Dans ce numéro de Zoom Afrique:
L’actualité en Afrique:
Les analyses de la rédaction:
Mali
Les attaques de déstabilisation du Mali continuent. Maintenant c’est 6 soldats maliens qui sont morts mardi dans l'explosion de mines anti-personnelles dans le centre du Mali.
Pour rappel, le 1er mars, neuf autres soldats ont été tués lorsque leur véhicule a sauté sur une mine.
D’un autre côté, 2 soldats français de la force Barkhane ont été sérieusement blessés dimanche dans l'attaque de leur campement temporaire dans le centre-est du Mali, près de la frontière avec le Niger, a annoncé lundi l'état-major français.
L’attaque s’est poursuivie avec l’irruption d’« une quinzaine de combattants terroristes sur des motos, repoussés par des tirs » français, a-t-il précisé. Dix minutes après le début de l’attaque, des Mirage 2000 ont fait un « show of force » (vol à très basse altitude), sans toutefois ouvrir le feu, a-t-il ajouté.
Force est de constater que lorsque les soldats maliens font l’objet d’une attaque quelconque, ils sont directement tués, mais jamais les soldats français. Ce qui pourrait confirmer les propos du Premier ministre français, Edouard Philippe, qui disait que le combat était encore long.
Une telle attaque continue à fournir les justifications nécessaires au prolongement de la présence des troupes d’occupation françaises. En effet, Paris perd beaucoup de son influence dans ses pré-carrés. Pour rappel, au mois de janvier, la Chine a octroyé des aides financières pour la lutte anti-terroriste au Niger et au Burkina Faso. Pékin est bien décidé à mettre la pression sur Paris pour le faire reculer du G5 Sahel. La France n’a pas l’intention de laisser tomber, et continue de justifier sa présence avec des petits actes de terrorisme de la part de ses mercenaires présents dans la zone, avec pour mission de déstabiliser les pays de la région et créer des conflit intercommunautaires qui n’existent pas. La population malienne et même sahélienne ne tombe pas dans ce piège, mais c’est bien elle qui est en première ligne et qui se fait attaquer constamment pour que la communauté internationale continue de soutenir la présence des forces Barkhane dans la région.
Soudan du Sud
En dépit de toutes les pressions, et suite au sommet tripartite entre l’Éthiopie, l’Érythrée et le Kenya, le Soudan du Sud lance sa production de pétrole. Suite à l’échec des pourparlers de Kampala avec Total E&P, la britannique Tullow Oil PLC et la koweïtienne Foreign Petroleum Exploration Company (KUFPEC), le gouvernement du Soudan du Sud a déclaré l’ouverture des négociations directes pour les sites concernés (blocs B1 et B2).
Le différend avec la société française relèverait de « certaines différences irréconciliables » concernant la période de prospection proposée et le plafond de recouvrement des coûts. Les négociations visaient à parvenir à un accord de partage du prospect et de la production (EPSA) pour les blocs concernés. Bien évidemment, c’est ce que le groupe Total a toujours refusé.
« Après de longues discussions avec les représentants de la société Total, nous avons décidé qu’il était dans l’intérêt du Soudan du Sud d’ouvrir l’opportunité à d’autres investisseurs potentiels », a déclaré Ezekiel Lol Gatkuoth, ministre du Pétrole du Soudan du Sud. « Nous avions espéré une issue favorable mais nous considérons que ces vastes blocs très prometteurs nécessitent un programme de développement rapide et ambitieux pour atteindre leur plein potentiel. Les blocs B1 et B2 sont désormais ouverts aux négociations directes. » Le Soudan du Sud veut le lancement de sa production mais pas au profit de n’importe qui et surtout pas à n’importe quel prix.
Le sommet tripartite Éthiopie, Érythrée et Kenya, ressemblait à un sommet qui consistait à affaiblir le Soudan. L’une des volontés de ces 3 pays de la Corne de l’Afrique était de relancer l’économie du Soudan du Sud. Ce qui pourrait affaiblir rapidement Khartoum. Mais la volonté de Paris ne s’arrête pas là. En effet, le fait de prendre le contrôle des blocs B1 et B2 bénéficierait énormément l’intéressé. Et pour cause, les blocs B1 et B2 faisaient autrefois partie d’une région de 120 000 kilomètres carrés, autrefois appelée « bloc B », qui fut divisée en trois exploitations en 2012. La région est très riche en gisements d’hydrocarbures, mais a connu une exploration très limitée.
En mars 2017, la société indépendante panafricaine Oranto Petroleum Limited a signé un accord de partage du prospect et de la production (EPSA) avec le gouvernement du Soudan du Sud pour le bloc B3. La zone couvre 25 150 kilomètres carrés et comprend des réserves estimées à plus de 3 milliards de barils.
