L’armée syrienne, soutenue par les avions russes, a multiplié ses frappes contre les terroristes pro-Turquie et surtout les terroristes d’origine chinoise du Parti du Turkestan (PIT) déployées sur la frontière nord avec la Turquie, et ce, après les récentes frappes de l'armée turque et ses supplétifs contre les positions de l’armée syrienne à Hama et à Idlib. Une nouvelle évolution vient toutefois de se produire : pour la première fois depuis que l'armée syrienne a resserré l'étau autour des miliciens à Kabani, à Lattaquié, les avions russes ont passé à l'acte et bombardé ces hauteurs.
Cette frappe intervient quelques heures après un semblant d'ultimatum lancé par le président turc Erdogan à la Russie. Alors que Moscou ne cesse de multiplier les démarches au Liban et en Jordanie pour obtenir un retour des réfugiés syriens dans leur pays, Erdogan a posé une condition à ce retour : "la Turquie serait prête à y porter sa contribution à condition qu'une zone tampon soit formée sur les frontières syriennes avec la Turquie, au nord-est syrien". Erdogan va même jusqu'à avancer le chiffre d'un million de réfugiés qui seront rapatriés au cas où la Russie accepterait la formation de cette zone tampon; l'idée à laquelle Ankara travaille depuis 2011. Ankara a même fixé le chef-lieu de cette "zone tampon" à venir, Manbij qui devrait être géré à la fois par la Turquie et les Etats-Unis. La réponse russe n'a pas tardé de tomber. Les avions russes ont lancé mardi matin leurs premières frappes aériennes sur une zone au nord-est de Lattaquié.
Les avions Sukhoi de l’armée de l’air russe ont violemment pilonné le bastion des terroristes retranché à Kabani, situé juste à l’ouest de la province d’Idlib et de la plaine d’al-Ghaab, prenant ainsi de court les miliciens et leurs commanditaires. En effet l'annonce de l'extension des opérations vers le nord-ouest d'Idlib et le déploiement d'armes, renforts et munitions dans cette zone avaient quelque peu distrait les terroristes.
Auparavant, l’armée syrienne avait pris d’assaut Kabani dans l'objectif de s’emparer de la ville montagneuse et chasser les terroristes de Hayat Tahrir al-Cham et du Parti du Turkestan (PIT). Or le vaste soutien logistique des Etats-Unis et d'Israël et de l'armée turque ont nettement ralenti l'offensive.
Une grande frappe aérienne russo-syrienne a été lancée, ce mardi 25 juin, contre plusieurs sites contrôlés par les terroristes de Hayat Tahrir al-Cham dans le sud d’Idlib. Simultanément, l’armée syrienne a pilonné des repaires des terroristes à Kafr Sinjah, de Kafr Nabl, Maazita, Maarat Hurmah, Cheikh Mustafa et Hizareen, dans l’ouest d’Idlib. Les éléments de Hayat Tahrir al-Cham ont procédé à des actes de représailles et pris d’assaut certaines positions des forces gouvernementales à Muhradah et al-Suqaylabiyah.
Selon les observateurs la nouvelle exigence mise en avant par Erdogan reflète l'imbroglio que constitue désormais le conflit à Idlib. La partie est loin d'être facile à gagner par la Turquie et ses alliés. Alors que les "médias mainstream" ne cessent de s'apitoyer sur le sort des centaines de terroristes d'al-Nosra, du Parti du Turkestan (PIT) et d'Ahrar al-Cham qu'ils tentent sans cesse de faire passer pour les habitants d'Idlib, l'inattendu se produit. Les habitants de la province d’Idlib, sous occupation terroriste, multiplient les messages en direction de l'État et de l'armée syrienne à qui ils demandent d'accélérer leurs opérations. Ceci veut dire très clairement que la coalition Turquie/OTAN/États-Unis/Israël qui combat par terroristes interposés contre l'armée syrienne et la Russie et qui est parvenue à intimider un peu Moscou, pourrait connaître de très mauvaise surprise.
Le député syrien, Safwan Korabi, dénonçant les frappes de la Turquie contre l’armée syrienne à Idlib et à Hama, a assuré que la plupart des chefs militaires des groupes terroristes à Hama sont d’origine turque et que ce sont eux qui ont réuni les groupes terroristes et conçu leurs plans : « Une présence de telle ampleur de la Turquie sur le terrain est sans précédent ».
Les trois députés du gouvernorat d'Idlib au Parlement syrien ont fait état des contacts inhabituellement nombreux des habitants de la ville assiégée qui demandent le déclenchement de l'offensive et l’arrivée de l’armée nationale et de ses forces spéciales.
Dans une nouvelle vidéo publiée cette semaine, les forces du Tigre de l’armée syrienne détruisent un repaire des terroristes dans la campagne de Hama, dans le nord-ouest de la Syrie. La courte vidéo montre un membre due groupe Youssef Kanaan, faisant partie des forces spéciales Tigre, qui tire un ATGM, missile anti-char guidé sur ce repaire des terroristes.