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Instex : Zarif rappelle leur devoir aux Européens

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Le ministre iranien des Affaires étrangères, Mohammad Javad Zarif (D) et son homologue allemand, Haiko Mass, lors d'une conférence de presse conjointe le lundi 10 juin 2019 à Téhéran. ©Tasnim

« Personne ne pourra faire quoi que ce soit contre notre peuple, si ce n’est que notre réponse sera cinglante », a affirmé le ministre iranien des Affaires étrangères, recevant ce lundi 10 juin à Téhéran son homologue allemand qui a pourtant promis des efforts européens pour faire fonctionner le fameux système d'appui aux échanges avec l'Iran. Le ministre allemand des Affaires étrangères a affirmé que la position des trois pays européens, à savoir l’Allemagne, la France et le Royaume-Uni, consistait à soutenir l’accord sur le nucléaire iranien. « Nous allons essayer de mettre en oeuvre l’Instex, instrument de soutien aux échanges commerciaux avec l’Iran, dans le cadre des trois pays européens et même plus que cela », a affirmé Haiko Mass qui a pourtant ajouté qu’ils ne pourraient pas faire de miracle.

Lors d’une conférence de presse avec le ministre iranien des Affaires étrangères, le chef de la diplomatie allemande, Haiko Mass, a parlé de sa rencontre avec Zarif, au cours de laquelle ils ont abordé « divers sujets », rapporte l’agence de presse Tasnim.

Qualifiant de « névralgique » la situation sévissant actuellement dans la région du Moyen-Orient, Haiko Mass a ajouté qu’au cours de ses visites à Bagdad, Abou Dhabi et Amman, il a appris des responsables irakiens, émiratis et jordaniens, que « personne ne voulait une escalade de tensions dans la région ».

Mass a aussi et surtout affirmé avoir évoqué avec le ministre iranien des Affaires étrangères, Mohamamd Javad Zarif, des questions liées à l’accord signé en 2015 à Vienne au sujet du nucléaire iranien, connu sous le nom du Plan global d’action conjoint (PGAC) :

« Nous avons eu aujourd’hui un entretien intense sur le PGAC mais aussi sur les moyens de le faire survivre. La position des trois pays européens [que sont l’Allemagne, la France et le Royaume-Uni] consiste à soutenir le PGAC et nous souhaitons continuer à honorer nos engagements. Nous ne pourrons pas faire de miracle, mais nous essaierons de faire appliquer l’Instex dans le cadre des trois pays européens, voire plus. »

« L’Allemagne continue de soutenir le PGAC et nous croyons que l’Iran est censé pouvoir profiter des bénéfices qui pourraient en résulter, ce qui n’a pas encore été réalisé à cause du retrait américain de cet accord. Il relève du droit de l’Iran de pouvoir bénéficier des intérêts économiques prévus par le PGAC et nous aussi, nous souhaitons que dans le cadre de l’Instex, l’Iran puisse augmenter ses échanges commerciaux avec l’Europe et enregistrer une croissance sur le plan économique et commercial. »

D’après le ministre des Affaires étrangères allemand, l’Europe essaierait de pallier dans la mesure du possible le retrait américain du PGAC, afin que cet accord puisse rester en vigueur.

Le chef de la diplomatie allemande a également ajouté :

« Nous nous nous sommes également entretenus des questions régionales dont la Syrie et le Yémen. L’Allemagne tient à soutenir les efforts onusiens et nous avons la conviction que la solution de ces dossiers est politique, et pas militaire. Et nous allons négocier avec l’Iran à ces sujets, parce que l’Iran est un pays d’une grande influence régionale. »

Pour sa part, le ministre iranien des Affaires étrangères, Mohammad Javad Zarif, a évoqué en toute clarté les problèmes qui sont selon lui derrière les crises au Moyen-Orient :

« Le problème du Moyen-Orient vient de la politique d’agression du régime israélien et de l’appui inconditionnel de Washington à ces politiques. Au mépris du droit international, les États-Unis ont reconnu l’occupation, par Israël, de la noble Qods et du Golan, faisant fi de la politique d’oppression israélienne envers le peuple palestinien. Le problème de notre région est que les États-Unis, à travers un nouveau crime qu’est le Deal du siècle, entendent bafouer, totalement, les droits du peuple palestinien. Voici les questions qui posent problème pour notre région. »

Le ministre iranien des Affaires étrangères a affirmé avoir rappelé, lors de son entretien avec son homologue allemand, que Téhéran s’attendait juste à ce que les Européens appliquent le PGAC. Zarif a également affirmé avoir attiré l’attention des Européens sur les points 1, 2 et 3 de l’annexe numéro 2 de l’accord, ainsi que sur les déclarations issues des commissions conjointes du PGAC.

Zarif a aussi dénoncé les prétentions creuses israéliennes en faveur de la paix et de la sécurité régionales :

« Vous devriez plutôt demander des explications à ce régime détenteur de l’arme atomique ; comment M. Netanyahu pourrait-il se permettre de poser juste à côté de la centrale de Dimona, lieu même de la fabrication d’armes atomiques, et dire que l’Iran doit être détruit ? Et bien évidemment, personne ne pourra faire quoi que ce soit contre notre peuple, si ce n’est que notre réponse sera cinglante. Nous n’avons jamais commencé une guerre et ne le ferons jamais, mais au cas où un pays lancerait une guerre à notre encontre, ce pays, n’importe lequel, ne pourra pas être sûr de pouvoir terminer cette guerre. »

En ce qui concerne les tensions qui affectent la région, Zarif a rappelé que l’Iran avait toujours plaidé pour les dialogues régionaux. Mais étant donné que les tensions résultent aussi et surtout de l’approche moyen-orientale des États-Unis, tant que le président américain se vante d’avoir lancé une guerre économique contre l’Iran et tant que la guerre économique se poursuivra contre le peuple iranien, « ceux qui sont à l’origine de cette guerre, tout comme ceux qui la soutiennent, ne devront pas se sentir à l’abri », d’après le ministre iranien des Affaires étrangères. 

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SOURCE: FRENCH PRESS TV