Le gouvernement du Soudan du Sud a adopté une position très favorable aux affaires afin d’inciter les investissements dans le secteur pétrolier et de stimuler l’économie. En 2017, le Ministère du pétrole a annoncé qu’il avait l’intention de doubler sa production totale de pétrole avant la fin de l’année prochaine. Le Soudan du Sud produit actuellement 130 000 barils par jour, mais pourrait produire près de 500 000 barils par jour. La position de Paris en Afrique est menacée. En effet, avec la montée de la Chine et aussi de la Russie et le manque de soutien des États-Unis, la France se retrouve seule pour sauver sa position en Afrique. Mais l’affaire du Soudan et du Soudan du Sud reste beaucoup plus complexe que cela. La question ne serait pas seulement de monopoliser les blocs au Soudan du Sud. L’opération consisterait à affaiblir économiquement Khartoum. Ce qui fait que pour diminuer les exportations de pétrole de Karthoum, il faut relancer celles du Soudan du Sud. Cela dit, vu le refus de Juba de laisser la compagnie française prendre le contrôle des blocs B1 et B2 au Soudan du Sud, montrerait une volonté d’intégré la zone économique de la Corne de l’Afrique. En effet, un bloc économique est entrain de se mettre en place, afin de ne pas laisser les russes et les chinois gagner en influence.
Afrique - USA
Depuis début mars 2019, les États-Unis de Trump ont lancé une politique agressive contre le continent africain. En effet, des chefs d’État africain sont dans le collimateur du président Donald Trump. Selon une information rapportée par une chaîne de télévision, il donne un ultimatum de douze mois à six présidents africains qui ont modifié les constitutions de leur pays. « Dans les jours à venir, je vais envoyer nos ambassadeurs en Afrique. Ils transmettront un message à tous ces chef d’État africains, leur délivrant mon ultimatum de 1 an pour quitter le pouvoir ou faire face à de lourdes sanctions, n’excluant pas une intervention militaire ».
Le message est sans équivoque. Seulement, la source n’a pas révélé les chefs d’État concernés par cette mesure. D’autres mesures plus corsées sont envisagées au cas où ils n’obtempéreraient pas. Donald Trump menace de geler leurs avoirs en Amérique, leur interdire de séjourner sur le sol américain. Ses deux émissaires sont bien sûr, Tibor Nagy et Peter Pham. Tibor Nagy est actuellement attendu en RDC, et il doit aussi se rendre au Cameroun, en Ouganda, au Rwanda, et même en France et en Belgique. Quant à Peter Pham, il devait se rendre dans la région des Grands Lacs. La RDC reste d’une certaine manière dans le viseur des États-Unis . Pour rappel, Peter Pham avait annoncé ouvertement en 2012, des propos des plus étonnantes. « Le Congo est trop gros pour réussir. C'est une entité artificielle dont les éléments constitutifs partagent le malheur d'avoir été saisis par l'explorateur Henry Morton Stanley au nom d'un monarque belge rapace du XIXe siècle ». « Si le Congo arrivait à être éclaté en entités plus petites, la communauté internationale pourrait consacrer ses ressources de plus en plus rares à l'aide humanitaire et au développement, plutôt que d'essayer, comme le Conseil de sécurité des Nations Unies l'a promis, de préserver «la souveraineté, l'indépendance, l'unité, la sécurité, l’intégrité territoriale d'un État fictif qui n'a de valeur que pour les élites politiques qui se sont hissées au sommet afin de piller les ressources du Congo et de financer les réseaux de mécénat qui leur assurent de rester au pouvoir ». Ces propos touchent directement les États occidentaux qui ont colonisé les pays d’Afrique. En dehors de la RDC, le Cameroun est aussi dans le viseur de Donald trump. Le Cameroun, dans lequel une minorité d’anglophone demande le démembrement du pays.
Cette politique agressive des États-Unis viennent compléter celle de Paris. En effet, ces deux puissances occidentales ont le même but, dans des pays différents et avec des méthodes légèrement différentes aussi. La France tente tant bien que mal à démembrer le Grand Mali, mais d’autre pays sont aussi dans son plan de démembrement. Les troupes d’occupation française dans le Sahel font face à une résistance accrue de la population. Washington ne veut visiblement pas faire la même erreur. Il veut utiliser la force dès le début, et ne pas laisser la résistance se former et lui mettre les bâtons dans les roues, comme c’est déjà le cas dans le Sahel.
Le cas de la RDC est très complexe, car vers la fin du mandat de Joseph Kabila, et la mise en place du code minier, les autres puissance comme la Chine, la Russie ont pris aussi de l’expansion. Cela dit, beaucoup de pays sont présent en RDC comme Israël, la France, la Belgique, les États-Unis, le Japon et même la Corée du Nord. Cela fait un peu beaucoup à gérer et fait penser à Djibouti et aussi au Sénégal qui lui ressemblera bientôt. Trois points sont visibles sur le continent africain, Djibouti, RDC, Sénégal. 3 pays stratégiquement bien placés et qui donne un accès totale à l’entièreté du continent et à la mer qui l’entoure. Cette politique d’ingérence agressive de Washington est donc purement stratégique. En attendant, c’est la population africaine qui sera le premier visé par un assaut éventuelle américain sur leur continent. Les populations doivent rester sur leur garde et accroître la résistance pour préserver la souveraineté du continent.
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