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Ras al-Aïn : le risque du clash entre forces syriennes et turques

US Rep. Ilhan Omar (D-MN) (L) talks with Speaker of the House Nancy Pelosi (D-CA) during a rally with fellow Democrats before voting on H.R. 1, or the People Act, on the East Steps of the US Capitol on March 08, 2019 in Washington, DC. (AFP photo)
Patrouille russe à Kobané, dans le nord-est de la Syrie, le 23 octobre 2019. ©

Est-ce le justificatif à un clash? Alors que les forces turques et syriennes sont entrées conjointement dans la ville de Ras al-Aïn, dans le nord-est de la Syrie, le ministère turc de la Défense annonce la mort de l'un de ses effectifs dans des «affrontements avec les miliciens kurdes». Cinq autres militaires turcs ont été blessés au cours de ces affrontements que la Turquie dit avoir été déclenchés «malgré le mémorandum de Sotchi» signé avec la Russie. 

Le ministère turc affirme que l'attaque contre ses militaires a eu lieu à coup de roquettes et que l'armée turque n'a pas hésité à riposter. Quelques heures avant cette annonce, les sources syriennes avaient fait état de l'entrée conjointe de l'armée syrienne et l'armée turque dans la ville d'Abu Racine, simultanéité qui pourrait élargir les risques d'un clash.  

Après avoir lancé une offensive d’envergure contre Abu Racine situé en banlieue de la ville de Ras al-Aïn, les forces de l’armée turque ont effectivement débarqué dans le village de Bab al-Kheir, selon l’agence de presse syrienne SANA. Simultanément, l’armée syrienne est aussi entrée dans le sud d’Abu Racine et poursuit son avancée en direction des frontières avec la Turquie, a ajouté SANA.

Située sur les frontières syro-turques à 85 km de la ville de Hassaké, la ville de Ras al-Aïn est considérée comme une région stratégique. Depuis le commencement de l’agression d’Ankara contre le Nord syrien, elle est devenue le théâtre d'affrontements entre les militaires turcs et les Forces démocratiques syriennes (FDS).

Les forces de l’armée syrienne ont franchi le samedi 26 octobre les frontières administratives de la ville de Ras al-Aïn et pour se rendre sur les frontières turques, elles se sont déployées dans huit villages situés sur la route Tal Tamar-Ras al-Aïn à savoir, al-Qassimiyat, al-Rashidiyat, al-Dawoudiyat, al-Aaziziyat, al-Zahrat, al-Sibatiyat, al-Jamiliyat, Kherbet al-Selem.

Stationnés dans la matinée du samedi 26 octobre sur les zones occidentales de Qamishli à Hassaké, les militaires syriens ont été accueillis dans la liesse par les habitants qui se voient désormais placés sous protection de l'armée syrienne.

La Turquie saura-t-elle tolérer le retour de l'armée syrienne? 

Samedi, le président turc a menacé de reprendre son opération militaire dans le Nord syrien si les forces kurdes ne quittaient pas la zone tampon qu'il a réussi à créer pour la Turquie à une profondeur de 30 kilomètres à l'intérieur de la Syrie : «Nous avons convenu avec la Russie, mais si, après 150 heures, les terroristes restent dans la zone agréée, nous continuerons de faire ce que nous devrions, nous allons prendre le contrôle de la zone et la nettoyer nous-mêmes. Nous ne nous asseyons pas à la table des négociations avec les terroristes », a-t-il dit visiblement en allusion à l'incident à Abu Racine. 

Un mémorandum russo-turc, précédemment signé par Erdogan et le président russe, Vladimir Poutine, stipule que dans 150 heures, la milice kurde serait retirée à une distance de 30 kilomètres de la frontière turque à l'ouest et à l'est de la zone d'opération. La date limite se termine à 18h00 heure locale (15h00 GMT) le 29 octobre. C'est sur fond de cet incident que les États-Unis ont annoncé le retour de leurs soldats à Hassaké pour ce qu'ils ont qualifié de mission de «protection des puits de pétrole». C'est dans ce contexte que l'Allemagne annonce vouloir envoyer des troupes dans le Nord syrien pour y créer une zone tampon internationale, l'idée encouragée par l'ONU. La fin du mémorandum de Sotchi pourrait aider une occupation définitive du Nord syrien par les troupes de l'OTAN en lieu et place des États-Unis. 

Le Conseil de l'Atlantique nord s’est réuni au niveau ministériel, les 24 et 25 octobre 2019 au siège de l’OTAN à Bruxelles, l’Allemagne, et la France ayant demandé une intervention militaire au nord-est de la Syrie, à la fois contre les forces syriennes et la Russie, en soutien aux forces kurdes. 

 

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SOURCE: FRENCH PRESS TV