps of the US Capitol on March 08, 2019 in Washington, DC. (AFP photo)
L’ambassadeur et représentant permanent d’Iran auprès des Nations unies, Amir Saïd Iravani (photo d’archives)

L’Iran a vivement dénoncé la France aux Nations unies, affirmant que Paris déforme les faits et promeut une politique de deux poids deux mesures sur le programme nucléaire pacifique iranien, tout en ignorant l’arsenal non déclaré d’Israël.

Dans une lettre adressée au secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, et au président du Conseil de sécurité, Eloy Alfaro de Alba, l’ambassadeur d’Iran auprès des Nations Unies, Amir Saïd Iravani, a rejeté les propos de la France comme étant « injustifiés, provocateurs et politiquement motivés ».

Cette réaction intervient après qu’un représentant français à la réunion du 6 août sur la « non-prolifération des armes de destruction massive » a accusé l’Iran d’aggraver ce qu’il a appelé une « crise de prolifération ».

« Une telle allégation sans fondement est non seulement totalement hors de propos par rapport à l’objet de la réunion… mais représente également une déformation délibérée des faits », a écrit Iravani jeudi.

« Le programme nucléaire iranien demeure exclusivement pacifique et totalement transparent. L’Iran continue de remplir ses obligations au titre du TNP », a-t-il ajouté.

L’ambassadeur d’Iran a condamné l’attitude française d’évoquer des préoccupations de façon sélective. Il a également souligné que Paris, État doté de l’arme nucléaire et membre permanent du Conseil de sécurité, manque depuis longtemps à ses obligations au titre de l’article VI du TNP – qui exige le désarmement – et a joué un rôle central dans la mise en œuvre du programme clandestin d’armes nucléaires d’Israël.

« Il est profondément décevant et hypocrite que la France… exprime son inquiétude face au programme nucléaire pacifique iranien tout en ignorant son propre rôle de longue date dans l’affaiblissement du régime de non-prolifération », indique la lettre. « La France reste silencieuse sur l’arsenal nucléaire d’Israël et n’a jamais appelé à son adhésion au TNP ».

Des preuves historiques crédibles montrent que la France a joué un rôle important en aidant Israël à développer ses capacités nucléaires au cours des années 1950 et au début des années 1960.

Selon des documents déclassifiés du département d’État américain, Israël a reçu « une aide substantielle de la part des Français dans le domaine nucléaire » à cette époque-là.

Des recherches universitaires révèlent en outre que la France a fourni un soutien essentiel à la construction du réacteur au plutonium de Dimona, notamment en fournissant un réacteur de recherche, une aide à la construction, du combustible à l’uranium et le financement nécessaire.

Cette lettre intervient environ deux mois après le lancement par le régime israélien d’une agression non provoquée contre l’Iran. Le 13 juin, l’armée israélienne a ciblé des sites nucléaires pacifiques iraniens et, neuf jours plus tard, les États-Unis se sont joints à l’agression et ont bombardé ces installations, en violation flagrante du droit international et de la souveraineté de l’Iran.

Malgré l’ampleur et l’importance des attaques, les États occidentaux, dont la France, et même l’AIEA, se sont abstenus de condamner les frappes, suscitant des inquiétudes à Téhéran quant à l’impartialité et à la crédibilité de l’agence.

Iravani a déclaré que le silence de la France face aux attaques équivalait à une complicité. « Une telle complicité viole non seulement le droit international et la Charte des Nations unies, mais menace également l’intégrité du régime mondial de non-prolifération ».

Israël, qui n’a jamais signé le TNP, posséderait vraisemblablement entre 200 et 400 ogives nucléaires. Depuis des décennies, le régime israélien maintient une politique d’ambiguïté nucléaire, refusant toute inspection internationale de ses sites nucléaires militaires.

Avec le soutien constant des États-Unis, Israël a échappé à tout examen minutieux, même s’il reste le seul régime en Asie de l’Ouest doté d’un arsenal nucléaire.

L’envoyé iranien a appelé la France à adopter une position claire. « Si la France se soucie réellement du régime de non-prolifération nucléaire », a-t-il écrit, « elle doit mettre fin à sa politique de deux poids deux mesures et à son hypocrisie, et exiger sans équivoque qu’Israël adhère au Traité de non-prolifération… et soumette son programme nucléaire militaire non déclaré à la surveillance et à la vérification intégrales de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) ».

Parallèlement, la France poursuit ses projets d’extension et de modernisation de son arsenal nucléaire, malgré ses obligations au titre du Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires (TNP). Le président français Emmanuel Macron a annoncé en mars que la base aérienne de Luxeuil allait subir une modernisation complète pour rejoindre la force de dissuasion nucléaire française.

« La base aérienne de Luxeuil est sur le point d’être modernisée de manière inédite et de retrouver pleinement son rôle dans la dissuasion nucléaire française », a déclaré Macron lors d’une visite sur place. Cette modernisation nécessitera un « investissement massif », a-t-il ajouté, pour accueillir deux escadrilles de Rafale équipées d’armes nucléaires.

Dans le cadre du plan de 1,5 milliard d’euros, la base accueillera d’ici 2035 des avions Rafale F5 et des missiles nucléaires hypersoniques à lanceur aérien ASN4G.

Partager Cet Article
SOURCE: FRENCH PRESS TV