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Les relations entre les États-Unis et l’Europe entrent dans une phase « très difficile » (Ministre français)

US Rep. Ilhan Omar (D-MN) (L) talks with Speaker of the House Nancy Pelosi (D-CA) during a rally with fellow Democrats before voting on H.R. 1, or the People Act, on the East Steps of the US Capitol on March 08, 2019 in Washington, DC. (AFP photo)
Le ministre français de l’Économie, Roland Lescure. (AFP)

Le ministre français de l’Économie, Roland Lescure, ne s’en cache pas : la longue amitié qui lie la France aux États-Unis est entrée dans une phase de rupture douloureuse. « Cette année, ça fait 250 ans qu’on est amis avec les États-Unis. Aujourd’hui, c’est très difficile, je ne vous le cacherai pas », a-t-il reconnu ce mardi soir 20 janvier sur le plateau de France 2.

Ces déclarations interviennent alors que le président américain Donald Trump a menacé, samedi, les pays européens refusant de lui céder le Groenland de droits de douane supplémentaires.

Pour Roland Lescure, c’est désormais l’ensemble de l’architecture des relations internationales qui est menacé. « On fait face à un risque de basculement de l’ordre international et économique mondial tel qu’on le connaît depuis 80 ans », met-il en garde. Il cite notamment l’ONU, le FMI ou encore le G7, des institutions conçues pour permettre la négociation et la discussion « en toute franchise dans un cadre apaisé », aujourd’hui remises en cause aussi bien par Pékin et Moscou que, désormais, par Washington.

« Des armes, on en a »

Évoquant les coups de boutoir douaniers du président américain contre l’Europe, le ministre souligne une rupture historique : « C’est la première fois qu’on utilise des droits de douane pour des raisons géopolitiques, qui plus est contre un allié. » Face à cette hostilité, l’Europe dispose toutefois de leviers, estime-t-il. « L’Europe, c’est aujourd’hui une puissance insoupçonnée, qui s’ignore un peu », affirme Roland Lescure, rappelant qu’elle constitue « le plus grand marché du monde ». Et d’appeler à ne pas craindre d’assumer le rapport de force : « Il faut pouvoir montrer nos armes. Et des armes, on en a. »

« Il faut à la fois être très ferme, montrer qu’on a les moyens de réagir et continuer à être engagés », conclut-il. Une ligne que le président français, Emmanuel Macron, tente de mettre en œuvre en proposant notamment la tenue d’un sommet du G7 afin de discuter des désaccords profonds de part et d’autre de l’Atlantique. Donald Trump a toutefois d’ores et déjà décliné l’invitation, ce mardi soir, livrant au passage, à propos du chef de l’État français, un jugement aussi abrupt qu’imparable : « C’est un ami, mais il n’est plus là pour très longtemps ».

L'Elysée a annoncé le 21 janvier être prêt à contribuer à un exercice de l'OTAN sur le territoire du Groenland face aux menaces de Donald Trump. Celui-ci, voulant imposer une annexion du territoire s'est exprimé au Forum économique mondial de Davos dans la journée.

L'Élysée a indiqué mercredi 21 janvier que la France a sollicité l'organisation d'un exercice de l'OTAN au Groenland et se déclare disposée à y contribuer. Une quinzaine de soldats français sont déjà mobilisés depuis une semaine sur le territoire pour une mission de reconnaissance nommée « Arctic Endurance ». Celle-ci, à l'initiative du Danemark, a duré trois jours, comme le rapporte RTL. Les soldats français dépêchés sur l'île de l'Arctique étaient des chasseurs alpins issus de la Brigade d'infanterie de montagne (BIM) de Grenoble.

Plusieurs autres pays européens, comme l’Allemagne ou le Royaume-Uni, ont aussi envoyé du personnel militaire au Groenland pour une mission de reconnaissance en vue d’un exercice danois organisé avec des alliés de l’OTAN. Des avions d'un commandement militaire américano-canadien sont également attendus dans la semaine au Groenland. Ces initiatives s'inscrivent en dehors du cadre de l’Alliance atlantique, sans l’implication des États-Unis.

 

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SOURCE: FRENCH PRESS TV