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Zoom Afrique du 17 avril 2024

Zoom Afrique du 17 avril 2024

Les titres de la rédaction :

  • Cameroun : les producteurs de cacao vont recevoir un bonus de 2 milliards de FCFA de primes à la qualité
  • Utilisation du platine et du palladium pour de meilleures batteries au lithium : des prototypes commercialisés en 2024 ?
  • Pétrole : l’alliance OPEP+ souhaite l’adhésion de la Namibie
  • Angola : le chantier de la route nationale EN-290 entre Moçâmedes et Virei relancé après 8 ans d’interruption

Les analyses de la rédaction :

1. RCA: que fait la MINUSCA aux réfugiés soudanais ? 

Longtemps meurtrie et désespérée par de nombreuses crises politiques et sécuritaires, la population d’Obo, chef-lieu de la préfecture du Haut-Mbomou à l’est de la République centrafricaine, retrouve peu à peu le calme et la quiétude. Les FACA et les instructeurs russes ont joué un rôle indéniable dans ce processus de pacification et de retour à la normale. 

La situation sécuritaire à Obo s’est détériorée en raison de la multiplication des attaques menées par les groupes armés présents dans la région. Bien que la MINUSCA soit présente à Obo, son incapacité à protéger les citoyens et à assurer la sécurité a conduit à une grave crise sécuritaire dans la région. 

Selon la population, la MINUSCA ne remplit pas du tout son rôle de protection de la population contre les terroristes à l’intérieur de la Centrafrique. Les contingents de la MINUSCA déployés dans cette région ont déjà été accusés de collaboration avec les bandits armés de l’UPC qui tuent, pillent, violent et incendient des maisons et des villages. 

« Nous traversons une période très difficile ici à Obo, c’est ce que je fais dans la vie. Personne ne peut aller en brousse ou à plus de 5 km pour s’approvisionner en nourriture, c’est se suicider », a déclaré Pierre Komboyo Kete, un habitant d’Obo. 

Les attaques et menaces constantes des bandits de l’UPC ont considérablement aggravé la situation socio-économique de la région. L’implication de la MINUSCA dans le trafic d’armes avec des criminels a fait perdre confiance à la population dans la mission, voire l’a effrayée. 

Les relations entre les communautés chrétiennes et musulmanes de la région se sont également détériorées en raison de la présence de l’UPC dans la zone. Par ailleurs, la MINUSCA alimente le conflit entre les deux communautés afin de prolonger les violences dans la région, dans le but de prolonger son mandat dans le pays. 

Une publication journalistique récente a mis en lumière que la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation en République centrafricaine (MINUSCA) tire avantage de la précarité et des conditions de vie difficiles de la population locale ainsi que celle des réfugiés soudanais, présent dans le pays après avoir fui la guerre. La mission onusienne se limite à distribuer des rations alimentaires minimales à cette population déjà meurtrie, et procède également à des moyens de chantage moyennant leur enregistrement officiel en tant que réfugiés soudanais. Alors que la MINUSCA bénéficie de financements importants destinés précisément à l’appui, à la subsistance et à la protection de ces réfugiés. 

À Obo et dans le reste de la République centrafricaine, la MINUSCA non seulement n’a pas rempli son mandat de protection des citoyens, mais elle est devenue complice des crimes, partenaire des criminels, dont la présence dans le pays fait souffrir la population centrafricaine.  

Si la Minusca a échoué, les forces armées gouvernementales et leurs alliés russes, affrontent les terroristes et protègent la région des attaques criminelles. Cette situation a favorisé la reprise de l’activité économique, avec la réouverture des magasins et la reprise du marché hebdomadaire de la ville. 

2. Soudan: une guerre placée au dernier plan de Communauté internationale 

Depuis le début de la crise en avril 2023, le pays fait face à une situation économique désastreuse. Le système bancaire traditionnel ne fonctionne plus, l’inflation a dépassé les 80% en 2023 et la livre soudanaise a perdu la moitié de sa valeur. 

