L’ambassadrice des États-Unis auprès de l’OTAN, Kay Bailey Hutchison, a affirmé dimanche 8 juillet, que la Russie semblait vouloir « faire exclure » la Turquie, membre clé de l’alliance, dans le but de saper et de déstabiliser l’OTAN.
« Je pense que la Russie cherche à faire sortir la Turquie de l’OTAN. Moscou tente de chasser nos alliés pour déstabiliser l’alliance qui est la plus forte de l’histoire de l’humanité », a déclaré Hutchison, ce dimanche 8 juillet à Fox News.
L’ambassadrice US à l’OTAN a pourtant dit ne pas croire aux chances de succès de Moscou en affirmant que la Russie ne réussirait pas à affaiblir l’engagement de la Turquie envers l’OTAN.
La Turquie est un allié de longue date des États-Unis, en particulier dans les coopérations menées au nom de la lutte antiterroriste. Mais Ankara s’est récemment rapproché de Moscou, quitte à inquiéter l’Occident qui craint un éloignement de la Turquie et son entrée dans le camp adverse. En décembre dernier, Ankara et Moscou ont finalisé un accord pour l’achat d’un système russe de défense antimissile S-400. La Turquie s'est aussi lancée dans le nucléaire grâce à la Russie. Poutine et Erdogan ont inauguré en avril le chantier de construction de la première centrale nucléaire de Turquie. À cela s’ajoute également le pipeline « de TurkStream », qui transportera le gaz naturel de la Russie vers la Turquie.
"Ceci dit, la Turquie s'est alliée à l'OTAN via de nombreux accords militaires qui ne sont pas réversibles. D'ailleurs en Syrie, les Turcs tendent à renouer avec les Américains et le cas de Manbij est un exemple. La récente rencontre du chef de l'état-major turc avec les officiers US en dit long sur un nouveau réchauffement des liens OTAN/Turquie. Il semblerait qu'Erdogan joue avec la Russie pour monter les enchères et se faire prévaloir auprès de ses partenaires au sein de l'OTAN, estime de son côté l'analyste des questions internationales, Hadi Mohamadi.
Ces déclarations tenues par l’ambassadrice des États-Unis auprès de l’OTAN interviennent à la veille du sommet russo-américain programmé à Helsinki pour le 16 juillet.