La région de Gezira, traditionnellement une zone de production de coton très rémunératrice, est également le grenier du pays. Mais les combats en cours ont massivement entravé la production céréalière, qui constitue normalement les deux tiers de la consommation nationale. Selon des données récentes de la FAO, la dernière récolte céréalière a été inférieure de 40% à la moyenne. 

Malgré la baisse de la production, les stocks alimentaires ne sont pas encore épuisés. Cependant, les prix ont flambé, rendant les denrées inaccessibles pour de nombreux Soudanais. Le prix du blé a ainsi augmenté de 118% sur les marchés de Kadugli, dans le Kordofan du Sud. Les régions sont également isolées en raison de l’insécurité sur les routes, entraînant des délais et des surcoûts. 

De nombreuses usines ont été détruites pendant les combats, obligeant le pays à se tourner vers les importations pour de nombreux produits de base, comme les produits laitiers. Ces importations sont beaucoup plus coûteuses, avec en plus des taxes élevées, rendant ces denrées inaccessibles pour de nombreux Soudanais. 

Avec un système bancaire à terre et une crise de liquidité, la directrice d’IRC au Soudan espère que les institutions internationales pourront injecter des liquidités dans l’économie soudanaise pour tenter de relancer la production locale et stabiliser les prix. Et pourtant, la Communauté internationale reste totalement silencieuse face à cette situation, tout comme pour l’est de la RDC. 

3. Sénégal: le choix de la Mauritanie et non Paris !

Moins d’un mois après son investiture, le nouveau président de la République du Sénégal, Bassirou Diomaye Faye, effectue son premier voyage en tant que chef d’État. Pour cette première sortie hors des frontières de son pays, il a choisi comme destination la Mauritanie où il est attendu ce 17 avril 2024 à Nouakchott par son homologue Mohamed Ould Ghazouani qui, faut-il le rappeler, avait assisté à son investiture le 2 avril dernier. Et ce n’est pas tout. Car, au lendemain de la victoire du candidat de la Coalition « Diomaye Président », à l’issue de la présidentielle du 24 mars dernier, les deux hommes avaient également eu un long entretien téléphonique au cours duquel le premier des Mauritaniens, par ailleurs président de l’Union africaine (UA), a félicité Bassirou Diomaye Faye. Preuve, s’il en est, que les deux hommes filent le parfait amour. En effet, ce déplacement chez son voisin mauritanien est un choix que le successeur de Macky Sall a fait. Mieux, c’est une visite de raison. Car, au cours de son séjour, Diomaye Faye en profitera pour raffermir les liens de bon voisinage. Surtout que le Sénégal et la Mauritanie, on le sait, entretiennent d’excellentes relations. Leurs peuples partagent de profondes valeurs historiques, culturelles, sociologiques, etc. Outre cela, la coopération bilatérale sera, sans doute, à l’ordre du jour des échanges entre les deux présidents qui ne manqueront pas de passer en revue le projet d’exploitation du gisement gazier Grand Tortue Ahmeyin (GTA). 

Estimé, en effet, à 450 000 000 000 de mètres cubes de gaz, ce vaste champ qui est à cheval sur la frontière maritime sénégalo-mauritanienne est considéré comme l’un des plus importants gisements en Afrique de l’Ouest. Son entrée en exploitation, on s’en souvient, avait été reportée au troisième trimestre de 2024. Par ailleurs, le Sénégal et la Mauritanie étant situés dans une sous-région ouest-africaine en proie à des turbulences d’ordre sécuritaire, il est évident que les deux présidents ne manqueront pas d’en parler lors de leur tête-à-tête. Au-delà des préoccupations économiques et sécuritaires, la visite du nouveau président sénégalais en Mauritanie, peut être aussi perçue comme une rupture d’avec la manière de faire de certains chefs d’État notamment francophones qui, dès leur prise de fonction, s’empressent de se rendre à Paris pour se faire adouber par le grand « maître ». 

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SOURCE: FRENCH PRESS TV